18 janv. 2010

BLACK DYNAMITE

Les films de blaxploitation ont connu leur essor et leur apogée dans les années 70, grâce notamment à des héros comme Shaft, Coffy ou Foxy Brown. Depuis, le genre a quasiment disparu des écrans, si ce n'est à l'occasion de rétrospectives populaires ou de remakes sans goût - rappelons-nous le Shaft de John Singleton. D'où l'envie de Michael Jai White - interprète de l'oubliable Spawn - de refaire parler de ce qui, il y a une trentaine d'années, était une véritable institution qui a inspiré bon nombre de cinéastes actusl. Rodriguez et Tarantino en tête. L'acteur a revu des films avant de prendre son petit stylo et d'écrire le scénario de ce Black dynamite à la fois hommage et parodie.
Pour célébrer le genre, White et le réalisateur Scott Sanders ont tenu à tourner à l'ancienne, en conservant cette image un peu miteuse, ces raccords souvent grossiers et cette interprétation plus qu'outrancière. Soit une démarche encore plus sincère que celle de Rodriguez et Tarantino sur Grindhouse, puisque la plupart des effets de vieillissement de l'image avaient été effectués en post-production. Là, le rendu très seventies est encore plus naturel car obtenu dès le tournage. C'est là qu'est tout le charme de Black dynamite : dans cette restitution d'une époque décontractée et d'un genre qui permettait à quelques petites salles de cinéma de ne pas désemplir du week-end. Comme Michael Jai White s'est fait la coupe afro à l'ancienne et que l'ensemble des acteurs semblent avoir été ramenés dans les années 2000 grâce à un voyage dans le temps, cette nouvelle version est tout à fait crédible et aurait sans nul doute eu sa place dans les grindhouses de l'époque.
En revanche, l'aspect parodique est moins réussi, notamment parce qu'il est inutile. La blaxploitation est un courant tellement décontracté, rigolard, sexy, sans profondeur, qu'y ajouter une couche de parodie mène rapidement à l'overdose. Quand les gags sont réussis, ce qui arrive régulièrement, il n'y a certes rien à redire ; mais lorsqu'ils tombent à plat, cela donne l'impression désagréable et erronée que les auteurs du film souhaitent tourner en ridicule leurs glorieux aînés. Les éléments les plus drôles de Black dynamite sont bel et bien ceux qui apparaissent déjà dans les films de l'époque : coiffures improbables, costumes bariolés, virgules musicales incessantes et références au sexe. Ici, et contrairement à la légende, les pénis ne sont pas tous d'une longueur affolante : un mystérieux breuvage a même tendance à rendre minuscules les quéquettes de ces messieurs. Le film, lui, est sans aucun doute trop long et aurait gagné à avaler lui aussi un peu de cette liqueur d'anaconda.




Black dynamite de Scott Sanders. 1h30. Sortie : 13/01/2010.

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"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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