5 févr. 2010

PAS SI SIMPLE

En anglais, Pas si simple se dit It's complicated. Une alternative aux married, engaged, in a free relationship et autres single proposés sur Facebook pour permettre à l'utilisateur de décrire sa situation amoureuse. Voir une réalisatrice deux fois trentenaire faire ainsi référence à un réseau social plutôt estampillé djeunz - mais de plus en plus ouvert aux autres générations - est parfaitement représentatif de l'esprit de ce film montrant des plus-que-quinquas qui tentent de se persuader qu'ils sont encore jeunes, notamment en remettant le couvert des années après avoir divorcé. Bonne idée que cette comédie de l'après-séparation, déjà mise en oeuvre dans Où sont passés les Morgan ?.
Malheureusement, Pas si simple révèle rapidement ses limites. Dès le début, en fait. Les gesticulations de Meryl Streep, qui n'avait jamais été aussi horripilante, nous font comprendre que Nancy Meyers a encore choisi le mode roue libre, admirant tellement ses acteurs qu'elle est prête à les laisser faire n'importe quoi pour peu qu'ils s'amusent. Alec Baldwin en fait des caisses dans le rôle de l'ex-mari hableur à grosse bedaine, et Steve Martin joue les mielleux avec une absence de charisme indigne de lui. Pendant deux longues heures - Meyers n'a jamais su faire court -, tous les trois vont se tourner autour, se jauger, se toiser, le tout dans un grand vent d'hystérie pas du tout communicative. À vrai dire, on a plutôt de la peine pour ces personnages et pour leurs interprètes, qui s'échinent à faire comme s'ils avaient vingt-cinq balais et que tout allait bien.
Les meilleures scènes sont sans doute celles où l'ex-mari (Baldwin) kiffe sa race en réalisant qu'il est parvenu, sans trop de mal finalement, à reconquérir le coeur et le cul de celle qu'il continue à aimer. Oui, le coeur et le cul : car Pas si simple tente régulièrement le grand écart entre un romantisme de papier glacé et un ton graveleux en diable. La plume de Meyers est malheureusement trop polie pour que cela fonctionne, et fait régulièrement ressembler le film à une longue et mauvaise histoire drôle racontée par quelqu'un de plutôt pas drôle. Pas la peine de s'apesantir : c'est un film qui n'en finit plus, ennuie son monde, navre un peu, et parvient à faire reconsidérer à la hausse des trucs aussi moyens que The holiday ou Ce que veulent les femmes.





Pas si simple (It's complicated) de Nancy Meyers. 2h. Sortie : 23/12/2009.
Autre critique sur Sur la route du cinéma.

1 commentaire sur “PAS SI SIMPLE”

Fabien a dit…

"The Holiday" était bien lent à démarrer (j'avais même failli arrêter ma TV à cause de ça).
"It's not complicated", lui, ne nous donne aucun temps mort (c'est mon avis du moins). Meryl Streep excelle (comme toujours), Alec Badwin et Steve Martin aussi. Mais ce que j'aime bien chez Meyers (en plus de sa plume bien aiguisée), c'est le fait qu'elle sait bien diriger ses acteurs ! Sans pour autant avoir la prétention de nous livrer des chefs d'œuvre, là n'étant pas son intention.

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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