15 juin 2010

THE CRAZIES

Le mot du jour : népotisme. Le népotisme désigne un favoritisme exercé par une personne à l'égard de ses proches. Plus familièrement, on parle de piston pour désigner ce genre de pratique de plus en plus répandue et de plus en plus décomplexée, consistant à placer n'importe qui de sa famille à n'importe quelle place qu'il souhaite occuper. Un exemple au hasard : dans la famille Eisner, comme papa Michael était précédemment PDG chez Disney et qu'il a plutôt le bras long, son fils pourvu du même patronyme - mais bientôt surnommé Breck pour que la filiation soit moins repérable - s'est soudain retrouvé aux commandes du pathétique blockbuster d'aventures Sahara - qui s'est d'ailleurs ramassé au box-office - avant d'hériter de ce remake d'un film de George Romero curieusement titré La nuit des fous-vivants en version française.
Tout ça pour dire que non, The crazies n'est pas à proprement parler un remake utile. Car si Eisner sait régulièrement composer des plans relativement léchés, il n'est un rien un cinéaste de genre et se révèle rapidement incapable de donner un tant soit peu de souffle à cette histoire d'un village subitement gagné par un virus qui rend fou. Chez Romero, on appréciait les références au Vietnam et au traumatisme collectif qui en avait découlé ; ici, le film est passablement dépourvu de fond et se limite à un long survival pouvant éventuellement donner le change dans sa première partie - la mise en place n'est pas ce qu'il y a de pire - avant de se planter en beauté dès qu'il s'agit de prendre un peu d'ampleur et de donner du liant à la tentative de survie, puis d'exode, de ce couple de gros rednecks pas très bien embouchés qui voudraient passer pour le duo le plus sexy de l'année.
Pour toute tentative de frisson, The crazies propose une et une seule recette, à savoir faire bondir régulièrement à l'écran un personnage effrayant ou n'importe quel objet qui passe, un peu comme dans tous ces mauvais films tournés pour être projetés en 3D. Ça s'appelle du jump scare, et ça peut très bien fonctionner à condition de ne pas en abuser. Mais franchement, après une trentaine d'artifices du genre, on a juste envie de planter là ces personnages sans épaisseur et de retourner du côté de chez Romero. D'autant que la fin, qui arrive après s'être longtemps fait désirer, verse dans le plus pur cliché du genre et du moment en nous rejouant comme tous les mois le coup de l'apocalypse et du monde à reconstruire. L'idée si émouvante de la perspective d'un nouveau début est soudain bien moins poétique lorsqu'elle nous est servie par n'importe quel tâcheron incapable de trouver une issue plus personnelle à sa dernière "oeuvre" en date.




The crazies de Breck Eisner. 1h41. Sortie : 09/06/2010.

3 commentaires sur “THE CRAZIES”

Pascale a dit…

C'est quoi :
"le coup de l'apocalypse et du monde" ?

ça veut dire quoi ton premier paragraphe ? Que faire jouer ses relations ou son ascendance ou ses connaissances pour se faire aider à faire ce qu'on a envie de faire c'est LE MAL ?

T'es trop un pur toi !

Ah oui c'est vrai, tu réponds jamais à tes commentaires.


Au fait,
- c'est un principe que tu t'es fixé (de jamais répondre),
- t'en as rien à foutre,
- tu préfèrerais que personne lise,
- tu aimerais être lu mais que personne ne laisse de comm,
- je suis chez moi je fais ce que je veux,
- autres (à préciser)*

Tu peux rayer les mentions inutiles.


* le "j'ai pas le temps, j'ai un boulot" est évidemment exclu, car nous sommes à peu près tous dans ce cas là (journée de 24 h trop courtes, métier, tout ça !).

dasola a dit…

Bonjour Rob, je ne sais pas pourquoi tu t'ingénies à parler de films sans intérêt ou presque. En tout cas, tes derniers billets me confirment que les sorties ciné du moment ne sont pas terribles. Bonne après-midi.

Rob Gordon a dit…

J'ai pas le temps, j'ai un boulot.

 
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