11 mai 2010

8TH WONDERLAND

On veut bien soutenir le cinéma français de genre, encourager les petits projets montés avec abnégation par de jeunes réalisateurs pleins d'envie et d'idées. On veut bien reconnaître que l'enrobage hi-tech de 8th wonderland n'est pas mal du tout, que quelques bidouilleurs en effets visuels ont dû suer sang et eau pour obtenir des interfaces aussi chouettes. On veut bien s'amuser à passer une heure trente à chercher les trois ou quatre potes ou potes de potes qui jouent ou apparaissent subrepticement dans le film - et c'est beaucoup moins amusant pour ceux qui ne les connaissent pas. En revanche, dès qu'il s'agit de parler de cinéma, de plaisir pris devant un film, d'intérêt pour le propos, il devient beaucoup plus difficile d'être cordial avec 8th wonderland.
Éminemment fauché, fait avec trois bouts de ficelle et beaucoup de débrouille, le film de Jean Mach et Nicolas Alberny se base sur un scénario digne des premières oeuvres d'un lycéen venant de découvrir en cours d'histoire ce qu'est l'anarchie et pratiquant le piratage informatique pendant son temps libre au lieu d'aller jouer au foot et tripoter des filles comme tout le monde. Le 8th wonderland du titre serait donc une sorte de pays virtuel depuis lequel une bande de citoyens déçus du système en place décideraient de prendre peu à peu le contrôle du monde en votant leurs propres motions et en ralliant le plus grand nombre à leur cause. Le tout dans une clandestinité qui ne peut plus le rester très longtemps. C'est là qu'est tout le propos du film : comment un principe séduisant - marginalité, contestation et actions coup de poing - finit par courir à sa perte pour un simple problème de dimension. Les révoltes les plus marquantes ont souvent été menées par un petit nombre d'individus, et ce pour une simple question de cohérence ; dès que le nombre de participants croît trop rapidement, il devient impossible de ne pas entrer dans des luttes de pouvoir, des conflits d'intérêts et des préoccupations forcément secondaires.
Oui, donc, pourquoi pas. Mais la façon dont Mach et Alberny se font les porte-parole de ce message est aussi schématique qu'ennuyeuse. Le film est toujours davantage dans le commentaire que dans l'action, croit manier le second degré mais se plante constamment là-dessus, aligne les métaphores fatigantes - nous sommes des vers de terre - et les raccourcis démagos - faisons coudre des chaussures de sport par les champions de football pour leur montrer comme les petits asiatiques souffrent - pour accoucher d'une conclusion qui semblait évident dès le début : un projet tel que ce pays virtuel n'est absolument pas viable dès lors qu'il prend de l'ampleur. Fallait-il vraiment une heure et demie de bâillements pour comprendre tout cela ? Sans doute pas. D'autant que, malgré les efforts des réalisateurs, l'ensemble du film sonne faux, notamment en ce qui concerne l'interprétation. Par pitié, la prochaine fois, prenez de vrais journalistes pour jouer des journalistes, et pas de pâles imitateurs des Laurence Ferrari et autres Pujadas.




8th wonderland de Nicolas Alberny & Jean Mach. 1h34. Sortie : 07/04/2010.

25 commentaires sur “8TH WONDERLAND”

alexandre mathis a dit…

c'est marrant on dirait que ça crée le même effet pshitt que La Vague.

Christophe a dit…

Perso, je ne comprends pas pourquoi les réals de genre Français s'échinent à suer sang et sueur pour faire des films dans l'hexagone, quand on voit la réaction des blogueurs soit disant critiques qui ne font, au final, que donner leur avis.
J'ai vu ce film, je l'ai trouvé malin et très bien fait au vu des moyens. Et simplement parce que je veux que les producteurs continuent à en produire, je préfère voir les qualités et les encourager, et proposer des alternatives aux défauts.

Mais, au final, c'est pas grave: les producteurs Américains, eux, ont bien compris le potentiel de nos réalisateurs et ne se prive pas pour les prendre. Comme ça, on achète des films réalisés par des frenchies à l'oncle Sam.
Qu'est ce qu'on est malins en France...

BEN a dit…

Pfff, c'est clair, ça c'est pas ce qu'on appelle une critique constructive ! Ce n'est même pas une critique d'ailleurs... Moi je ne l'ai pas vu mais la bande annonce me donne envie en tout cas... En tout cas la "critique" a sûrement été écrite de bon matin, après un levé de pied gauche brutal. Ou alors le "critiqueur" connait lui aussi quelqu'un qui joue dans ce film, et il ne l'aime pas ! Quelle haine...

Foxart a dit…

Constructive, je ne sais pas, mais argumentée, en tous cas !
On a quand même aussi le droit sur un blog, comme dans la presse, d'exprimer des critiques virulentes, dès l'instant où l'on avance un minimum d'argumentation...
C'est le cas ici, il me semble...
Et il me paraitrait par contre assez douteux d'être indulgent avec un mauvais film sous prétexte qu'il est plein de bonnes intentions ou que des "petits" cinéastes en ont bavé pour faire leur film...
C'est cet argument là qui me parait totalement invalide...

Whatever Works a dit…

J'aime beaucoup ton style, à bientôt!!

Aganafoun a dit…

J'ai vu le film.
Oui, en effet, il y a quelques petites lourdeurs, mais sincèrement, balancer une critique pareille est extrêmement bizarre.
Le film a visiblement (et à juste titre) ramassé des prix à travers le monde dans plusieurs festivals importants. Et ce pour la qualité de son scénario.
Alors dire que celui-ci est nul me parait soit de la mauvaise foi, soit de la méchanceté gratuite.
Et dire qu'il y a des métaphores fatigantes, style "nous sommes des vers", je crois plutôt me rappeler que le fil rouge du film, c'est plutôt un documentaire sur des cafards...
Je me pose donc la question si tu as vraiment bien vu ce film.

Shirin R a dit…

tout à fait d'accord surtout pour la scène de négo entre l'iranien et le russe...

Pan a dit…

@ Aganafoun : Je sers d'alibi au bon vieux Robby : il y a quelques mois, je lui tripotais le genou lors de la projection du bousin.

Sans haine aucune pour le cinéma français ni pour les ambitieux Alberny et Mach - qui, au moins, tentent quelque chose dans notre beau pays cinéconservateur - le film est une avalanche de clichés à la mise en scène cheap de chez cheap (habituellement, c'est charmant, ici cela dessert trop le propos...) et à la direction d'acteurs inexistante.

Bref, 8th Wonderland est un grand moment de non-cinéma.

Au passage, lorsqu'une critique est argumentée, elle est en effet toujours constructive. Un peu à l'instar du film, tiens...

Divandir a dit…

Dommage que vous n'ayez pas saisi le propos principal : "Etre citoyens, c'est aussi prendre son destin en main."
Le film a inspiré une réalité :

"Parce que les systèmes qui se sont succédés, y compris ceux actuellement en place, ne répondent pas à nos attentes.

Parce que l’hégémonie d’une minorité imposant un pouvoir aveugle d’où l’Homme n’est plus le centre de préoccupation principale.

Parce que nous ne nous reconnaissons plus dans des valeurs désuètes, égocentriques et vénales.

8th wonderland est la pour nous permettre de reprendre la parole, d’exprimer comment et pourquoi nous voulons que les choses soient.

Nous ne voulons plus attendre que les solutions nous soient imposées par de soit disantes élites « bien pensantes ».

Si vous aussi vous voulez vous faire entendre.

Si vous aussi vous pensez que ça n’a que trop duré.

N’attendez plus.

Vous avez internet, vous avez le pouvoir.

Rejoignez nous et devenez acteur de votre futur."

le site http://www.8thWonderland.com s'organise pour devenir un contre pouvoir réel.

Ce ne sont pas des gauchistes, juste des citoyens qui n'acceptent plus de se résigner !!!

Cyrille a dit…

c'est pire que ça : j'ai vu ce film, et l'auteur de cette "critique" parle sans l'avoir vu c'est tout ! c'est grillé dès qu'il s'agit de raconter le film, il est à coté de la plaque !
Non,il n'y a pas de raccourcis faciles, non, ça ne parle pas d'anarchie. Au contraire le pays 8th Wonderland possede une constitution, et leur but n'est pas la domination du Monde, mais l'amelioration du Monde, par des actes subversifs. Comme par exemple d'attaquer en justice les chaines de TV qui diffusent des émissions de TVrealité, pour crime contre l'Humanité sur cette base: 1 être humain est constitué d'un corps ET d'un esprit, donc toute atteinte à l'integrité de l'esprit est tout aussi répréhensible qu'une atteinte à l'integrité corporelle ! Voila, ce film regorge d'idées philosophiques, montre des actions subversives, et est à mettre aux coté de Fight Club ou V pur Vendetta. Ceci dit, c'est vrai qu'on sent l'amateurisme dans le jeu tres pauvre des acteurs; ce ne sont pas les canons américains auxquelles nous sommes habitués, il faut passer outre pour apprécier ce film à sa juste valeur, effort dont sont visiblement incapables les auteurs de ce site...

Anonyme a dit…

pour ce que ca intéresse le film est dispo sur l'app store d apple.

Anonyme a dit…

C'est une critique pitoyable.
Serieusement çà me fait de la peine. Tu écris bien c'est dommage.

Alors si tu dois être du genre à aimer inception et ne pas aimer ce film là...

Ce film est un petit bijou.
Je le conseille vivement.

David a dit…

On a le droit de ne pas aimer et de le dire, c'est une chose. Mais transformer la réalité du film pour raconter des choses qui n'y sont pas est très malhonnête. Ce critique, visiblement grand adepte de la masturbation intellectuelle, soit n'a rien compris au film, soit ne l'a pas vu (ou alors en avance rapide se croyant suffisamment intelligent pour le comprendre de cette manière). Effarant et risible ! Sans doute une façon de se sentir exister pour lui...

Anonyme a dit…

Les récents événements en Tunisie et Égypte montrent bien que les peuples détiennent un pouvoir que jusqu'alors ils ne soupçonnaient même pas...

La force d'internet est loin d'être une utopie !

Jul a dit…

Je viens de regarder ce film et je déplore le traitement superficiel de cet article au sujet de 8th Wonderland. On sent que c'est un premier film, qu'ils n'ont bénéficié "que" de 1,8 millions d'euros, mais ça reste un film qui pose de bonnes questions.
Pendant qu'une majorité, à l'instar de ce monsieur, râle dans son coin, il en est pour qui le mot espoir n'a pas encore un goût amer en bouche.

Anonyme a dit…

Mince, 1,8 millions pour cette daube !! La critique de ce site est bien gentille car c'est même pas du niveau du lycée mais plutôt du collège ...

Anonyme a dit…

Le film est tellement pourrit, que des mecs ont fait des recherches sur internet pour poster ce genre de message...

comme quoi même ceux qui ont hais ce film sont curieux et intéressé.

Bon boulot aux réalisateurs ;)

Norman a dit…

Moi je ne suis pas du tout d'accord avec cette critique.
Oui c'est un film simple, mais il redonne espoir contre tout ce systeme d'oseille et de corruption et tout cela est possible il faut le croirer et se battre pour faire changer les choses !!! Cet homme ne souhaite rien voir changer et est même d'accord avec les multinationales et leurs politiques devastatrices.

Chapeau à l'équipe de réalisation et même aux acteurs!

Terrible le film ! A voir Absolument par tous.

Norman

Anonyme a dit…

Ce film a le mérite de son originalité même s'il est imparfait. Mais comparer le scenario a des fantasmes de collégiens c'est pas un peu réducteur ? C'est quant même plus intéressant que tout ces remakes américain sans aucun autre fond que la consommation.

Anonyme a dit…

T'es un marrant toi... Tu vas aller loin avec autant de connerie. essaie de te présenter pour 2012, avec du blabla, tout est possible. Nan sérieusement, tu l'as vu ce film?
Il est excellent. Un bon scénario, un bon graphisme du serveur informatique.
En fait, t'es qu'un blaireau qui supporte pas la réussite de ce film...

bona a dit…

Perso je viens de jeter un œil sur les autres critiques que cet auteur à faites ...

Bizarrement il me rappelle ces critiques pompeux qui pensent savoir tout mieux que quiconque, distribuant de temps en temps des compliments pour l’instant d'après déclarer que ce n'est pas parfait .

Il semblerait qu'il ait oublié que le cinéma c'est avant tout vendre du rêve, déconnecter du monde qu'on vit .

Le film ne plait pas ? Bien , dans ce cas on dit : "Je n'ai pas aimé" , et non pas "C'est une grosse daube car ils ont essayé de faire un film à la machin sans avoir les qualifications pour" , on ne cherche pas la petite bête en y prenant plaisir juste pour faire que les autres soient de votre avis. Ou par simple envie de provocation afin de faire réagir les lecteurs (ce qui est ce qui permet aux critiques de vivre quand même ... la polémique que leurs articles déclenche leur assure un statu, une position, pathétique en fait)

Vois-tu je ne vais pas dire :

"Ton article est une grosse merde d'un narcissique pensant pouvoir faire mieux une fois le film réalisé alors que tu ne possède pas le 10éme de l’expérience nécessaire dans ce domaine" . (oups , en fait je l'ai dit)

Je vais plutôt te dire :

" Ton avis n'est pas ce que j'ai ressenti en regardant ce film , qui n'est peut-être pas une révolution du genre , mais possède des idées et un jeu d'acteurs qui serait celui de vraies personne dans la vraie vie. On est pas là avec des surhommes ou des héros , mais avec des monsieur/madame-tout-le-monde réagissant comme tout un chacun en fonction de sa personnalité."

M2P a dit…

"Fallait-il vraiment une heure et demie de bâillements pour comprendre tout cela ? Sans doute pas."

Même chose pour ton article pompeux qui, à la différence du film, n'apporte rien si ce n'est l'avis d'un pauvre type suffisamment égocentrique pour appeler son blog "Toujours Raison" ... Tout ça pour ça !

"Le verbe savant cache l'ignorance" !

Podagre a dit…

Bah. Toujours le même genre de commentaires contre la critique, à partir du moment où les gens ont gobé, ils se sentent insultés dès qu'on égratigne leur machin.
Et si c'était vous qui n'aviez pas compris grand chose, tas de caves? Votre inspiration révolutionnaire vous la trouvez dans des films de ce genre ou (je rêve) dans "V pour Vendetta", "Matrix" ou "Fight Club", autrement dit des machins spécialement conçus pour vous plaire. Vous consommez de la révolution comme vous achèteriez un t-shirt avec la gueule du Che. Vous êtes des consommateurs, et le marketing de niche exploite avec bonheur celle dans laquelle vous vous complaisez: le Révolutionnaire en mie de pain, un ipod dans son poing serré.
Et Bona avec son "Faut pas dire c'est pas bon, faut dire j'aime pas..." Ce qui vaut pour la bonne soupe à ta mamie ne vaut pas pour une critique...

Anonyme a dit…

Alors autant j'ai trouvé la vague sympa avec une fin que je n'avais pas trouvé, autant 8th wonderland est un film devant lequel je me suis profondément ennuyé, trainant dans des longueurs me demandant chaque instant quand ce supplice allait se terminer, tout en sachant comment tout ceci allait inévitablement s'achever tant l'évidence était prévisible...
Oui j'aime regarder un film jusqu'au bout afin de pouvoir le critiquer (en bien ou mal peu importe). C'est chouette de vouloir innover, c'est super de prendre des personne qui ne ressemblent pas a la beauté qu'on voudrait nous vendre depuis des lustres, mais de la à caricaturer la vie genre "vous simple mortel vous n'avez toujours pas compris". c'est du TF1 tout craché on vous mouline tout et y a plus qu'a gober parce que vos neurones ne peuvent fonctionner seul, mais coooooollllll nous sommes la pour vous libérer \o/

Non nous n'avons pas l'obligation d'aimer parce que c'est un film Français
Non nous n'avons pas l'obligation d'aimer parce que c'est un petit film
Non nous n'avons pas l'obligation d'aimer parce que sinon les gens sont pas content
Non Non Non, je dis Non !
(c'est un peu l'effet flamby là vous ne trouvez pas ?)

A chacun ses goûts heureusement, mais je le dis "8th wonderland" c'est dans mon sac à beurk.

grosphallus a dit…

quand est ce qu'il sort 9th Wonderland
j'aime bien me marrer devant un bon gros Z

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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