23 janv. 2010

LE LIVRE D'ELI

Denzel Washington n'est pas un si grand acteur que ça. Le livre d'Eli permet de s'en rendre compte, puisqu'il s'y produit enfin quelque chose. Planqué derrière des lunettes noires, il est enfin occupé à autre chose qu'à placer son éternel regard évoquant compassion, fermeté et course aux Oscars. Denzel est plus que jamais convaincu par son personnage de super gardien de la dernière Bible, qui pourrait sauver le monde à condition d'être bien utilisée. Et c'est bien normal : comme son producteur Joel Silver, l'acteur est très croyant et parfaitement convaincu de la toute-puissance de Dieu et de la nécessité de mêler religion et politique. Quitte à virer très lourdement vers la droite. C'est en cela que le film des frères Hughes se distingue des autres oeuvres post-apocalyptiques de ces dernières années : il confie les clés de l'univers aux intégristes et tente de convaincre son spectateur que c'est là que réside le seul salut du monde.
Les haut-le-coeur et le goût de vomi n'interviennent heureusement qu'après un certain temps, ce qui permet de vivre la première heure du Livre d'Eli sans être pris par la nausée. Et ainsi d'apprécier l'ambiance d'après fin du monde recréée par les Hughes, dont l'originalité n'est pas le principal atout mais qui crée un pont très intéressant entre réalisme et western. Une vieille radio, un iPod à l'ancienne - même pas tactile, trop ringard - et une mine d'autres objets accentuent cette impression de désorientation temporelle, même s'il n'est pas bien difficile de définir précisément l'époque à laquelle se déroule le film. Le début du périple d'Eli est dépouillé, désabusé, mutique : il faut dire qu'il n'a pas de compagnon de route pour débattre de la beauté et de l'avenir du monde, la principale utilité du fiston de Viggo Mortensen dans La route. Les bastons sont stupéfiantes et excellemment filmées, notamment un affrontement fulgurant avec une bande de loubards, filmé en clair-obscur.
Et puis Eli croise le chemin d'un méchant prêt à tout (Gary Oldman, correct) pour récupérer ce bouquin qu'il aime tant, et comptant sans doute l'utiliser à mauvais escient. Que signifie utiliser la Bible à bon ou à mauvais escient ? On ne sait pas. C'est quand même un livre très surestimé. Mais bref : une fois la course-poursuite véritablement lancée, le film ronronne, en particulier lorsque le héros se trouve enfermé par son nouvel ennemi. Puis s'embourbe peu à peu dans cette idéologie si limite qu'on se demande si une bonne explosion qui viendrait détruire le fameux bouquin ne serait pas la meilleure issue. Mais non : la véritable conclusion du film est encore plus énorme, l'inénarrable twist final venant non seulement clore l'action de manière assez ridicule, mais aussi renforcer l'impression de dégoût amorcée quelques temps plus tôt. Certains blockbusters seraient bien plus passionnants s'ils ne tentaient pas de véhiculer le moindre message : que le plaisir soit à ce point gâché par des idées déplaisantes est tout de même salement rageant...




Le livre d'Eli (Book of Eli) d'Albert & Allen Hughes. 1h49. Sortie : 20/01/2010.

3 commentaires sur “LE LIVRE D'ELI”

Pascale a dit…

Gary Oldman correct ??? Tu te laisse aveugler par l'amour... ah ah ah !
Nan j'ai rien dit.

Je préfère le prendre à la rigolade ce film car effectivement l'envie de dégueuler ne m'a pas lâchée.

C'est pas un film pour mécréants c'est évident.

Anonyme a dit…

"Que signifie utiliser la Bible à bon ou à mauvais escient ?" cela prouve que tu n'as rien compris au film, ou tout du moins que tu n'as pas voulu. Ou alors tu penses que l'Eglise a toujours oeuvré pour le bien de son prochain (et jamais dans une quête de pouvoir et de confort) et là ton esprit critique est réellement à cultiver...

A+

Boki

Anonyme a dit…

Bande de trou du cul...Vos pseudos réflexions "jesuiunseigeneurdelacrtik" me font elles, vomir.
Vous vous croyez en plus intelligent de prendre à contre pied les vrai valeurs de la vie.Mais au moins, vous montrez au monde que votre raison, proche d'un excrément de chien, mérite de prouver que la médiocrité avec un M masjuscule existe.J'ai plus rigolé que que la grande vadrouille.Continuez.

 
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