23 juin 2010

BÉBÉS

Il est toujours amusant d'observer, en entrant dans la salle, avec quel type de public on va partager le film à venir. Celui de Bébés est exclusivement constitué de couples, et l'on imagine volontiers que monsieur a consenti à deux efforts surhumains pour suivre madame dans ce qu'il imagine être une galère : faire une croix sur le match de foot et accepter de se taper un doc sur des bébés au lieu d'un film un peu plus divertissant ou accrocheur. Heureusement, la soirée ballon rond est bien vite oubliée, tant le film de Thomas Balmes brille par la sympathique qu'il dégage et son refus de toute démonstration inutile. Bébés se contente, modestement mais avec assurance, de suivre pendant un an quatre nouveaux-nés en provenance de différentes contrées. Mongolie, Namibie, Japon, États-Unis : chacun grandit différemment, plus ou moins materné, plus ou moins protégé des agressions extérieures. C'est tout. Pas de grandes théories sur les différents modes d'éducation, pas de voix off nous expliquant à quel point ces bébés et leurs parents sont formidables...
Bref, on n'est pas chez Jacques Perrin, et ça fait du bien. Si la fameuse "idée originale d'Alain Chabat" ressemble davantage à un coup de pub qu'à un vrai sens du concept - le film est tout de même d'une simplicité enfantine -, Bébés a le bon goût d'éviter les faux pas et les lourdeurs. Sur un mode extrêmement positif et optimiste - les 4 bébés vont bien et iront bien -, le film est rythmé par des séquences généralement assez courtes qui montrent à quel point ces petits mecs et ces petites gonzesses sont pleins d'énergie et de ressources. Frimousses friponnes, galipettes risquées : tout ici est purement visuel, comme un album photo que l'on feuilletterait sans avoir à subir les commentaires excessivement angéliques de parents forcément séduits. Chacun choisit son bébé préféré, s'amuse de ses défauts, est touché par son évolution.
Sans vraiment le dire, Bébés n'oublie pas de faire preuve d'esprit critique lorsque certains comportements de parents témoignent d'une certaine inconscience ou d'une fantaisie démesurée. Quand Ponijao, le bébé namibien, grignote un os ou une pierre trouvés par terre, c'est mal. Quand Hattie, la petite ricaine, est traînée par ses parents dans un centre d'éveil où les chants ressemblent à des cantiques, elle semble vouloir fuir et on la comprend. Balmes ne compare pas, ne dit pas tout haut ce qu'il pense de tel ou tel mode d'éducation, mais nous laisse juges, en vertu d'une expérience passée ou d'une envie future. Assez court, le film s'arrête quand il faut, une fois que ces bébés n'en sont plus vraiment et que le hors-sujet n'est pas loin. Comme la plupart des films sans message, on n'en retient pas grand chose, si ce n'est l'importance des animaux de compagnie - chats, chiens... ou coqs - dans l'éveil de ces petits bouts. Ce film gentiment oubliable aurait pu être outrageusement agaçant, et c'est déjà une grande qualité que d'avoir su éviter cela.




Bébés de Thomas Balmes. 1h16. Sortie : 16/06/2010.

1 commentaire sur “BÉBÉS”

Ph a dit…

Même négative c'est un film que je suis décidée à aller voir (avec Dog Pound), alors ravie qu'elle soit positive.

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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