4 mai 2010

IRON MAN 2

Surchargée, l'affiche d'Iron man 2, à l'image d'un film qui en voulait trop et ploie rapidement sous le poids de ses intentions. En voulant inscrire cette suite dans l'esprit fun du premier volet tout en noircissant le trait à grands coups de personnages secondaires ténébreux, Jon favreau et son scénariste Justin Theroux - oui, le réal dans Mulholland drive - livrent un blockbuster harassant, qui ne se fait jamais détestable mais fait malheureusement naître chez le spectateur une sale impression d'indifférence face à ce qui se trame à l'écran en général et chez Tony Stark en particulier. Trop porté sur la bouteille, de plus en plus amoché par le système qui lui a permis de rester en vie, le milliardaire est dans un sale état. Comme dans toute suite qui se respecte, on est déjà à l'heure des comptes, des bilans, et si Stark est à l'origine de l'avancée de la planète vers une paix durable, son corps et sa tête sont plus abimés que le pire champ de bataille. Mais trop de fun tue le fun, et les innombrables moments de coolitude du film empêchent réellement de ressentir une quelconque empathie à l'égard de ce héros qu'on a pourtant tant aimé.
Iron man 2 tendrait presque à marquer la fin de l'empire Robert Downey Jr., déjà un peu amoché par son fatigant cabotinage de Sherlock Holmes. De film en film, l'acteur ne cesse de faire son show, et de le faire plutôt bien, voire génialement ; ici, sa décontraction naturelle tourne à l'excès et donne l'impression de se trouver devant le plus onéreux des films de vacances du monde. Ce qui fonctionnait dans Ocean's twelve a tendance ici à coincer, de par un sévère problème de dosage. Et puis on ne traite pas un super-héros aussi reconnu avec autant de désinvolture : la destinée de Tony Stark / Iron man est quand même censée nous importer, et l'humour même pas désespéré du film ne rend absolument pas grâce à ce fascinant personnage. Précédé d'une réputation de film-sans-scénario, terminé à la hâte juste avant sa date de sortie, Iron man 2 est victime de la paresse sympathique mais excessive d'un Jon Favreau dépassé par les enjeux artistiques et financiers.
Favreau est tout de même loin d'être manchot : visuellement, le film a toujours de la gueule, et le duel entre Iron man et le vilain interprété par Mickey Rourke constitue l'un des arguments de poids du film. Une identité stylistique que l'on retrouve jusque chez les personnages secondaires, d'un Nick Fury vraiment classe à une Veuve Noire plus prometteuse que convaincante. C'est véritablement le fond qui patine : non seulement le film ne choisit jamais entre l'entertainment et la tragédie - ce qui ne serait pas grave si le dosage était correctement effectué -, mais il peine qui plus est à homogénéiser son degré de réalisme. Le fait que Stark ait révélé son identité d'Iron man à la fin du numéro 1 a poussé Favreau à s'inscrire dans un certain réalisme qui nous contraint de supporter notamment une scène de procès interminable... avant d'aller de nouveau explorer des contrées plus fantaisistes où l'essentiel est de s'amuser. On ne sait jamais sur quel pied danser, ce qui nuit énormément à un film qui crée du plaisir par petites touches mais ne touche absolument jamais, glissant sur la rétine pour se faire rapidement oublier. Iron man 2 est le genre de déception molle qui ne parvient même pas à mettre en colère celui qui en attendait quelque chose.




Iron man 2 de Jon Favreau. 1h57. Sortie : 28/04/2010.

1 commentaire sur “IRON MAN 2”

Dom a dit…

Je suis plutôt de ton avis, à la fin du film, on a l'étrange sensation de laisser les personnages au même endroit qu'au départ.
Mais en y repensant, je me dis qu'un des passages les plus intéressants est celui qui traite de son rapport avec son père. Mine de rien, c'est le seul élément qui creuse un peu sur la personnalité du milliardaire.

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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