10 janv. 2010

BLISS

De temps en temps débarquent sur nos écrans des oeuvres ne délivrant manifestement aucun message ni aucune morale. Ce qui peut s'avérer extrêmement appréciable lorsque cette absence de fond est parfaitement assumée par son auteur et compensée par d'autres qualités. C'est exactement le cas de ce Bliss tout à fait à l'image de sa réalisatrice Drew Barrymore, dont c'est le premier long : foutraque, échevelé, et délicieusement girly. Et un casting riche en actrices qui comptent, d'Ellen Page à Marcia Gay Harden en passant par Juliette Lewis. Une oeuvre simple et sans arrière-pensée, qui n'officie que dans un seul et unique but : offrir au spectateur sa part de fun et le faire sortir moins maussade qu'en entrant dans la salle.
De ce point de vue, c'est gagné : Bliss, c'est une heure cinquante qui file à vive allure, aussi rapidement que cette Babe Ruthless qui file sur ses patins et tente de trouver, certes de façon éphémère, un sens à sa vie d'adolescente. S'il n'entre pas vraiment dans la catégorie des films de sports, il en adopte pourtant la construction, exposant d'abord l'émerveillement provoqué chez la jeune fille par cette discipline plus que méconnue. Le roller derby, c'est comme du cyclisme sur piste mais avec des patins à l'ancienne, où doubler les membres de l'équipe adverse permet de rapporter des points à son équipe. Un sport underground, qui se pratique dans de petites salles à la limite de la clandestinité. D'où une ambiance festive et attirante, d'autant que la jeune héroïne brave les interdits parentaux pour s'adonner à cette nouvelle passion. Son ascension est fulgurante et peu crédible, la conclusion de son aventure tirera du côté du mélo... mais soyons clairs, on s'en moque.
Car Bliss sent la liberté et la sincérité, et met en avant un girl power séducteur où l'immaturité est reine. Sur la piste comme en coulisses, très jeunes femmes et trentenaires se côtoient et font de leurs soirées sportives des parenthèses enchantées qui leur font oublier pour un temps leurs soucis quotidiens. On sait d'ailleurs très peu de choses de la plupart de ces femmes, car le but de Barrymore est de jouer la carte de l'immersion de l'héroïne dans une sorte d'univers parallèle où chaque patineuse est un personnage, avec son look et son surnom haut en couleurs. Et tant pis si les scènes de sport sont assez mal filmées : l'esprit est là et bien là, plein de savoureux pétages de plombs, de coups d'épaule et de belles gambettes. Bliss est un film humain, pétri de maladresses et d'imperfections, donc d'autant plus attachant.




Bliss (Whip it) de Drew Barrymore. 1h51. Sortie : 06/01/2010.
Autre critique sur Une dernière séance ?.

8 commentaires sur “BLISS”

Pascale a dit…

Oh la la ! t'avais fumé quoi avant ?
Les couleurs psychédéliques t'ont fait tourner la tête ou quoi ?
Je ne savais pas que le cyclisme sur piste était une piste de règlements de comptes avec coups (bas), pétage de nez et insultes ?
Dans ma note j'ai oublié la (trop rare) Juliette Lewis qui se tord la bouche à qui mieux mieux pour se donner l'air trash et Marcia Gay Harden dont les sourcils scotchés vers le haut du front la font ressembler au Joker.
J'adore Drew c'est pourquoi j'ai foncé tête baissée voir ce film ! Mais quelle purge ! Il ne manque rien dans les clichés et les bons sentiments mielleux.
A fuir à toute berzingue !!!

Thibault F. a dit…

Je l'ai trouvé globalement pas si mal. En fait le casting y est pour beaucoup. Barrymore a beau reprendre beaucoup de procédés des teen-movie, la prestation d'Ellen Page donne - pendant longtemps - une couleur indé/Juno au film. Andrew Wilson est plutôt cool en entraîneur, et le côté trash/girl-power de tous les seconds rôles est plutôt cool.
Puis, pour un premier film, je trouve qu'elle s'en tire remarquablement au niveau du rythme. Elle s'enlise jamais dans un faux rythme alors qu'il dure quand même une heure cinquante.

Sandra.M a dit…

Oui, Pascale a raison, tu es certain que tu étais sobre quand tu as écrit ta critique là?:-) En tout cas pour ce qui est de faire en sorte que le spectateur soit moins maussade (c'était donc ça le "sens" bien caché!!), c'est complètement raté. J'étais d'une humeur particulièrement joviale en entrant, et j'en suis ressortie extrêmement agacée. J'aurai au moins appris quelque chose: qu'il existe des "films de sports". En effet, "pétri d'imperfections et de maladresses"... et de clichés pas attachants du tout. Si je comprends bien plus il y a de maladresses et d'imperfections, plus la note monte haut? (oui, j'aime bien faire semblant de ne pas comprendre moi aussi:-)). Bon, au suivant!

Michaurel a dit…

Cette chronique et les 3 commentaires précédents pourraient nous faire penser qu'il y aurait quatre catégories de spectateurs :
- Ceux qui n'iront pas voir ce film, trop ado au coeur brisé,
- Celle qui sont plus jeunes que Bliss et qui pourraient se projeter à travers le personnage principal, gagnant en confiance et en volonté,
- Les hommes trentenaires qui imaginent que les jeunes adolescentes ressentent ces sentiments contradictoires basés sur l'amour/rejet des parents et qui trouveront donc que ce film est plutot juste et bien vu,
- Les femmes en général qui auront l'impression que ce film grossit trop le trait de leur propre adolescence et qui sortiront énervées de la salle, a fortitori si cette période de leur vie s'est résumée à "Boutons d'acnée, rencarts loupés et phobie de la gym".
Personnellement, j'ai passé un bon moment, le casting et la musique aidant beaucoup.

Mélissa a dit…

Oui, un film sans prise de tête où il ne faut pas y aller en s'attendant à un scénario ficellé de bout en bout. Et on s'en fout, d'ailleurs, on est pas là pour ça :)

Pascale a dit…

Je n'entre dans aucune catégorie de Michaurel,
en existerait-il d'autres ?

Rob Gordon a dit…

Je pense que tu es à la fois un homme trentenaire et une ancienne acnéique.

Pascale a dit…

J'ai failli être un homme, mais je n'ai pas eu d'acné, ça compte ?
Mais si j'ai bien compris, si je suis un homme trentenaire, j'aurais dû aimer !
alors ça ne tient pas votre truc.

 
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