20 mars 2010

BUS PALLADIUM

Il y a une excellente nouvelle dans Bus Palladium : Christopher Thompson quitte enfin les jupons de sa mère pour sortir du carcan du film choral de droite conventionnel et faussement sympatoche. À la place, le voici parti dans un univers situé entre Presque célèbre et Le péril jeune, la prestation d'Arthur Dupont faisant fortement penser au Tomasi de Romain Duris - mais en moins charmant. La mise en scène extrêmement prévisible éloigne rapidement le film de celui de Cameron Crowe, tout comme le choix de prendre pour héros une bande de pisseux tête-à-claques aux compositions sans relief. On aurait presque envie de croire que le fait d'avoir choisi des morceaux médiocres est un choix conscient de la part de Thompson, puisqu'il n'est pas nécessaire de produire du bon son pour trouver le succès ; ce serait sans doute lui prêter de trop belles intentions. D'autant que le grand Benjamin Biolay a signé deux chansons pour le film, et qu'elles ne sont utilisées que dans le générique de fin... Un vrai manque de discernement, voilà ce qui plombe Bus Palladium.
Voilà une chronique rock pas trop mal exécutée, mais aussi linéaire que prévisible avec ses débuts miteux, sa soudaine ascension, ses instants de gloire et ses périodes de doute, ses déchirures et ses regains d'espoir... On ne compte plus les réalisateurs qui, comme celui-ci, se sont calqués sur un schéma "grandeur et décadence" sans avoir conscience d'avoir été précédés par des cinéastes plus doués et plus inspirés qu'eux. Bus Palladium n'est même pas idéal pour jouer avec ses amis au fameux « Devine quelles seront les trois scènes suivantes », parce que tout le monde gagne à tous les coups. Quant à la destinée de Tomasi, pardon, Manu, on la connaît dès le début. Il faut bien une fin à la Jim Morrison pour faire pleurer la spectatrice adolescente.
Ce qui sauve le film, c'est l'énergie de certains de ses acteurs, à commencer par un Marc-André Grondin très efficace dans son rôle de guitariste au coeur tendre. Un choix certes pas très original - de C.R.A.Z.Y. au Premier jour du reste de ta vie, son côté rock a déjà été trop exploité - mais qui porte plutôt ses fruits tant l'acteur canadien excelle à jouer les types irrésistibles mais pas vraiment conscients de leur charme. Face à lui, l'aguichante Élisa Sednaoui campe une parfaite femme fatale, à l'origine de la zizanie qui risque de causer la perte de ce fameux (?) groupe. Elle est la véritable révélation de ce film pas déshonorant mais qui ne semble pas faire de Christopher Thompson un réalisateur à suivre de très près : les adeptes de la bonne vieille qualité France, où rien n'est subversif même quand les sujets sont graves, peuvent en revanche nourrir de solides espoirs sur ses prochaines oeuvres.




Bus Palladium de Christopher Thompson. 1h40. Sortie : 17/03/2010.

1 commentaire sur “BUS PALLADIUM”

Rom_J a dit…

Rhalala tu es un peu dur quand même. Au fond de moi je suis d'accord avec toi mais je trouve que la qualité de la BO sauve un peu le film.

Je trouve les compos pas mal du tout alors que je ne digère habituellement pas le rock français, et les choix de chansons (ten years after en boîte, et le bowie de la fin...) bien visés.

Un film de groupie, quoi

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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