21 mai 2010

ADIEU FALKENBERG

Pour ses cinq héros, Adieu Falkenberg signe la fin d'une époque : David, Holger, Jesper, Jörgen et John sont enfin devenus des hommes, et l'été décrit dans le film sonne pour eux le moment de passer véritablement à autre chose, d'entamer une nouvelle étape de leur vie ou en tout cas de laisser le passer derrière eux. Avec un certain lyrisme, le suédois Jesper Ganslandt dépeint leur passage définitif à l'âge adulte en optant pour une vision sensorielle des choses, où le contact avec les éléments de la nature semble revêtir une importance toute particulière. Le film montre des personnages en quête de liberté, physique ou intellectuelle : des aspirations appuyées par une mise en scène allant toujours vers l'extérieur, la marge, au-delà des décors proposés.
Plus qu'un film choral, c'est d'abord un film chapitré qui nous est proposé par le cinéaste. Adieu Falkenberg ressemble d'abord à une succession de tranches de vie profondes ou futiles mais jamais totalement gratuites, permettant de bien cerner chacun des cinq personnages principaux. S'installe assez rapidement une mélancolie sidérante qui naît notamment de l'alliage constitué d'une voix off omniprésente et d'une bande originale assez dépressive qui sied parfaitement à l'esprit spleenesque de l'ensemble.
Car Adieu Falkenberg va plus loin que la simple chronique : on comprend assea rapidement que, parmi ces cinq-là, certains ne se relèveront pas de cet été étrangement annoncé comme le dernier. Y aurait-il du suicide dans l'air ? Peut-être bien. L'Adieu du titre n'est sans doute pas innocent... Le traitement proposé par Ganslandt, d'une délicatesse infinie, empêche pour autant le récit de sombrer dans les clichés du film d'ado suicidaire pour fans de Kyo ou de Tokio Hotel. L'ensemble est au contraire d'une absolue beauté et d'une fraîcheur désarmante, contrastant de façon étonnante avec la noirceur de certaines trajectoires déployées jusqu'au bout. Il y avait bien longtemps que la Suède n'avait pas accouché d'un film aussi fort et poignant.




Adieu Falkenberg (Farväl Falkenberg) de Jesper Ganslandt. 1h31. Sortie : 12/05/2010.
Critique publiée sur Écran Large.

1 commentaire sur “ADIEU FALKENBERG”

Chris a dit…

La réalisation est un peu balbufiante, l'ensemble un peu lourd, mais la nostalgie réussit à prendre le dessus et cette vision peut se targuer d'être intéressante. J'espère en voir plus de ce réalisateur.

http://cine-emotions.blog4ever.com/blog/index-321516.html

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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