7 mars 2010

TOUT CE QUI BRILLE

L'esthétique du générique évoque les comédies pop américaines de ces dernières années, à tel point qu'on s'attend à voir apparaître Michael Cera de derrière un immeuble. Les premiers échanges entre les deux héroïnes, petits délires entre copines sur un banc de cité, feraient presque penser à des Lascars dans une version féminine et pas animée. Tout ce qui brille mélangera finalement ces deux facettes à tout un tas d'autres, condensant intelligemment une somme d'influences bien digérées donc pas écrasantes. Le premier film de Géraldine Nakache - également actrice - et Hervé Mimran est une sorte de fable à caractère social qui montre que l'ascenseur social est parfois trop rapide. Les deux personnages principaux, Ely et Lila, tentent en effet de conquérir le monde de la nuit parisienne, ses fêtes foisonnantes, ses gens beaux et riches, histoire d'oublier temporairement (?) leurs origines trop modestes à leur goût. Comme tout ce qui brille n'est pas or, plus dure sera évidemment la chute.
Les caractéristiques de Tout ce qui brille sont typiques d'un premier long : beaucoup d'envie, des thèmes qu'on sent personnels, et une certaine maladresse heureusement compensée par une débauche permanente d'énergie. À plus d'une reprise, un gag raté ou un rebondissement superflu semblent amener le film à se saborder et à devenir pénible et interminable ; c'est sans compter sur le peps de comédiennes tellement attachantes qu'on a immédiatement envie de pardonner, à elles comme aux autres, tout ce qui foire. À chaque petit échec, Nakache et Mimran trouvent la force de repartir vers d'autres sphères, de tenter d'autres vannes, si bien que l'ensemble fonctionne. L'équilibre est instable mais il semble durable.
Passée la première heure, le scénario piétine un peu en allongeant de façon excessive la phase de résolution de l'intrigue principale à base de jeux de dupes et inévitables fâcheries. Quelques coupes n'auraient pas été de trop, mais la sincérité de l'ensemble pousse une nouvelle fois à l'indulgence. Tout ce qui brille sonne la révolte chaleureuse de ce que beaucoup s'obstinent à appeler la France d'en bas, une frange un peu délaissée mais toujours bondissante de notre pays. À ceci s'ajoute un girl power savamment dosé qui inclut sa propre auto-critique avec une sagesse étonnante. Des défauts donc, mais une certaine maîtrise aussi : la mise en scène est d'une élégance rare et l'interprétation quasiment sans faille. Derrière l'imparable tandem Nakache - Bekhti (chacun choisira sa chouchoute), on se surprend à apprécier Virginie Ledoyen dans un rôle qu'on dirait autobiographique, à ne pas reconnaître une Linh Dan Pham de plus en plus étonnante, et à se régaler du débit verbal d'Audrey Lamy, soeur de mais pas que. Un premier film à voir, punchy et prometteur.





Tout ce qui brille de Géraldine Nakache & Hervé Mimran. 1h40. Sortie : 24/03/2010.

2 commentaires sur “TOUT CE QUI BRILLE”

Voisin Blogueur a dit…

Je ne sais pas pourquoi mais j'ai super envie de voir ce film...J'aime les histoires de jeunes filles qui rêvent de Paris :) ca a l'air super mignon !

Benoit a dit…

C'est gentil comme film, et ça rigole pas dans la salle sauf sur un gag ou deux. Vu y'a une heure et déjà oublié.

 
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