30 janv. 2010

LA PRINCESSE ET LA GRENOUILLE

Ça fait parfois un bien fou de revenir aux sources, ou en tout cas d'en avoir l'impression. Au beau milieu de la révolution permanente qui s'opère en terme de techniques d'animation, à une époque où l'opium semble être devenu l'opium du peuple, les réalisateurs de La petite sirène et Aladdin nous prennent par surprise avec ce film en 2D, variation autour du mythe de la princesse et de la grenouille (on s'en serait douté, vu le titre). Si La princesse et la grenouille fonctionne, c'est d'abord par la profonde nostalgie dans laquelle il nous plonge, celle où quelques coups de crayon suffisaient à croquer deux héros sympathiques et leurs petits compagnons rigolos. Voir le film dans une salle pleine de marmots est extrêmement parlant : les enfants reviennent à un plaisir immédiat et simplissime, animés par des sentiments purs et nobles. La princesse est « vraiment trop belle », le vilain « trop trop méchant »...
Ne soyons pas dupes pour autant : oui, La princesse et la grenouille fait penser aux Disney à l'ancienne ; non, il n'en a pas tout à fait le cachet. Le numérique et l'informatique ont fait leur place, et même les plus sincères des artisans hollywoodiens semblent avoir bien du mal à se contenter d'un crayon bien taillé et d'une gomme blanche. Cela se ressent dans les textures et les couleurs : le film "fait" vieux, mais il est loin d'avoir cette patine si charmante. Ce qui empêche sans doute d'être totalement pris dans cet univers.
Un univers pas tout à fait neuf, mais heureusement remis au goût du jour avec une certaine délicatesse. Embrasser la grenouille ne permet plus de la transformer en prince ; la (future) princesse du titre est la première à avoir la peau noire... Le film se balance sans arrêt entre sa vocation passéiste et sa quête de modernité destructrice, et ne s'en sort après tout pas si mal. Plus qu'à son intrigue, il doit sa réussite à ses personnages. Le bad guy est un Jafar new age, effrayant et excessif ; les animaux qui entourent les héros sont des cousins de ceux de Bernard & Bianca ou du Livre de la jungle ; les chansons sont tartignoles mais pas trop, dynamisées par le swing de la Nouvelle-Orléans. On en sort avec l'envie de revoir Les Aristochats, La belle et le clochard et autres réjouissances d'alors, tout en espérant que John Musker & Ron Clements remettent ça avec encore plus de conviction.




Le princesse et la grenouille (The princess and the frog) de John Musker & Ron Clements. 1h37. Sortie : 27/01/2010.

3 commentaires sur “LA PRINCESSE ET LA GRENOUILLE”

Fabien a dit…

Je visite ton site depuis belle lurette, mais c'est la première fois que je te laisse un commentaire !
Je suis allé voir "Princess & the Frog" hier après-midi et comme tu l'as dit, ça fait du bien de revoir de la 2D sur grand écran (la 3D commence à me peser sur le système à force). Beaucoup de références aux anciens Disney, avec un personnage féminin fort (qui rappelle Ariel, Belle, Jasmine, Pocahontas, Esmeralda et Mulan), et un prince à la superficialité bien assumée. Cependant, ce nouveau disney n'a pas l'envergure de ses ancêtres (trop de gags, les méchants qui sont faciles à éliminer...). Mais on passe quand même un bon moment, et les enfants seront sûrement ravis de ce nouveau dessin-animé à l'ancienne.

Rob Gordon a dit…

Ravi de te voir en ces lieux...

Fabien a dit…

Tu me verras souvent désormais, tant je suis à l'affut de chacune de te nouvelle critique. Un site sur le cinéma vraiment très intéressant !

 
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