4 mars 2010

DAYBREAKERS

Au début de Daybreakers s'opère une troublante résonance avec la succulente série True blood : on y parle d'un substitut au sang humain, en vente libre, destiné à satisfaire les besoins des vampires. Mais si dans la série d'Alan Ball ce fameux Tru Blood (sans le e) s'est démocratisé assez tôt pour permettre aux humains pur jus de survivre - généralement - sans trop de problèmes, le héros du film des frères Spierig cherche encore la formule magique qui lui permettra de créer la substance tant convoitée. Et pendant ce temps-là, le sang humain devient une denrée rare... Bienvenue dans une ville d'une noirceur immédiatement déprimante, où chacun tente de maintenir une certaine normalité dans son quotidien et de ne pas péter les plombs dès que le manque se fait sentir.
La mise en place de Daybreakers est relativement alléchante même si elle annonce immédiatement la couleur : à un incontestable manque de moyens se greffe l'envie des deux frangins de plonger régulièrement dans le Z pour faire sursauter le spectateur. L'alliance de ces deux observations conduit le film à passer en partie de son sujet au profit de scènes d'action horrifique souvent ratées faute d'effets visuels réussis et d'une mise en scène plus futée. On aurait envie d'aimer cet univers plus que de raison, mais l'incapacité des Spierig à choisir entre un bon vieux saturday night movie fauché mais assumé et un film à thèse bien sérieux sur le vampirisme et le manque finit par donner la désagréable impression d'avoir le cul entre deux chaises. Ce qui est parfois agréable, mais pas ici.
Il y a pourtant de bonnes idées tout du long, et notamment celle qui consiste pour le médecin joué par Ethan Hawke à trouver une alternative à l'élaboration, toujours sans succès, de ce fameux substitut sanguin. Cette envie de dévampirisation (allez, créons le mot, ça peut servir) ne tient la route que trop peu de temps faute de souffle scénaristique, puisque le problème est résolu en 5 minutes au gré d'un procédé franchement peu crédible. On finit par laisser de côté ce qu'on était venu chercher, à savoir une nouvelle vision de l'univers des vampires, pour mettre son cortex en veille et se contenter d'une poignée de scènes salement sanglantes, pour ne pas dire dégueulasses, tant au niveau du nombre de membres arrachés que de la misère esthétique de l'ensemble. Qu'on donne un vrai budget aux frères Spierig afin de déterminer s'ils sont capables de faire mieux ou s'ils ne sont que de gentils petits tâcherons voués à pondre toute leur vie ce genre de divertissement harassant, anodin mais pas si désagréable tout de même.




Daybreakers de Michael & Peter Spierig. 1h38. Sortie : 03/03/2010.

2 commentaires sur “DAYBREAKERS”

Cyrille Falisse a dit…

Je tenais à te féliciter pour la qualité de ton blog, c'est toujours un plaisir que d'y revenir.

Bonne journée,

Armand LeHess a dit…

Je plussioie ardemment en ajoutant l'absence de direction d'acteur qui porte franchement préjudice au métrage, notamment par le sacrifice d'un mec comme Dafoe qui est capable du meilleur, mais qui se trouve assorti de scènes franchement honteuses. Undead était acceptable parce que c'était du vrai fauché. 20 millions de dollars, ça aurait pu être utilisé plus intelligemment (Dark City a coûté moins cher).

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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