24 févr. 2010

LA REINE DES POMMES

Film fauché et fier de l'être, La reine des pommes ressemble à l'improbable croisement entre Osmose, oeuvre sympathique, à sketches et sans le sou, et le cinéma d'Emmanuel Mouret décliné au féminin. Actrice et un peu chanteuse - écoutez le beau 15 août sur le dernier album de Benjamin Biolay -, la jolie Valérie Donzelli s'est jetée la tête la première dans la réalisation, au mépris des conventions et des coûts de production. La première grande qualité de cette cinéaste en herbe et de son film est de totalement assumer sa fantaisie, même dans ses sommets les plus débridés, tout comme son manque de moyens. Ainsi, on se voit mal reprocher à Donzelli la relative laideur de l'image et l'approximation générale du cadre. La reine des pommes n'est clairement pas un film de mise en scène, et tente de compenser cette limite par un bouillonnement d'idées assez excitant au départ.
Car si tout ne fonctionne pas forcément, par manque de rythme ou par excès de décalage, le début du film charme par l'effronterie de son ton et la fraîcheur de son héroïne. Fraîchement larguée, Adèle est absolument désespérée, et la voir jouer les chiffes molles sur un banc public a quelque chose de salement réjouissant et d'un peu touchant. Ses rencontres avec les différents hommes qui pourraient la sortir de sa torpeur sont souvent assez délicieuses, notamment parce que ceux-ci sont tous interprétés par le même Jérémie Elkaïm, qui prend un plaisir fou à changer de peau de scène en scène. Il est même carrément hilarant dans la peau de Jacques, père de famille un peu bourgeois, très coincé et presque dégoûté par la facilité avec laquelle il distribue des orgasmes...
Mais malgré tous les efforts déployés par Valérie Donzelli, La reine des pommes s'essouffle assez rapidement tant le dispositif semble répétitif. Si chacune des premières rencontres avec les personnages sont absolument charmantes, leurs personnalités assez superficielles - ce qui est somme toute assez normal dans ce genre de film - créent au final un vrai sentiment de lassitude. Peut-être aurait-il fallu augmenter le nombre de personnages secondaires, ou segmenter davantage pour livrer un vrai film à sketches. En tout cas, malgré l'abattage de ses interprètes et une bande originale réjouissante, toute l'imagination du monde finit par ne plus suffire. Il n'empêche que, dans les années à venir, on suivra de très près cette incroyable femme-orchestre qui, avec trois sous de plus et quelques efforts de mise en scène, aurait véritablement tout pour nous séduire.




La reine des pommes de Valérie Donzelli. 1h24. Sortie : 24/02/2010.

2 commentaires sur “LA REINE DES POMMES”

Marion a dit…

La réalisatrice aurait pu économiser son budget en évitant cette séquence stéréotypée à New York tout droit sortie d'un film romantique classique. Cela ne colle ni avec le rythme ni avec le ton du reste du film et le plombe définitivement.

Anonyme a dit…

Non , vraiment , bien que vous soyez la première critique un peu nuancée, je vous trouve encore trop indulgent . Faut-il descendre si bas le niveau pour ne pas blesser une première réalisation franco-française ??? Tout juste un petit film amateur ambitieux , pas plus ... Allez voir les premiers Gondry ou le premier Anspach !!! Non je n'ai pas envie, comme vous, d'attendre la suite ... Tout le monde a le droit de s'amuser en faisant des films et de les montrer dans son salon, à ses copains !!! Comédiens in-su-por-ta-ble-ment nuls . Edna

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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