7 févr. 2010

PLANÈTE 51

À l'origine de Planète 51, il y a une idée toute simple mais assez géniale : inverser les codes du film d'invasion extra-terrestre et faire des petits hommes verts des autochtones soudainement terrorisés par l'arrivée du vilain alien... parfaitement humain. Idéal pour engendrer une profusion de gags naissant de ce retournement, à des fins d'hommage, de satire et de parodie. Idéal ? Pas tout à fait. Car sous la plume de l'auteur de Shrek et sa suite, le scénario ne se contente pas d'aller nulle part : il y va n'importe comment.
Ce qu'il y a de plus énervant, c'est de constater scène après scène à quel point le film oublie de traiter son malicieux postulat. Certes, l'envahisseur est un homme et les riverains ont de bonnes vieilles têtes d'ET... mais le retournement s'arrête là. Leurs conditions de vie sont celles des humains, des barbecues en famille à l'ordre moral, à ceci près que l'esthétique et la façon de penser sont restés bloqués dans les années 50. Pourquoi les années 50 ? On n'en sait rien. Le fait que ce peuple si avancé technologiquement soit bloqué un demi-siècle en arrière constitue-t-il un quelconque message politique ? Difficile à dire. Ce qui est sûr en tout cas, c'est que l'idée de départ est gâchée. Il aurait fallu placer l'astronaute dans un univers typiquement martien - ou jupitérien, ou autre - et observer sa méconnaissance des usages locaux. Le côté "chien dans un jeu de quilles" est ici réduit à néant tant ce héros au demeurant fort stupide se retrouve en terrain connu dès le début.
La seule façon de prendre éventuellement un peu de plaisir devant ce Planète 51 est de débrancher son cerveau, d'attraper au vol deux ou trois gags réussis et de se féliciter de l'emballage visuel pas très innovant mais assez bien exécuté. Les allusions aux grands standards du genre ne cessent de pleuvoir, à commencer par ce fameux chien, proche cousin de l'Alien de HR Giger, qui pisse acide et déroule une langue dégueulasse et démesurément longue pour montrer son affection. Le reste de l'intrigue fait penser à E.T., sauf que l'intrus est bien moins attendrissant et innocent que la bestiole à longs doigts du film de Spielberg. On s'ennuie poliment en attendant la fin, en comptant les références et en s'amusant des quelques reprises sucrées de célèbres chansons américaines placées çà et là dans le film. On tue le temps comme on peut.




Planète 51 (Planet 51) de Jorge Blanco. 1h30. Sortie : 03/02/2010.

2 commentaires sur “PLANÈTE 51”

Anonyme a dit…

Superbe blog !!!
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A Bientot !!!!

Anonyme a dit…

dur la critique !!!
cela reste un avis personnel je pense non ?
de mon coté je ne me suis pas ennuiyé et bien au contraire les clin d'oeils a certains films des 50's et alien je trouve cela assé bien réussi et assé délirant, mais pour cela faut il avoir un humour ??

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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