17 janv. 2010

LOVELY BONES

Si Samson perd sa légendaire force une fois que Dalila lui a coupé les cheveux, on sait désormais où se trouve le talent de Peter Jackson : dans les poignées d'amour. Déjà bien amaigri à l'époque du décevant King Kong, le réalisateur kiwi n'a cessé de s'affiner jusqu'à être contraint de racheter toute sa garde-robe - des chemises hawaïennes, principalement - en taille XS. Tout en continuant de péricliter à vitesse grand V. Preuve en est avec ce Lovely bones de pacotille qui fait un total flop en tentant de marcher sur les traces de Créatures célestes, très beau film réalisé par Jackson au siècle dernier. Ambition avouée : livrer une oeuvre sur l'adolescence d'aujourd'hui, vue à travers le prisme du cinéma de genre. Pour cela, le néo-zélandais adapte un roman fantastico-mélo dans lequel une ado violée et tuée par son voisin observe sa famille depuis le paradis. On comprend volontiers ce qui a pu attirer le cinéaste dans une telle intrigue : il y avait là l'occasion de mêler une vision pure et innovante de l'éden et de créer un drôle de cocktail en la faisant cohabiter avec l'étude forcément désabusée de cette famille subitement amputée d'un membre.
Ça commence donc par la description du foyer idéal, avec la jolie maman, le papa rigolo et les enfants pleins de rêves et d'espoir. Une sorte de famille-témoin dans une maison-témoin, tellement lisse que c'est forcément fait exprès. Cette première partie renferme sans doute les meilleures scènes du film : puisque c'est annoncé dès les premières secondes, on sait pertinemment que ce bonheur façon pub Cofidis ne va pas durer. Le fait d'avoir une longueur d'avance sur ces personnages encore si purs et innocents donne une certaine perversité à l'ensemble ; celle-ci ne tardera malheureusement pas à s'envoler définitivement. Car une fois la mort - très édulcorée - de la jeune fille, le pire commence. Les séquences terrestres, qui occupent la majeure partie du film, sont brodées sur le thème « la vie continue » par un Jackson qui semble avoir oublié comment diriger des scènes avec plusieurs acteurs et zéro fond vert. Si Rachel Weisz s'en sort avec un minimum de dégâts, Mark Wahlberg est sacrément grotesque, multipliant les mimiques sans vergogne. Mais, là où Lovely bones décroche la timbale, c'est dans la vision qu'il propose du paradis. Dans son roman, Alice Sebold indiquait que chaque pensionnaire pouvait créer sa propre vision de ce lieu forcément merveilleux. On n'est pas déçu par ce que fait Peter Jackson de ces possibilités multiples...
Toujours enclin à expérimenter visuellement, il s'est effectivement lâché, pour un résultat à la fois déjà-vu - Au-delà de nos rêves, meringue multicolore avec Robin Williams - et désespérément tartignole. Le comble du comble est atteint avec cette scène où l'image dégouline de couleurs criardes et de jeunes actrices au sourire niais, et que Jackson choisit d'illustrer musicalement par le morceau Song to the siren de This mortal coil. Soit le genre de morceau qu'on a entendu mille fois dans des publicités pour des parfums ou dans des vidéos de mariage réalisées et montées par des amateurs. Si le paradis ressemble à cela, mieux vaut multiplier les péchés et filer tout droit en enfer. Et si les bons côtés de l'adolescence sont ceux que décrit Jackson, ça donne sacrément envie de vieillir. Pendentifs en forme de demi-coeur - l'être aimé conservant l'autre moitié -, autoportraits tous similaires avec sourire niais et j'en passe : tout ceci est décrit avec le plus grand des sérieux, sans aucun second degré, au gré d'un scénario qui enfile les lieux communs comme des perles. Clichés d'autant plus visibles qu'il n'y a pas d'intrigue à proprement parler : le meurtrier est connu dès le départ et les étapes de l'enquête sont chichement réparties et guère mises en valeur tout au long du film. Lovely bones se résume réellement à 2h08 de sirop de glucose consciencieusement déversé par Jackson sur sa filmographie passée. Peut-être ferait-il bien de reprendre un peu de poids.




Lovely bones (The lovely bones) de Peter Jackson. 2h08. Sortie : 10/02/2010.

29 commentaires sur “LOVELY BONES”

Pascale a dit…

Aaaaaaaaaah ! je vais sûrement adorer alors !
:-)

Nicolinux a dit…

"Si le paradis ressemble à cela, mieux vaut multiplier les péchés et filer tout droit en enfer." : oh ben l'enfer est toujours plus passionnant que le paradis, je crois.

En tout cas, tout est dit avec cette formule. Je pense que je vais gagner du temps en m'abstenant de le voir en salle.

Melissa a dit…

Aaaah, tu as déjà mis ta critique. J'attend la sortie pour ma part mais 1,5 étoiles, tu es vraiment, vraiment, gentil !

alexandre mathis a dit…

ton entame d'article me fait triper. Je vais réfléchir à un moyen de lui envoyer des burgers bien gras.

Bon ton avis me fait peur, ça semble cohérent tout ça. par contre j'avais aimé What the dream may come. Hormis l'appuie musical bien larmoyant, je trouvait cette histoire bien plus forte et intelligente qu'il n'y parait. Bon Eh bien il ne reste plus qu'à attendre février pour se faire une idée...

Zirko@me.com a dit…

Mince j'attend beaucoup de ce film pourtant.

Ca fait peur !

badgone88 a dit…

Heureusement que tout le monde ne voit les choses comme toi, sinon Lovely Bones serait le pire film de l'humanité ! Au contraire, Peter Jackson prend tout le monde à contre-pied. Loin de ses super productions qu'étaient le Seigneur des Anneaux et King-Kong, il nous pond ici une magnifique fable. Ce film est un don du ciel, un rêve de gosse pour adulte, un cadeau pour cinéphile. J'ai pas lu le livre et je m'en tape car je ne vois qu'une seule chose : Peter Jackson est un magicien des temps modernes. Un début ultra plat, banal et téléphoné. Et en une seule séquence (Susie prenant la fuite et croisant l'autre fille), P.J nous retourne le film de manière magistrale. Ca nous prend aux tripes, on retient notre souffle durant tout le film. Aucune morale n'est imposée : à nous de réfléchir. C'est ce qui fait la force du film. Les décors, eux, sont féériques et magnifiques. Enfin, pour un drame, niveau guimauve P.J s'en sort plutôt bien. Bref, ce film respire la joie de vivre.

Anonyme a dit…

En gros celui qui a écrit cette critique n'a strictement rien, n'a pas vu le film ou n'a pas lu le livre voir les deux. Ma question est simple, à part un irrespect total, le méchanceté et les insultes, à quoi tu sers?

roms059 a dit…

c'est sur que quand on voit peter jackson au nom d'un generique on s'attend a des tonnes d'effets speciaux, ben ici c'est pas le cas et c'est surement ca que regrette le "critique" (et je pese mes mots), c'est sur, il a du etre decu de ne pas voir gollum ou king kong dans le paradis de susie, mais si c'est ca et bien il n'a qu'a eviter de regarder des films (pour) adultes et aller voir la princesse et la grenouille ou se mettre LSDA en dvd. Peut etre le film le plus mure de jackson. Bon on ne peut pas egaler un chef d'oeuvre tel que créature céléste (c'est ma vision personelle) mais je ne pense pas que ce soit l'ambition de Jackson de vouloir s'egaler lui meme, justement le talent se mesure a la ré-inventivité du dit talent et la c'est mission accomplie. C'est un film qui fait passer des emotions bruts, sans jamais nous faire plonger (trop ?) facilement dans la sensiblerie, et c'est pas evident avec un tel théme maintes et maintes fois abordeés, c'est la sa plus grande gageur. Le sujet a etait debattu donc pas la peine d'y revenir. Les acteurs sont magnifiques, jackson les aiment et le lui rendent bien, bref 10/10

Anonyme a dit…

T'es trop aigris gars, sort faire un peu de sport pour t'aérer l'esprit ça te fera du bien, au lieu de pondre des articles à la morandini

vierasouto a dit…

C'est surtout le problème de la représentation de l'au-delà, ça ne marche pas... Et ça devient un peu nunuche story en partant d'un crime pédophile, drôle d'hybride...

Anonyme a dit…

l'"auteur", (si j'ose l'appeler ainsi( de cet article est tout simplement un connard dénué de tout sens et toute sensibilité poétique...Sans parler de son absence totale de vision de cinéma. Je passerai mon chemin la prochaine fois... 10/10

L'Arabe a dit…

@roms059 et aux anonymes ayant subit une ablation de couilles (ça vous va bien de taper à visage couvert): Vous êtes une bande d'abrutis décérébrés.

Val' a dit…

Oh dit les "Anonyme" on se calme.
Rob Gordon a TOUJOURS raison bande d'enculé ! :P

catnatt a dit…

Bonjour, bonjour!

Je viens uniquement pour insulter les crétins qui ont osé s'attaquer au maître des lieux (qu'au demeurant, je ne connais pas, je préfère préciser, cette démarche est parfaitement irrationnelle)

donc bande de drelins drelins (quand on tape sur la tête, ca fait ...), tels des erreurs de la nature, type mélange aléatoire bulot-humains, vous fermez vos gueules !

(C'est dingue ce que ca fait du bien, ce genre de démarche)

anchoiade a dit…

Alors l'anonyme, il faudrait voir à agiter le pois chiche qui te sert de cervelle pour essayer d'amorcer le début d'une reflexion (si ce n'est pas trop te demander).
Quant à l'insulte, la couardise et la lâcheté, jamais ils n'ont constitué un bon commentaire de quoique ce soit, pisse d'âne, fesse d'huitre et pine d'anchois.

FlorianL a dit…

Entre ta critique et celle de Jérôme vous m'avez donné envie de voir le film now ^^

Et ton elevage d'abrutis m'a redonné foi en l'humanité !

Homecats a dit…

Je trouve ça fou ces réactions ! Je comprends qu'on puisse ne pas être d'accord avec une critique et même la trouver dure ou peut-être injuste - après tout chacun ses goûts et sa vision du cinéma - mais je ne vois pas l'intérêt de réagir comme ça. Si encore ces anonymes qui insultent étaient capables de faire une critique un tant soi peu constructive du film, mais là même pas.

Uloth a dit…

Mais finalement y'a que l'anonyme qu'est con, les autres font un peu avancer le débat avec des arguments pertinents nan?

Uloth a dit…

Mais il est vraiment genre con, con quoi.

alexandre mathis a dit…

l'inconvénient de la liberté d'expression, c'est que n'importe quel abruti tendance populiste/ dictatoriale peut s'exprimer et sous couvert d'anonymat.
quelle idée d'aller sur un blog de critiques si c'est pour refuser la contradiction?

Benjamin F a dit…

Encore une chronique que j'aurai voulu écrire. Je n'ai pas vu le film mais je suis sûr que j'aurai choisi les mêmes axes.

Content de voir sinon que tu réussis à attirer du troll de qualité. Ils sont vraiment grandioses.

Penser à fusionner nos blogs un jour. Avec toi au ciné et moi à la musique, je pense qu'on arriverait à attirer tous les haineux du web français :)

(Je réponds à ton mail dans l'après-midi^^)

FredMJG a dit…

Bon, et bien, ma foi, j'attendais la sortie DVD depuis que j'ai repéré la moumoute de Stanley Tucci dans la bande annonce mais votre bataille de chiffonniers m'a finalement donné envie de gratter deux heures de ma vie pour aller reluquer la mine de constipé de Mark Whalberg... Merci à tous !

dob a dit…

Je comprends la critique. J'étais même tenté par cet avis sur une histoire en "sirop de glucose" jusqu'au 3/4 du film.
Mais non, je pense que tu te trompes. Ou tu n'as pas compris le film.
Il ne s'agit pas d'une intrigue ou d'un quelconque tableau de famille idéale. Il s'agit de la mort et du deuil tout simplement et l'on constate que les circonstances en deviennent presque anecdotiques à la fin..
En tout cas je cherchais le nom du morceau de (soupe) musique de pub et c'est ici que je l'ai trouvé!
(Quoi j'aime la soupe c'est pas ma faute..)

Alors merci Rob Gordon qui a toujours raison ;)

roms059 a dit…

c'est ce que je fais, j'ai donner ma propre critique du film (constructive !) donc messieurs je vous emmerde, car l'auteur de cette critique n'a pas fait que descendre le film, mais il a aussi descendu peter jackson sur son physique ( ce qui n'a aucun rapport avec le film) . facile la critique mais fais en autant rob groscon, realise un film est on verra le resultat, je le dit et je le répéte, je vous emmerde.

acidius2 a dit…

Fidèle à son statut de "réalisateur du merveilleux", Peter Jackson nous livre ici un de ses films les plus matures et les plus provocateurs de sa carrière hollywoodienne. Sans tomber dans l'analyse précise, le spectateur est constamment fasciné par le basculement incessant entre le monde des morts et des vivants, mis en exergue par la mise en scène des plus originale que nous offre Peter Jackson. Nous sommes heureux de retrouver certains détails de son style plus antérieur (Heavenly Creatures, The Frigthteners), comme l'apparition fréquente de très gros plans sur des détails peu flatteurs du visage de Stanley Tucci, accentuant la répulsion que ce dernier nous inspire. De plus, la mise en place visuelle du paradis se fait à l'économie dans la mesure où ces plans à effets spéciaux n'occupent qu'une toute petite part du film et ce contrastant avec "King Kong", loin d'être décevant, surtout lorsqu'on le compare avec la version abominable de 76 ainsi qu'avec le film cité "au delà de nos rêves" beaucoup plus glouton en terme de moyens techniques. La vision de la famille et des sentiments adolescents est certes un peu caricaturale mais réside en effet dans une décision volontaire du réalisateur dans le but d'accentuer le choc émotionnel qu'éprouve le spectateur lors de la dislocation de cette même famille. En outre, il convient de préciser que la force véritable du film réside dans le non-dit ou le non-figuré,notamment lors du meurtre de Suzie. Pour conclure, je ne peux m'empêcher de dire qu'il est mal-venu d'insulter quelqu'un sur son apparence physique lorsque l'on parle de son œuvre artistique. Qu'il est insultant d'écrire une critique en n'ayant - au vu de la teneur de cette dernière - pas vu le film en question et - je parle pour les auteurs des commentaires - de proposer des estimations de la taille du cerveau d'un auteur anonyme faisant une remarque judicieuse. Je vous salue bien.

TuS a dit…

@roms059: La seule vérité qui apparait, c'est que tu ne sembles pas capable de partager un autre point de vue que le tien. On dit effectivement que la critique est un art facile. Mais savoir l'entendre est beaucoup moins aisé.

Faut savoir faire preuve d'un peu d'ouverture d'esprit et accepter que ce film ne peut pas plaire à tout le monde. (Personnellement, ne l'ayant pas vu, je m'abstiendrai de tout commentaire à son propos).

Anonyme a dit…

j'ai jamais aimé les critiques de cinema...
des gens qui sont incapables de faire un film eux meme balacant de la mechanceté gratuite

ne pas aimer un film, c'est normal , on peut le dire
mais de la a dire que c'est une merde , c'est un manque de respect.

Moi j'ai adore le film

et ceux qui parlent du paradis dans le film, vous avez pas compris que cela n'a rien a voir avec le paradis.. ( elle y est meme pas entrée, d'ou l'interet de l'histoire , elle n'etait pas prete)

Anonyme a dit…

Je crois que tu es passé juste à côté des messages de ce film. C'est l'espoir, le bonheur qu'on peut avoir même lors de la mort, ou quand on a perdu un proche. Bref, ce film est fait pour donner des belles émotions. Juste un conseil, pour être gentille: essaye d'être plus indulgent, et tu verras que non, les films ne sont pas que des navets. J'espère au moins avoir passé le message pour toi, ou sinon tous les films vont te pourrir la vie, à ce que je vois...

faire-part-lemag a dit…

c'est pas lui qui a fait 3 mariages et un enterrement ? Ou je me trompe...

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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