30 juin 2009

L'ÂGE DE GLACE 3 - LE TEMPS DES DINOSAURES

Acte I : l’exposition. Acte II : la consécration. Acte III : la maturité. Qu’elles mettent en scène des super-héros, des ogres verts ou des mammifères préhistoriques, les trilogies se suivent et se ressemblent, empruntant régulièrement le même schéma. L’âge de glace 3 n’échappe pas à la règle, victime de la paresse des scénaristes de chez DreamWorks Animation. Le temps des dinosaures évoqué en sous-titre sonne l’heure pour nos héros de se mettre en quête de stabilité d’une façon ou d’une autre. Maternité, adoption ou exil : chacun vit le passage à l’âge adulte avec des aspirations différentes mais avec les mêmes doutes. Rien de bien original dans tout ça : enceinte jusqu’aux yeux dès la première bobine, la femelle mammouth attendra sagement l’une des dernières scènes du film pour expulser sa progéniture – laquelle fera sans doute un jour l’objet d’une nouvelle trilogie. C’est dire le conformisme, social et commercial, dans lequel s’engonce ici la franchise, qui alignera les millions mais ne déchaînera guère les passions.
À part la mise en place des ces thèmes nouveaux (mais pas neufs), ce troisième volet est en tous point conforme aux deux précédents. Sid le paresseux est un boulet aussi agaçant que drôle, comme un cousin réussi de Jar Jar Binks ; Scrat l’écureuil rencontre une gonzesse mais continue de chasser la noisette avec ardeur ; les deux autres passent leur temps à évacuer leurs angoisses ou leur affliction. Le reste du temps, tout ce petit monde se livre à des courses-poursuites hystériques faisant office de scénario. Bien qu’un poil longues sur la fin, celles-ci constituent néanmoins le sommet du film, faisant de la projection en 3D un passage obligé. La scène où Sid dévale une montagne en tentant de préserver les œufs qu’il a trouvés est à cet égard un pur délice. Et ce n’est pas la seule.
La 3D, parlons-en ; elle seule –ainsi que l’évident appât du gain – peut justifier l’existence de cet Âge de glace 3 visuellement délicieux mais dont on ne peut qu’espérer qu’il reste sans suite. On semble avoir fait 3 fois le tour des personnages tant leurs mentalités sont schématiques. Et les nouveaux arrivants, nombreux et imposants, ne font illusion que le temps de quelques scènes, confirmant la fâcheuse tendance qu’ont les auteurs de ces franchises à augmenter peu à peu le nombre de protagonistes quitte à risquer la saturation. La quantité de personnages ne masque jamais la pauvreté de l’imagination, qui fait du film de Carlos Saldanha une référence technique mais un divertissement rapidement oubliable.




L'âge de glace 3 - le temps des dinosaures (Ice age - dawn of the dinosaurs) de Carlos Saldanha & Mike Thurmeier. 1h40. Sortie : 10/06/2009.
Critique publiée sur Écran Large.

29 juin 2009

VERTIGE

Après l'inénarrable Humains, voici qu'un autre film français se propose de faire dans l'aventure avant de basculer dans l'horreur. Inutile de fuir à grande enjambées, puisque le film d'Abel Ferry est un milliard de fois plus réussi que l'improbable nanar de Molon et Thévenin. On sent dès les premières minutes que Vertige, sans atteindre des sommets (jeu de mots involontaire), a tout pour être assez efficace et relativement convaincant : une mise en scène assez inspirée faisant oublier le maigre budget, de jeunes acteurs d'autant plus à fond qu'ils réalisent eux-mêmes leurs cascades... Et c'est parti pour une expédition de via ferrata - Ferrata était d'ailleurs le titre de travail du projet - qui, forcément, finira par mal tourner.
Dans sa première partie, Vertige tourne à plein régime et restitue à merveille les sensations procurées par la haute montagne, qu'il s'agisse d'exaltation ou de peur panique. Le personnage incarné par l'excellent Johan Libéreau est un vrai pivot du film : présent pour de mauvaises raisons, son personnage n'est jamais rassuré et finit même par disjoncter, ne supportant pas d'être seul au milieu de nulle part avec le vide sous ses pieds. On le comprend, et on vit avec lui chaque minute de son calvaire. Tant pis si les embûches proposées par le scénario sont relativement classiques (un pont suspendu qui tangue, une fixation qui lâche) : Ferry s'en acquitte avec aisance et crée une vraie tension.
La deuxième moitié du film, si elle n'est pas ridicule, est tout de même moins probante. Le basculement du film d'aventure vers le slasher - pourquoi pas - survient sans doute trop tôt, provoquant une frustration palpable. On aurait bien passé une demi-heure de plus à flanc de paroi, à observer les personnages se débattre avec leurs problèmes techniques et psychologiques. Mais c'est ainsi : et l'on se retrouve finalement avec nos 5 héros pris au piège de la montagne croate - si si - et de ses prédateurs. Si on ne cesse de regretter la partie 'vertige', ce second acte est tout de même assez réussi même si bien plus classique. Ferry fait parfaitement remonter l'animalité de l'être humain, rappelant - toutes proportions gardées - le traitement de Neil Marshall pour The descent. On tremble avec les personnages, on souffre avec eux, et Vertige de s'imposer comme un bon petit divertissement sans défaut majeur, qui fait de son réalisateur un nom à suivre et confirme que Fanny Valette est non seulement une femme magnifique, mais également une très grande actrice.




Vertige d'Abel Ferry. 1h24. Sortie : 24/06/2009.
Critique publiée sur Écran Large. Autre critique sur Tadah ! blog.

28 juin 2009

NOTORIOUS B.I.G.

Petit précis d'histoire à l'égard de ceux qui ne pigent rien à la guéguerre west coast / east coast, Notorious est un biopic totalement cousu de fil blanc comme il nous en arrive de temps en temps (dernier en date : Coco avant Chanel). Une platitude tout à fait prévisible, le film étant réalisé par un George Tillman Jr. déjà responsable des Chemins de la dignité, pure abomination avec Bob DeNiro et des scaphandriers. Voilà typiquement le genre de film qui n'apportera strictement rien aux connaisseurs de Biggie, Tupac et les autres ; les autres pourront éventuellement y apprendre quelques trucs.
Aucune étape du parcours de Christopher 'Biggie' Wallace ne nous est épargnée : comme tout mauvais biopic, ça commence évidemment par une enfance traumatisante, notamment parce que Chris est gros et rejeté par son père. D'où le deal de cocaïne et la nécessité d'exprimer sa détresse au travers de lyrics apparemment percutants. Le label 'histoire vraie' et la présence au générique des proches de Biggie semblent nous assurer que tout ceci est absolument véridique ; mais l'ensemble fait tellement cliché qu'on ne peut guère se passionner, d'autant que le traitement de Tillman est soigné mais sans aucun relief. Heureusement, il y a Jamal Woolard : engagé avant tout grâce à sa ressemblance physique, l'acteur effectue des débuts convaincants devant la caméra et donne une vraie crédibilité à son héros, entre gros nounours et sale petite frappe.
Bizarrement, Notorious a beau être tout à fait prévisible, il reste absolument regardable, sans enthousiasme mais sans trop d'ennui. Parce que, malgré ses travers, Biggie est un personnage attachant. Parce que, avouons-le, on a rarement vu autant de bombasses topless dans un biopic. Et parce que, raison plus noble, c'est l'occasion de (re)découvrir l'oeuvre courte mais intense de ce véritable artiste, destiné à devenir un étudiant discret ou un dealer minable mais qui sembla réellement porté par le hip-hop tout au long de sa vie. Une vie hélas bien courte, Biggie ayant été assassiné avant ses 25 ans au terme d'une guerre des côtes qui constitue la partie la plus intéressante de ce film un peu plat.




Notorious B.I.G. (Notorious) de George Tillman Jr.. 1h55. Sortie : 24/06/2009.
Critique publiée sur Écran Large.

27 juin 2009

FAIS-MOI PLAISIR !

Le style Mouret est-il fait pour durer ? C'est la question qui se pose à l'issue de Fais-moi plaisir !, son sixième long, toujours amusant mais qui semble amorcer une possible érosion chez l'auteur. Chez Mouret, il est encore et toujours question d'un type un peu gauche, régulièrement surpris de séduire de belles femmes, et qui finit par ne plus savoir où donner de la tête. Première approche, rituels amoureux, tromperie ou pas tromperie... Avec un ton tout particulier, quelque part entre Rohmer et le théâtre de boulevard, il pose un regard observateur et délicat sur les mécanismes de la relation homme-femme. Seulement voilà : qui connaît un peu Emmanuel Mouret risque de trouver que l'auteur se répète, et qu'il se fait à la fois moins drôle et moins précis.
On a beaucoup cité Blake Edwards et sa fameuse Party comme référence évidente de la première partie du film. Et c'est un fait : invité - pour ne pas dire parachuté - à la soirée organisée par la fille du président de la république, Jean-Jacques (prénom peu courant pour un héros) multiplie les boulettes et les incivilités involontaires, à la manière du personnage de Peter Sellers. La comparaison tourne court : quand Mouret acteur passe dix minutes avec un morceau de rideau coincé dans la braguette, on comprend que c'est parce que Mouret auteur n'a pas su trouver l'inspiration suffisante pour donner du rythme et du ressort à son film. Heureusement que, comme d'habitude, les actrices sont si charmantes et bien castées, notamment une Deborah François assez surprenante.
La deuxième partie ressemble quant à elle à un film érotique façon M6 (impression renforcée par le titre), mais épuré de toutes ses scènes de cul. Qu'il se retrouve assis sur un lit avec une soubrette penchée sur son entrejambe et une femme de pouvoir qui le masse, ou qu'il se retrouve coincé dans une chambre avec une demi-douzaine de jeunes femmes en nuisette, le héros ne parviendra jamais à conclure, et c'est là le gag récurrent d'un film qui renoue hélas un peu trop avec l'humour un peu foireux des premiers Mouret - dont l'affligeant Promène-toi donc tout nu !. S'il reste çà et là quelques envolées fort amusantes, si la maladresse chronique du personnage a quelque chose de délicieux, c'est tout de même un peu court pour un réalisateur qu'on avait trouvé bien plus en forme dans ses deux précédents films. Coup de mou passager ou nécessité de passer à autre chose ? Seul l'avenir nous le dira. Mais un film qui rend Judith Godrèche supportable ne peut pas être totalement mauvais.




Fais-moi plaisir ! d'Emmanuel Mouret. 1h30. Sortie : 24/06/2009.
Critique publiée sur Écran Large. Autre critique sur Une dernière séance ?.

26 juin 2009

AMERRIKA

C'est a priori un hasard, mais le titre original Amreeka du film de Cherien Dabis est devenu en "français" Amerrika, dont les quatre premières lettres résument bien l'esprit général de l'oeuvre. Le scénario raconte en effet l'arrivée aux États-Unis d'une femme palestinienne et de son fils, qui découvrent rapidement que l'Eldorado n'est pas si doré que cela. Terrible constat pour qui a rêvé des USA pendant des années ; mais la route est suffisamment longue pour leur permettre de trouver leur voie. Voilà un premier film d'une simplicité exquise, pas franchement surprenant dans son traitement, mais exécuté avec une telle sincérité qu'il y a de quoi avoir les larmes aux yeux. Très apprécié à Cannes en mai dernier, Amerrika est un bijou de modestie.
Même s'il ne se dépare jamais d'une certaine bonne humeur, le film de Cherien Dabis manie très souvent l'amertume en démontant efficacement les rouages de ce prétendu paradis social qu'est l'Amérique. Employée de banque en Palestine, Mouna ne trouvera rien de mieux qu'un poste de caissière chez White Castle (le fast food préféré de Harold & Kumar). Venu au lycée pour parfaire son déjà excellent niveau scolaire, Fadi se heurte rapidement à une poignée d'abrutis qui trouvent très spirituel de l'appeler Oussama. En prenant pour héros des personnages intelligents et plus civilisés que bien des américains, Amerrika montre que le préjugé est au coeur de tout, bien plus que de prétendues divergences culturelles. C'est le message, certes pas neuf, d'un film qui s'emploie tout de même à chercher quelques amorces de solutions ou en tout cas à dédramatiser les situations.
Au coeur du film, une actrice, Nisreen Faour, qui pour ses débuts devant la caméra accomplit des merveilles. Parce qu'elle est d'un naturel achevé, parce qu'elle n'a pas tout à fait un physique de rêve et parce que ses grands yeux curieux sont irrésistibles, elle parvient à rendre Amerrika définitivement attachant et assez crédible. Elle est au coeur de toutes les scènes-clés du film, aux ficelles parfois un peu voyantes mais à la fraîcheur toujours renouvelée. La voir expliquer au douanier qu'elle n'a pas de nationalité ou vendre des produits de régime aux clients du fast food n'a pas de prix. C'est notamment pour elle qu'il faut aller voir cette première oeuvre prometteuse qui a détendu la Croisette tout en la faisant réfléchir un peu.




Amerrika (Amreeka) de Cherien Dabis. 1h32. Sortie : 17/06/2009.
Critique publiée sur Écran Large. Autre critique sur Sur la route du cinéma.

Top 5 : Ben Affleck

Cette semaine, Ben Affleck joue les politicards éplorés dans Jeux de pouvoir.



Top 5 des films avec Ben Affleck

01. Méprise multiple (1996)
L'un des premiers Kevin Smith est aussi - et sans doute - le plus drôle de sa filmographie. Avec un ton qui n'appartient qu'à lui, le natif du New Jersey met en scène la confusion des genres et des sentiments qui s'empare d'un jeune type un peu bourrin mais terriblement sensible. Cette vraie comédie est aussi - et surtout ? - un pur film romantique, dont la fin ouverte laisse pantois.




02. Will Hunting (1997)
Un Oscar du scénario à 25 balais ? On n'a sans doute jamais fait mieux. Affleck et son pote Damon ont en effet écrit cette histoire toute simple, ont trouvé un certain Gus van Sant pour la mettre en scène, et ont séduit le monde entier grâce à l'apparente évidence de ce récit initiatique d'un jeune branleur trop doué pour les maths. Au second plan, les frangins Affleck font d'excellents confidents et de parfaits zouaves.



03. Mallrats (Les glandeurs) (1995)
Voilà un film geek méconnu, dans lequel deux grands dadais fraîchement largués vont s'aérer l'esprit au centre commercial (mall). Ils rencontrent des filles, touvent des comics, croisent Stan Lee... Il y a là-dedans l'essence même du cinéma de Smith, qui n'a toujours pas trouvé d'égal question blagues potaches et vannes vulgaires. Et c'est l'occasion de découvrir les frimousses juvéniles de Jason Lee, Jason Mewes, Smith lui-même... et Ben Affleck, 23 ans et déjà l'oeil qui frise.


04. Père et fille (2002)
L'affiche et le titre français ont condamné ce film à l'anonymat ; pourtant, il s'agit du Kevin Smith le plus tendre, histoire d'amour romantique mais truffée de gros mots dans laquelle un jeune veuf se débat entre son job, sa fille et la jolie madame qu'il vient de rencontrer. Étonnamment grossier pour un film mettant en scène une gamine de huit ans, Père et fille est un régal de tous les instants, un bol de chocolat chaud parfumé à l'acide, qui aurait dû valoir de nouveaux fans au réalisateur.


05. Les initiés (2000)
S'il a souvent pris un malin (?) plaisir à aligner les rôles d'endive dans des productions dispensables, Affleck n'a jamais arrêté de soutenir les jeunes cinéastes en les aidant à produire leurs films ou en y acceptant un second rôle. C'était le cas de ces Initiés, histoire excitante (bien qu'un peu longue) d'un apprenti trader qui découvre que les dollars peuvent se compter en millions. On attend toujours que Younger confirme.

25 juin 2009

SHERRYBABY

Difficile de savoir pourquoi Sherrybaby sort en ce mois de juin alors qu'il avait été présenté... à Deauville 2006. Cette sortie s'apparente à un vidage de fond de tiroir de la part du distributeur, mais ce n'est pas une si mauvaise nouvelle que ça. Car le film de Laurie Collyer se révèle relativement intéressant, en particulier pour la prestation de son actrice principale. Comme tout film indépendant qui se respecte, celui-ci raconte la tentative de rédemption d'une (ex-) junkie souhaitant notamment reconquérir sa fille et pouvoir mener une vie tranquille avec elle. Le sujet n'est donc pas foncièrement original, mais bénéficie du traitement plutôt délicat de sa réalisatrice. Même quand Sherry, suite à bien des perturbations, sera tentée de reprendre l'héroïne, Laurie Collyer la filme à distance, sans complaisance, comme un ami qui suivrait cette femme en faisant tout pour qu'elle décroche définitivement.
Sherrybaby est donc un portrait de femme saisissant et souvent émouvant, notamment grâce à l'abattage d'une Maggie Gyllenhaal extrêmement impliquée, jouant sans doute trop sur la corde sensible mais compensant cela par une prestation très physique. Sherry joue de son corps, parce que la prison a créé un manque, mais aussi parce qu'elle est prête à tout pour s'insérer dans la société et convaincre les employeurs de lui trouver un job décent. Se désaper devant son futur patron n'a rien de bien reluisant, mais Sherry s'y prête avec fatalisme. Une fois encore, la réalisatrice évite la putasserie, filmant le corps de l'héroïne sans pudeur mais n'en rajoutant pas gratuitement.
Si son rôle le plus marquant reste celui de la Secrétaire sous l'oeil lubrique et amusé de Steven Shainberg, Maggie Gyllenhaal prouve qu'elle a dispose de tous les atouts pour devenir une reine du drame. Lui reste cependant à affiner son jeu, notamment en évitant d'abuser de ses grands yeux de chien battu. Elle y parvient assez souvent, en particulier lorsque son personnage se met à hauteur de sa fille et tente de retisser un lien maternel bien précaire. Là, s'armant de courage et de patience, Sherry revêt l'apparence d'une femme forte, et c'est assez beau. Lorsqu'elle s'écroule ensuite, le film est un peu moins convaincant, chassant sur les terres du mélo alors que c'était dispensable. Pas tout à fait abouti, Sherrybaby reste cependant un joli petit film indé que les admirateurs de l'actrice ne pourront qu'apprécier.




Sherrybaby de Laurie Collyer. 1h45. Sortie : 24/06/2009.

24 juin 2009

TOY BOY : places et badges à gagner

Réalisé par David Mackenzie (My name is Hallam Foe), Toy Boy (site officiel ici) sortira le 8 juillet prochain. À cette occasion, MK2 vous permet de gagner ici même 10 x 2 places pour aller voir le film en salles, ainsi que 5 badges fille (visuel ici) et 5 badges garçon (visuel ici).
Il suffit pour cela de répondre aux 3 questions ci-dessous et d'envoyer vos réponses à cette adresse (en pensant bien à joindre votre adresse postale) : rob.raison@gmail.com. Les réponses figurent toutes dans la bande-annonce du film :










Question 1
Dans quelle ville se déroule principalement le film ?
A- Los Angeles
B- Miami
C- Denver

Question 2
Quel est le nom du personnage interprété par Anne Heche ?
A- Christina
B- Samantha
C- Heather

Question 3
Selon les critères du héros, à partir de quel nombre de points les femmes lui font-elles confiance ?
A- 25
B- 26
C- 27

Le concours se terminera vendredi 3 juillet à 23 heures, et les gagnants recevront rapidement leurs lots.

VERY BAD TRIP

[ceci n'est PAS un billet sponsorisé]
Parfois inspiré, souvent défaillant Todd Phillips a connu ces dernières années plus de réussite en poker qu'en cinéma. Les inconditionnels du World Poker Tour connaissent sans doute son visage de panda mal réveillé, semblant sortir difficilement d'une gueule de bois permanente et faisant preuve d'une nonchalance masquant étonnamment bien sa détermination. Phillips était donc le réalisateur tout désigné pour réaliser ce Very bad trip, retour de cuite à la fois cool et très futé, se déroulant principalement aux abords de Las Vegas. Le responsable de Back to school et Starsky & Hutch signe une comédie impeccable et désopilante, qui devrait réellement devenir culte dans les années à venir. Une sorte de géniale concrétisation de l'allumé Eh mec ! Elle est où ma caisse ?, qui dépeignait lui aussi un lendemain de beuverie plein de points d'interrogations.
Sauf que Very bad trip - on a connu pire titre "francisé", même si The hangover collait mieux - est de qualité supérieure, dépassant le monument crétin de Danny Lerner avec une aisance folle et une décontraction de tous les instants. D'abord, si le film fonctionne parfaitement, c'est parce qu'il fait figure, du moins dans sa catégorie, d'oeuvre « réaliste ». Entendre par là que les héros ne sont ni des abrutis finis ni des célibataires beaux gosses et roulant sur l'or (enfin pas tous). Le processus d'identification devient alors beaucoup plus simple, tout comme le questionnement qui s'opère lorsque les héros se réveillent après leur soirée plus qu'arrosée. Un tigre dans la salle de bains, un bébé dans le pacard, un marié porté disparu : voici quelques éléments qui suscitent moult interrogations et créent un véritable suspense. Car l'ensemble est un véritable puzzle, aussi délirant que logique, et Very bad trip réussit l'exploit d'être une comédie avec un vrai suspense. Loin d'être décevante, la résolution est en grande partie satisfaisante, et tient parfaitement les promesses du début de film.
On en vient à ce qui constitue évidement le point crucial du film : et alors, c'est drôle ? Oui, mille fois oui. Les situations hilarantes et inattendues s'enchaînent de façon fulgurante, et les acteurs s'en donnent vraiment à coeur joie pour les défendre, saisissant à pleines mains la chance de leur vie. Ils n'étaient pour la plupart pas très connus, en tout cas en Europe ; ils devraient normalement voir leur cote exploser dans les mois à venir. Derrière un Bradley Cooper ne se contentant pas d'être un beau gosse et jouant brillamment le rôle de meneur de la bande, deux révélations absolument stupéfiantes. D'une part, Ed Helms, alias Stu le dentiste castré par sa femme, personnage frustré qui va peu à peu libérer une rage de moins en moins contenue. Le type ordinaire du début finira dans une folie furieuse façon diable de Tasmanie. D'autre part, Zach Galifianakis, improbable mix entre John Goodman et Jeff Bridges, qui donne une nouvelle dimension à l'archétype du gros boulet de service. Il est non seulement exténuant de rire, mais donne un côté pathétique bigrement attachant à cet Alan très encombrant et peu adepte des sous-vêtements, qui s'émerveille comme un gamin de la série de catastrophes se produisant devant lui.
Durant une centaine de minutes, on aime férocement ces trois types, au point d'être au bord des larmes lorsqu'il faut les quitter. Les adieux sont aussi brillants que le reste, voire davantage, bouclant la boucle par un générique de fin absolument anthologique, qui explicite quelques ellipses avec une efficacité comique dévastatrice. On en sort avec une seule et unique envie, celle d'y retourner pour se retaper une bonne barre de rire et apprécier une nouvelle fois l'avènement du génie comique d'un Todd Phillips qui fait preuve ici d'un sens aigu du rythme et d'un vrai talent de composition des plans. Ça faisait longtemps qu'une comédie n'avait pas été aussi belle. Ça faisait longtemps qu'une comédie n'avait pas été aussi drôle. La fête du cinéma devrait sans nulle doute offrir le succès qu'il mérite à ce concentré de vrai rire populaire qui donne envie.




Very bad trip (The hangover) de Todd Phillips. 1h30. Sortie : 24/06/2009.
Autre critique sur Sur la route du cinéma.

23 juin 2009

Jeu-concours JEUX DE POUVOIR : les résultats

Adapté de l'excellente série State of play, Jeux de pouvoir (lire la critique) sort aujourd'hui dans les salles.
C'est le moment des résultats de notre concours :

Les 5 gagnants d'une affiche dédicacée par le réalisateur Kevin Macdonald sont :
Vincent (Lille)
Caroline (Nancy)
Naïra (Val de Reuil)
Murielle (Chamonix)
Florence (Montpellier)

Bravo à tous, et à ce soir pour un nouveau concours.

JEUX DE POUVOIR

Datant de 2003, la mini-série State of play (6 épisodes d'une cinquantaine de minutes) avait fait le bonheur de la BBC et s'était extrêmement bien exportée de par le monde. Pas étonnant qu'Hollywood s'en soit emparé pour en faire un film : il y a tout dans cet univers pour bâtir un thriller politique solide et convaincant. Le problème est toujours le même : comment passer de 5 heures d'une densité absolue à un long-métrage qui n'en fait que 2 ? Là était toute la difficulté, et les scénaristes s'en sont relativement bien sortis. En supprimant quelques rebondissements et révélations, ils parviennent cependant à livrer une adaptation fort respectueuse du matériau d'origine. Quelques ressorts semblent plus schématiques, la tension sexuelle a totalement disparu, mais l'essentiel est là. Sans être particulièrement brillant ou original, Jeux de pouvoir est un divertissement plutôt réussi, qui n'apportera absolument rien aux connaisseurs de la série mais qui séduira sans mal tous les autres.
Qui dit intrigue resserrée dit aussi rythme haletant, le principal atout du film : il y a très peu de temps morts, et de moins en moins, les évènements s'enchaînant à vitesse grand V. Pour sa première expérience dans le genre, Kevin Macdonald se montre plutôt à l'aise, sa mise en scène fluide et agréable à l'oeil étant parfaitement adaptée à ce type de sujet. Cette plongée dans les arcanes du pouvoir peut sembler un rien prévisible, voire déjà vue, mais elle est absolument sans faille et il est très facile de se prendre au jeu. D'autant que les quelques scènes d'action sont d'une indéniable efficacité, avec notamment une fusillade dans un parking montrant que le réalisateur n'a pas deux mains gauches. Paradoxalement, c'est justement ce genre de séquence qui pousse à comparer le film à des modèles du genre comme les fameux Hommes du président, enquête politico-journalistique si passionnante qu'elle n'avait nul besoin de coups de feu pour être haletante. Jeux de pouvoir, lui, peut dire merci à ses morceaux de bravoure, qui semblent casser la légère monotonie qui pourrait rapidement s'y installer.
Le plus ronflant, en fait, c'est le casting. Qu'on fonctionne ou non par comparaison avec la série réalisée par David Yates, la distribution a de quoi laisser dubitatif. Et notamment le choix très discutable de Ben Affleck, bien trop jeune pour ce rôle de vieux briscard de la politique, et dont le manque total d'aisance a quelque chose de prodigieusement agaçant. Russell Crowe en fait des caisses, multipliant les oeillades et les tics pour donner du corps à son personnage (du Russell Crowe, en somme). Pas sûr que le duo Brad Pitt - Edward Norton, prévu au départ, aurait fait beaucoup mieux. Même Jason Bateman en fait trop dans le rôle-clé de l'indic un peu grande folle. Quant aux personnages féminins (notamment Robin Wright Penn et Helen Mirren, qui reprend le rôle de Bill Nighy), ils semblent avoir été sacrifiés sur l'autel du montage. Finalement, seule Rachel McAdams semble avoir trouvé sa place, confirmant que la bad girl de Lolita malgré moi a plus que bien grandi. On l'attend plus qu'impatiemment dans The time traveler's wife, qui devrait sortir cet été.




Jeux de pouvoir (State of play) de Kevin Macdonald. 2h07. Sortie : 24/06/2009.
Autre critique sur Sur la route du cinéma.

22 juin 2009

FAUSTA

Il y a trois films dans Fausta. D'abord le portrait annoncé d'une femme brisée par la mort de sa mère, qui lui a transmis un curieux mal-être (le lait de la douleur, soit en espagnol la teta asustada du titre original) à l'origine d'une peur du viol la poussant à se faire germer une pomme de terre dans le vagin. On a les ceintures de chasteté qu'on peut. Ce conte fantaisiste et inquiet laisse cependant la place à un traitement plus social, puisque Fausta est engagée comme domestique auprès d'une pianiste de renom, l'occasion pour la réalisatrice Claudia Llosa de brosser une énième peinture des soucis engendrés par la différence des classes. Le tout est entrecoupé de séances montrant les préparatifs d'un mariage auquel l'héroïne est conviée : plus chaleureux et coloré, c'est cet univers-là qui séduit le plus par sa tonalité rappelant le Kustu d'antan ou, mieux, le récent Tulpan.
Récompensé par l'Ours d'Or en février dernier, ce film péruvien est pourtant une oeuvre tout à fait modeste et oubliable, dont le postulat pittoresque n'apparaît bien vite que comme une façon d'appâter le chaland. Cette histoire de lait de la douleur (appelé ainsi car il se transmet par le lait maternel) aurait sans doute eu une autre allure dans les mains de cinéastes de renom, de Bunuel à Pasolini. Ici, elle finit par devenir carrément anecdotique, voire par sortir complètement du cadre. Fausta est mal dans sa peau, c'est un fait ; convoquer tout ce folklore pour si peu semble d'une vanité folle.
Fausta se voit avec un ennui poli, la beauté baroque de certaines images venant rompre la torpeur du spectateur à intervalles réguliers. D'amusantes scènes relatant les préparatifs du mariage - et le mariage lui-même - remplissent également ce rôle, faisant oublier à quel point le film passe à côté de son sujet. Et puis il y a Magaly Solier, dont l'étrange beauté et l'apparente timidité maladive font naître une émotion réelle à l'écran. Un peu insuffisant pour rendre Fausta réellement mémorable. La sélection de la Berlinale était-elle si faible que cela cette année ?




Fausta (La teta asustada) de Claudia Llosa. 1h33. Sortie : 17/06/2009.
Critique publiée sur Écran Large. Autre critique sur Tadah ! blog.

TELLEMENT PROCHES

Jouer la carte de l’identification avec le spectateur, lui permettre de faire le lien entre ce qui se trame à l’écran et sa propre vie de famille : tel est le moteur du cinéma du duo Nakache – Toledano, qui s’est spécialisé dans le divertissement familial / sympa / chaleureux (aucune mention inutile). C’est à la fois la force et la limite de ce Tellement proches qui ne manquera pas de nous parler à un moment ou à un autre, mais qui manque parfois aussi de fond ou de liant. On ne va pas faire la fine bouche : voici un film exécuté avec ardeur par deux jeunes mecs qu’on sent absolument désireux de toucher les gens, sans calcul mais avec beaucoup d’intentions. Avec une ambition supplémentaire, à savoir inverser les schémas classiques de la chronique familiale.
Contrairement à bien d’autres films du genre, réussis ou non, Tellement proches débute (ou presque) par le récit d’un dîner en famille réunissant deux sœurs, leur frère, les pièces rapportées et quelques gamins. Ceux-ci sont d’ailleurs en dehors de la norme, puisque décrits soit comme de vrais démons (le petit Lucien fait passer le lapin Duracell pour un grabataire) ou comme des bêtes à concours d’un ennui mortel (pratiquant douze activités, parlant quatre langues mais n’ayant aucune personnalité). Toledano et Nakache ont donc choisi de réunir les personnages avant de les séparer et de les confronter à leurs problèmes individuels, lesquels ne tarderont pas à devenir collectifs. Le léger hic, c’est qu’après ce dîner très réussi, le film peine un peu à retrouver ses marques – sans jamais cesser d’être drôle, notamment grâce à ses comédiens.
Il faut dire qu’ils sont tous bons, d’un Vincent Elbaz toujours épatant en éternel ado (pas loin de devenir un vieux beau) à une Audrey Dana belle et hilarante dans le rôle le plus excessif du lot. Tellement proches ne fait pas toujours dans la dentelle – les scènes avec Jean Benguigui sont assez poussives – mais ne dilapide jamais son capital sympathie grâce à une énergie de tous les instants. On rit franchement, et plus d’une fois, aux mésaventures tendres et cocasses de cette famille agaçante, désespérante même, mais qui ressemble de si près à la nôtre qu’on ne peut que s’y attacher. Plein d’émotion, le final pourtant casse-gueules est extrêmement touchant et donne envie de faire des gosses, de les aimer et de les regarder grandir. Si ce n’est pas la marque d’une réussite…




Tellement proches d'Olivier Nakache & Éric Toledano. 1h42. Sortie : 17/06/2009.
Critique publiée sur Écran Large. Autre critique sur Sur la route du cinéma.

21 juin 2009

WHO'S THAT KNOCKING AT MY DOOR [inédit]

Il est toujours émouvant d'assister à la naissance d'un auteur. Il y a plus de quatre décennies, un type de 25 balais nommé Martin Scorsese faisait ses premières armes derrière une caméra, passant au long après avoir tourné quelques courts et moyens métrages. Inédit dans les salles françaises, Who's that knocking at my door (titré I call first à l'origine) est l'occasion de constater que, contrairement à d'autres cinéastes de sa génération, ce cher Marty n'a guère mis de temps à trouver son style. Religion, brusques montées de violence et petits mecs gominés : toutes les clés du cinéma de Scorsese - en tout cas du Scorsese du vingtième siècle - sont ici réunies dans ce qui est non seulement un document précieux mais aussi un très bon film.
Interprété par Harvey Keitel, le héros est purement scorsesien : aimant fanfaronner avec ses petites frappes de copains, J.R. est bien différent lorsqu'il se retrouve seul, capable de faire preuve de délicatesse avec la gent féminine et d'étaler sa culture sans ambages. Mais J.R., comme plus tard Travis Bickle et les autres, est aussi gouverné par des pulsions machistes et violentes, ce qui le conduit à rejeter celle qu'il aime lorsqu'elle lui raconte le viol dont elle a été victime. Tout est là : l'hypocrisie bondieusarde consistant à considérer la victime comme aussi coupable que son agresseur, la façon de traiter la femme comme un être inférieur et redevable, la fierté typiquement italo-américaine et plus généralement masculine. Scorsese regarde son héros s'enfoncer dans un raisonnement stupide, en spirale, s'éloignant peu à peu de la belle qu'il avait conquis ardemment.
D'une modestie émouvante et d'une vraie violence morale, le film est en plus parfaitement stylisé, compensant un manque certain de moyens par ce qu'on appelle le talent. Aujourd'hui encore, qui mieux que Scorsese peut réussir de longues séquences musicales, où le morceau choisi contraste idéalement avec la gravité de ce qui se passe à l'image ? Qui peut décrire avec fascination l'obsession d'un personnage pour la religion sans tomber dans le prosélytisme, et ce malgré quelques plans franchement gonflés (à la fin, le héros embrasse une croix et se met soudain à cracher du sang) ? Pas grand monde, si ce n'est quelques disciples ayant bien appris leur leçon. Sur un noir et blanc impeccable, qui tire étonnamment vers les couleurs claires plutôt que vers les ténèbres, Scorsese tisse un drame réussi qui, à l'époque, devait sembler prometteur. Les promesses, depuis, ont été plus que tenues, même si le cinéaste ne vit pas actuellement ses meilleures heures.




Who's that knocking at my door (I call first) de Martin Scorsese (1967). 1h45. Sortie : 10/06/2009.
Critique publiée sur Écran Large. Autre critique sur Laterna Magica.

20 juin 2009

TRANSFORMERS 2 - LA REVANCHE

Deux ans après un Transformers déjà beauf et gerbant, Michael Bay remet le couvert avec l'objectif annoncé d'envoyer du lourd, du très lourd, et d'exploiter au maximum des robots qu'il avait tardé à montrer dans le premier film. Promesse tenue : Transformers 2 est un pur carnage, gigantesque amas de tôle froissée qui réjouira sans nul doute les bourrinomanes. Ça commence d'ailleurs très très fort avec ce qui ressemble à s'y méprendre à la bande-annonce du 10.000 de Roland Emmerich. Ou plutôt 17.000, puisque le scénar nous fait remonter 19 millénaires en arrière pour nous montrer la rencontre entre les hommes préhistoriques et les transformers. Dès ce court prologue, dont le ton solennel est parfaitement risible, on comprend que Bay n'a pas augmenté le budget neurones de son film. Celui-ci est parfaitement crétin de bout en bout, mais ce n'est pas une surprise : simplement, il réussit l'exploit de l'être encore plus que le premier volet, qu'on le prenne au premier degré ou pas.
C'est bien simple : dans Transformers 2, tout est décuplé, voire même passé à la moulinette de l'exponentielle. Les gags vulgaires s'enchaînent à vitesse grand V : chiens qui s'enfilent, blagues sur le scrotum, gens qui se pètent la gueule. L'esprit beauf est permanent : outre Megan Fox, plus pute de luxe qu'actrice et qui passe son temps à faire ressortir son popotin au lieu d'essayer de jouer, on pourra également noter quelques splendides saillies de la part d'un John Turturro qu'on ne savait pas si désespéré. Le voir se désaper et dévoiler un string d'une laideur sans nom n'est pas que vulgaire : c'est aussi terriblement gênant pour les amoureux de Barton Fink et autres. Nul doute que le DVD de Transformers 2 sera bientôt offert à tous les abonnés de Tuning magazine et Newlook ; ceux qui préfèrent le cinéma en seront exemptés.
Une fois encore, rien d'étonnant à cela : on ne peut exiger de Michael Bay qu'il nous livre un drame torturé et profond, rempli de thématiques intéressantes. Mais ce qu'il y a d'agaçant, c'est que ce type semble de plus en plus persuadé que pour attirer les gens dans les salles, il faut leur fournir le spectacle le plus gras et excessif qui soit. Son modèle a beau être Steven Spielberg, c'est plutôt à Stephen Sommers ou Jon Turteltaub que l'on pense tant l'ensemble est poussif et mal filmé. Car s'il a le sens de la pyrotechnie, Bay n'a rien d'un grand metteur en scène, ni même d'un réalisateur efficace. La débauche d'effets numériques et de gros robots destructeurs ne peut pas faire oublier le montage calamiteux, et le caractère illisible de l'ensemble. La plupart du temps, on ne comprend rien aux scènes d'action tant tout semble se limiter à des coups dans la gueule et plein d'explosions. Que Bay s'amuse comme un gosse avec des joujoux, c'est une chose ; avec un tel budget, il, pourrait au moins tenter de nous en faire profiter un peu.
De fait, le film est une purge absolue, puisqu'entre deux moments bien navrants (à cause de l'humour ou de longs dialogues se voulant sérieux mais totalement creux), les scènes d'action viennent vriller la tête du pauvre spectateur au lieu de lui réjouir la rétine. Les trois derniers quarts d'heure sont particulièrement pénibles : dans son désir de surenchère, Michael Bay a brodé un combat titanesque entre Decepticons et Autobots, mais on n'y entrave que dalle. On sort de ce gigantesque jeu de massacre avec les yeux abimés, les tympans percés et le nez qui saigne, et ces dommages physiques ne sont absolument pas compensés par la moindre once de plaisir. Hystérique sur tous les plans, Transformers 2 est pourtant d'un ennui mortel, prouvant que même réussir un film outrancier n'est pas à la portée de tout le monde. Avec The island, on pensait Michael Bay assagi, ou en tout cas prêt à se tourner peu à peu vers des films un peu moins cons. Ce n'est vraisemblablement pas le cas : pire, il semble se muer en une sorte de Jean-Marie Bigard du blockbuster américain, prêt à toutes les outrances pour essayer de faire réagir, mais finalement si consensuel et ennuyeux qu'il ne peut que faire de la peine.




Transformers 2 - la revanche (Transformers : revenge of the fallen) de Michael Bay. 2h31. Sortie : 24/06/2009.
Autre critique sur Une dernière séance ?.

19 juin 2009

SOUL POWER

Dans son documentaire When we were kings, Leon Gast décrivait les coulisses du célèbre combat Muhammad Ali - George Foreman, organisé à Kinshasa par Don King en 1974. C'est au tour de Jeffrey Levy-Hinte de s'intéresser à cette période, en décrivant cette fois le festival musical qui servit de prélude à cet affrontement au sommet. Constitué uniquement d'images d'archives, Soul power montre la préparation et le déroulement de ces trois jours qui mirent du baume au coeur des zaïrois et offrirent une publicité de rêve au promoteur. James Brown, Miriam Makeba, BB King, Bill Withers : la crème de la crème est là, prête à illuminer la ville sur quelques heures.
On va voir Soul power pour ses morceaux de musique et l'énergie déployée par ces fabuleux showmen. À chacun son petit moment de grâce : même si parfois coupées aux extrémités, les chansons sont l'atout numéro 1 du doc et donnent envie d'aller faire une razzia chez le disquaire. De ce point de vue, c'est assez réussi, même s'il y a de quoi faire la moue niveau quantité. Car le réalisateur passe beaucoup trop de temps à montrer les préparatifs du concert, ce qui aurait pu être intéressant s'il y avait eu un point de vue, des anecdotes à relater ou la mise en place du soul spirit. Mais non : contraint d'observer les techniciens mettre la scène en place, on trépigne en attendant impatiemment que le concert débute.
Soul power donne en fait l'impression que son réalisateur ne disposait pas d'assez d'images intéressantes pour faire un long-métrage, et qu'il a donc dû meubler pour tenter de faire illusion. S'il n'y avait la musique, on s'ennuierait ferme devant ce doc, d'autant qu'il n'en ressort quasiment rien sur le fond. Ce concert de Kinshasa est décrit comme n'importe quel autre festival aurait dû l'être, à ceci près que le public zaïrois entre dans une sorte de transe assez fascinante. Ce petit document historique n'a cependant rien d'ultime, et on reverra plutôt When we were kings pour se replonger dans cette année 74 qui déchaîna les passions.




Soul power de Jeffrey Levy-Hinte. 1h33. Sortie : 10/06/2009.
Critique publiée sur Écran Large.

JEUX DE POUVOIR : affiches dédicacées à gagner

En attendant ma critique (c'est pour mardi) et la sortie du film mercredi 24, voici un petit concours concernant le film Jeux de pouvoir (site officiel ici), adaptation par Kevin Macdonald de la série State of play. À gagner : 5 affiches dédicacées par le réalisateur et offertes par Studiocanal.
Il suffit pour cela de répondre aux 3 questions ci-dessous et de les envoyer à cette adresse (en pensant bien à joindre votre adresse postale) : rob.raison@gmail.com.




Synopsis du film : Stephen Collins est membre du Congrès américain et préside le comité qui supervise les dépenses de la Défense. Ambitieux, il incarne l'avenir de son parti et pourrait bien devenir un des leaders du pays. Lorsque sa jeune assistante est tuée dans des circonstances mystérieuses, certains secrets font surface...
Cal McAffrey, journaliste chevronné et ami de longue date de Collins, est chargé par sa rédactrice en chef, d'enquêter sur l'affaire. Avec une jeune journaliste, Della Frye, McAffrey tente de découvrir l'identité du meurtrier. Il ignore qu'il s'attaque à un complot qui menace les structures mêmes du pouvoir. Lorsque des milliards sont en jeu, tout le monde devient suspect...




Question 1
Dans le film, quel acteur reprend le rôle tenu par David Morrissey dans la série ?
A- Russell Crowe
B- Jason Bateman
C- Ben Affleck

Question 2
Quel film réalisé par Kevin Macdonald valut un Oscar à Forest Whitaker ?
A- La mort suspendue
B- Le dernier roi d'Écosse
C- Mon meilleur ennemi

Question 3
Qui est le réalisateur de la série State of play ?
A- Ryan Murphy
B- David Yates
C- David Spade

Le concours se terminera mardi 23 juin à 23 heures, et les gagnants recevront rapidement leurs affiches dédicacées.

Top 5 : Vincent Elbaz

Cette semaine, Vincent Elbaz drague la baby-sitter (et on le comprend) dans Tellement proches.



Top 5 des films avec Vincent Elbaz

01. LLe parfum de la dame en noir (2005)
Le cocktail Bruno Podalydès - Gaston Leroux fonctionne à plein régime dans cette deuxième aventure de Rouletabille qui, sans sacrifier les intrigues tordues du romancier, est pleinement axée sur l'anecdote et la fantaisie. Au coeur de cette galerie de personnages illuminés et souvent empreint sde poésie, le prince Galitch interprété par Vincent Elbaz est sans doute le plus fêlé. Un spectacle réjouissant, remède intelligent contre la médiocrité ambiante.


02. Embrassez qui vous voudrez (2002)
Jean-Claude Dusse a bien grandi : pour son quatrième film, Michel Blanc confirme qu'il est non seulement un auteur brillant mais aussi un metteur en scène de choix. Adaptant le pavé de Joseph Connolly, il livre un film choral vif et alerte, mais surtout terriblement vachard, qui met le doigt avec précision sur nos petites blessures quotidiennes (et surtout estivales). Le casting est énorme et parfait.



03. Le péril jeune (1995)
Quinze ans après sa diffusion télé et sa sortie ciné, Le péril jeune est devenu une vraie oeuvre culte, peu ambitieuse il est vrai, mais trouvant le ton juste pour décrire l'adolescence rebelle et potache de quelques garçons pleins d'avenir. Bourré de scènes mémorables et de répliques inoubliables, il atteint aussi des sommets de mélancolie lorsqu'il s'agit d'évoquer le décès prématuré de leur pote Tomasi. Dans le rôle de Chabert, le plus gamin de la bande, Vincent Elbaz se révèle.


04. Petits désordres amoureux (1998)
Pour Olivier Péray, ce petit film méconnu est malheureusement resté sans suite. Petits désordes amoureux est pourtant un marivaudage assez délicieux et terriblement moderne, une odyssée de la drague terriblement cynique mais pas dépourvue de romantisme. Le duo Elbaz - Putzulu fonctionne à plein régime et nous fait même gober le dénouement un rien tiré par les cheveux - voire complètement inutile - qui ne gâche finalement pas le plaisir.


05. Grève party (1998)
Avant de faire Camping, Disco, Barbecue, Tuning et Raclette, Fabien Onteniente avait commencé sa carrière autrement qu'en étirant à l'envi de minuscules pitchs. Témoin ce Grève party formellement assez laid, mais qui témoigne d'une belle envie d'en découdre avec les vilains exploitants et dépeint la beauté des journées de grève, où le système semble éteint. Utopique et naïf, voilà un film ô combien sympathique, soufflant un vent d'espoir et bénéficiant d'un casting bourré de mecs qu'on aime bien.

18 juin 2009

CE CHER MOIS D'AOÛT

C'est souvent une bonne nouvelle : Ce cher mois d'août n'est ni résumable en moins de 50 mots, ni classifiable dans un genre ou un autre. Le deuxième film du portugais Miguel Gomes est un curieux entrelacs de documentaire, de drame, de farce et de mise en abyme, puisqu'on y décrit à la fois le mois d'août d'un village assez ordinaire qui vit au rythme des fanfares et autres chanteurs de bal, la relation ambiguë qui unit un musicien, sa fille et son neveu, et les galères - inventées - du réalisateur lui-même, ou plutôt de son double, qui semble tout faire sauf tourner ce qui figure dans le scénario validé par la production. Tout cela se mélange dans un tourbillon aussi simple que dévastateur, au rythme des chansons populaires entonnées par quelques stars locales. Et tout trouve une étrange cohérence, Gomes ayant suffisamment de talent pour ne jamais donner l'impression d'avoir le cul entre deux chaises ou plus.
Il est possible d'être un peu paumé au début, de ne pas bien comprendre ce qui se trame à l'écran, de ne pas parvenir à répondre au basique « fiction ou réalité ? ». Mais, pour peu qu'on se laisse prendre au rythme languide mené par un Gomes sûr de son fait, ces questions sont bien vite effacées par un amusement permanent et une vraie fascination pour le curieux objet qui se construit devant nous. Il y a le caractère pittoresque de ce village que rien ou presque ne différencie des autres ; il y a la menace latente constituée par les feux de forêt ; et il y a ce type agaçant, double du cinéaste (et interprété par lui-même), qui n'en fait qu'à sa tête et s'interroge à demi-mots sur la nature de sa mission créatrice. Ce cocktail foisonnant est follement ludique et souvent excitant.
Tout serait parfait si Gomes n'avait tendance à diluer un peu trop l'essence de son film dans d'interminables captations de concerts. C'est le premier défaut du film, qui n'avait guère besoin de nous infliger une dizaine de chansons souvent mielleuses. En tranchant dans ces séquences, le film aurait pu être plus court et percutant ; en l'état, ses deux heures et demie paraissent manquer parfois de souffle alors que quelques coupes auraient facilement pu être effectuées. L'autre souci de Ce cher mois d'août (titre inspiré par l'une des chansons, justement), c'est qu'en fin de course il s'oriente un peu trop vers l'histoire dramatique du triangle incestueux et laisse un peu le reste en route. Comme si le cinéaste n'assumait pas totalement le côté "bordel organisé" des deux premières heures. Des réserves qui ne valent pas grand chose face à la passionnante proposition de cinéma que constitue ce film, qui place Miguel Gomes à hauteur des grands metteurs en scène portugais que sont João Pedro Rodrigues et João César Monteiro.




Ce cher mois d'août (Aquele querido mês de agosto) de Miguel Gomes. 2h30. Sortie : 17/06/2009.
Critique publiée sur Écran Large. Autre critique sur Le cahier critique.

17 juin 2009

SMART PEOPLE

Heureux les simples d'esprit ? Peut-être. Tout le contraire des héros de Smart people, aussi intelligents que le titre le laisse supposer, mais infoutus de se faire une place douillette dans ce monde trop douloureux pour eux. Pour son premier long, Noam Murro (qui avait eu la bonne idée de planter Le cercle 2 à quelques jours du tournage) s'intéresse à ces gens trop conscients de la réalité qui les entoure et trop réfléchis pour être naturels. Les mots d'amours sont remplacés par des sarcasmes, tout sentiment plus intense que la moyenne est masqué par une bonne dose de cynisme, et les retrouvailles en famille se limitent à un échange de petites vacheries désabusées et à un concours d'étalage de culture. D'où un film totalement inconfortable et même souvent crispant, puisque la plupart de ses personnages sont totalement insupportables.
Smart people constitue donc un pari ô combien osé : faire rire (ou au moins sourire) avec à disposition une poignée de personnages agaçants et dépressifs. Même s'il en rebutera plus d'un, le film réussit plutôt bien son coup, notamment grâce à un casting bien fourni. Dans une version mélancolique de son génial personnage de Sideways, Thomas Haden Church est la bouffée d'air frais du film ; Dennis Quaid n'en finit plus de (bien) jouer les quinquas qui vieillissent mal ; quant à Ellen Page, elle exploite à merveille sa frimousse sur laquelle semble être écrit « je suis intelligente et je vous emmerde » qui faisait déjà tout le sel de Juno. Exécuté avec professionnalisme (façon de dire que la réalisation est très carrée et très sage), le film bénéficie en outre d'une excellente bande originale qui accentue le spleen général planant au-dessus de lui.
Même s'il manque de ressort et semble parfois avoir abusé du Lexomil, Smart people ressemble à une version indé et moins foldingue du Wonder boys de Curtis Hanson. Les deux films partagent quelques grands thèmes, dont l'idée que la après-création est une souffrance terrible et que l'excès de neurone nuit sérieusement au bien-être. Leurs titres interchangeables mettent en lumière l'étrange cousinage qui les relie, et le rêve de tout fan des deux films serait d'en découvrir la suite commune, mettant aux prises Grady Tripp (Michael Douglas chez Curtis Hanson) et Laurence Wetherhold (Dennis Quaid chez Murro). On peut toujours rêver.




Smart people de Noam Murro. 1h31. Sortie : 17/06/2009.
Autre critique sur Tadah ! blog.

LASCARS : le jeu-concours



À l'occasion de la sortie des Lascars ce mercredi (lire ma critique ici), voici un nouveau jeu-concours destiné à vous faire gagner 10 lots de 2 places de cinéma pour aller voir le film, ainsi que 5 coffrets DVD contenant les 2 saisons de la série qui a inspiré le film d'Albert Pereira-Lazaro et Emmanuel Klotz.
Il suffit pour cela de répondre à la question suivante et de l'envoyer à cette adresse avec votre adresse postale : rob.raison@gmail.com.

Dans quelle ville se déroule l'action du film ?

La réponse est notamment disponible sur le site officiel du film. Le concours se terminera mardi 23 juin à 23 heures, et les gagnants recevront rapidement leurs lots.

16 juin 2009

LASCARS

Avant même l'avènement du téléchargement (illégal ou non), les épisodes de la série Lascars furent parmi les premiers à s'échanger sur support numérique et sous le manteau. Je vous parle d'un temps que les moins de 30 ans ne peuvent que connaître : difficile pour qui n'a pas vécu son adolescence reclus et solitaire d'avoir échappé aux fameux Baston de regard ou La drogue c'est de la merde. Toute la jeunesse pouvait se reconnaître dans ce programme court d'animation, qui même s'il décrivait principalement la vie d'habitants d'une cité, évitait toute ghettoïsation en s'intéressant avant tout aux étapes importantes et inévitables de la vie d'ado (surtout mâle). Vocabulaire, attitudes, aspirations : rien n'était laissé au hasard.
Des années plus tard, Lascars le film est emprunt de la même modernité (réactualisée) et de la même envie de montrer le djeunz tel qu'il est - c'est-à-dire souvent médiocre et irresponsable - mais aussi de lui rendre hommage. Échappant à toute diabolisation mais ne versant pas non plus dans l'angélisme, Lascars est avant tout une bonne tranche de rigolade, une aventure rythmée et emballante dans laquelle chacun pourra trouver son compte. Très street, l'esthétique est particulièrement réussie, piochant dans les atouts de la 3D tout en respectant parfaitement les origines de la série, à savoir une 2D modeste, étrangement colorée, simple et efficace afin de privilégier gags et situations. C'est très réussi : on ne perd pas son temps à s'ébahir - et il y aurait de quoi - car le style n'est pas la finalité du film.
S'il demeure quelques réminiscences de la série, Lascars bénéficie d'un scénario original et bien construit, qui a le mérite de ne pas reprendre les bonnes vieilles recettes des meilleurs épisodes. Ce n'est pas une succession de sketches, mais un vrai long-métrage, avec une histoire qui tient la route et une construction façon film choral où tous les personnages finissent par se retrouver à la fin. Un final totalement décoiffant, qui clôt l'ensemble sur une note totalement enthousiasmante. Tout ce qui précède était déjà très emballant, malgré quelques légères baisses de rythme : bénéficiant d'identités vocales fortes (le doublage est globalement excellent), les personnages sont attachants, faciles à cerner sans être trop schématiques, et surtout d'une drôlerie à toute épreuve. Bons mots façon banlieue - mieux vaut connaître quelques rudiments de verlan et d'argot - et situations cocasses sont à la base de ce divertissement formidable, qui prouve que l'animation française et l'humour de banlieue ne sont pas des gros mots. Condé-sur-Ginette, cent minutes d'arrêt.




Lascars d'Albert Pereira-Lazaro & Manu Klotz. 1h36. Sortie : 17/06/2009.
Autre critique sur Sur la route du cinéma.

DANCING GIRLS

Après Save the last dance, Sexy dance 1 & 2 et dix tonnes d'autres films de danse, voici donc Dancing girls. L'originalité du film de Darren Grant, c'est... c'est... hum. Allez, soyons francs : Dancing girls ne possède aucune vraie singularité pouvant le distinguer de la masse. Pour s'en souvenir dans quelques années, on pourra néanmoins le désigner comme le remake sexy de Coyote girls. Mais si, mais si, ce film où une pauvre campagnarde (ah, Piper Perabo) débarquait en ville pour se retrouver bientôt à se trémousser sur le comptoir d'un bar afin de faire vendre plus de picole.
Exit Piper Perabo, bonjour Mary Elizabeth Winstead : après avoir magnifiquement porté la jupette dans Boulevard de la mort et donné des envies de meurtre dans Die hard 4, la revoici au top de sa forme (physique). Dans la peau de la comptable (hum) du garage familial partie de son Indiana natal pour tenter d'intégrer une grande école de danse, elle est absolument parfaite, sa petite bouille candide et ses yeux coquins en faisant un monument de fausse innocence. Recalée comme une merde, elle fera un détour par un cabaret où les femmes sont plus ou moins considérées comme de la viande, mais où le girl power qui anime l'équipe a quelque chose de terriblement exaltant. Avant de pouvoir enfin réaliser son rêve, elle y apprendra tout ce qu'elle ignorait sur la danse, et rencontrera même l'amour, en la personne d'un type ultra fade - non, pas de jalousie qui tienne.
Dancing girls est donc un film cousu de fil blanc, et c'est presque ce qui en fait le sel : on se vautre avec délice dans cet univers confortable et attirant, plein de jolies demoiselles dansant mieux que Mia Frye. Dynamique, souvent rigolo, toujours bien exécuté (notamment dans ses délectables scènes dansées), le film de Darren Grant est la récréation idéale, un pur plaisir primaire pour qui aime les jolies pépées, la danse qui ne se prend pas au sérieux, la comptabilité et la positive attitude.




Dancing girls (Make it happen) de Darren Grant. 1h29. Sortie : 10/06/2009.
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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