12 avr. 2010

Festival International du Film Policier de Beaune : compte-rendu J4

Déjà l'heure des au revoir avec une chambre d'hôtel qui ne me manquera pas (il doit falloir prendre rendez-vous pour avoir le droit de prendre une douche chaude), une ville que j'aurai trop peu parcourue et un festival à la programmation électique et attirante. Que manque-t-il au Festival de Beaune pour devenir un rendez-vous incontournable ? Un peu de chaleur sans doute : le lieu choisi (le multiplexe municipal et ses six salles au demeurant fort agréables) est trop impersonnel et dépourvu de lieux de rencontres (la salle de presse est à un quart d'heure à pied de là)...



Mais cessons de jouer les Calimero et penchons-nous sur cette dernière journée de festival, qui commença avec le taïwanais Monga, l'histoire d'un jeune homme qui débarque dans un lycée, est victime d'une campagne d'intimidation par une bande de petites frappes avant de devenir le protégé d'une autre bande. Lui et ses quatre nouveaux acolytes vont bientôt former un clan respecté de Monga (quartier de Taïpeï) qui pourrait bien se frotter aux plus grands. Le film de Cheng Ze Niu est une gigantesque fresque (2h20) sur l'histoire de ces cinq-là et de leur quartier de prédilection. Si la partie la plus intéressante est de loin la première, montrant le passage de cette bande d'ados sympathiques vers un âge adulte nettement moins rigolard, le reste est loin d'être négligeable, collant peut-être d'un peu trop près aux codes du "film de gang" occidental. Mais la mise en scène inspirée fait la différence.



Un détour dans Beaune pour déguster le pire cheeseburger de l'histoire de l'humanité (il avait un goût de... gras) et c'est reparti pour une dernière après-midi de projection. Avec d'abord L'élite de Brooklyn, film d'Antoine Fuqua présenté hors compétition. Par ses seconds rôles (Ellen Barkin, Will Patton, Wesley Snipes) comme par sa mise en scène, ce polar pur et dur rappelle les films noirs sans concession des années 80. Il s'agit d'un portrait croisé de trois flics n'étant plus vraiment dans leur rôle : l'un attend la retraite et ne cherche qu'à éviter les ennuis (Richard Gere, de plus en plus intéressant avec l'âge), le deuxième pique du fric partout où il peut pour offrir à sa famille la maison dont il rêve (Ethan Hawke), le dernier se fait passer pour un dealer depuis si longtemps qu'il finit par se prendre au jeu (Don Cheadle). Les trajectoires de ces trois-là finiront évidemment par se croiser au gré d'un film plus noir que noir, éminemment violent, dépourvu de la moindre illusion, dont la mise en scène hyper réaliste n'est pas le moindre des atouts.



J'aurais pu (dû ?) finir avec The double hour, de l'Italien Giuseppe Capotondi, mais la salle est déjà pleine lorsque j'y parviens. Ni une ni deux, je bascule vers la salle suivante, où est projeté Téhéran, film français de Nader T. Homayoun se déroulant dans la capitale iranienne, et qui sort en France ce mercredi. Suivant notamment un homme qui fait la manche avec dans les bras un bébé qu'il a loué pour l'occasion, le film souffre rapidement de ne pas avoir grand chose à dire ou à raconter, et se résume finalement à une errance sans grand intérêt dans une ville dont on ne voit rien. Avec un titre pareil, on aurait pu s'attendre à une plongée dans la ville ou à une radiographie de sa population ; il n'en est rien. Porté par une réalisation brouillonne et une interprétation qui laisse à désirer (l'un des acteurs, entre Spike Lee et Rowan Atkinson,est particulièrement insupportable), Téhéran s'embourbe dans un cinéma d'auteur qu'il ne maîtrise pas et dont il ne fait qu'adopter la posture.



Ensuite, direction la salle principale afin d'assister à la cérémonie du palmarès en compagnie de ces messieurs de chez Mad Movies. Après beaucoup de blabla et de blagues moyennement amusantes, le festival consacrera principalement Dans ses yeux, de Juan José Campanella, projeté juste après tout comme If I want to whistle, I whistle du roumain Florin Serban, lauréat du prix Sang Neuf. Ayant vu les deux films en question, je file donc vers Paris et quitte la Bourgogne à regret après cette deuxième édition qui a surtout brillé par sa variété.




Compte-rendu publié sur Écran Large.

1 commentaire sur “Festival International du Film Policier de Beaune : compte-rendu J4”

Silice a dit…

Dommage que tu n'es pas pu voir The Double Hour, j'aurais aimé savoir ce que t'en penses. Pour Monga, je suis d'accord, j'ai bien plus apprécié la première partie bien que la seconde soit intéressante aussi et j'ai aussi bien apprécié L'élite de Brooklyn, qui comme tu le dis est assez dur et sombre.
Quant à Téhéran, je ne l'ai pas vu, frôlant déjà l'overdose de films et étant sure de ne pouvoir rentrer dans la salle pour la cérémonie, je suis rentrer.

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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