14 nov. 2009

2012 : comment exploiter la fin du monde

La fin du monde n'est pas pour demain, mais pour dans un peu plus de 3 ans. À l'image de Roland Emmerich pour 2012 (critique ici), quelques réalisateurs opportunistes et prévoyants ont décidé de s'y prendre à l'avance et de nous raconter dès maintenant à quel point tout cela va être apocalyptique. Petite revue de détails.

2012 de Roland Emmerich
Si sa sortie a entraîné un raz-de-marée dans les salles, 2012 est pourtant une relative déception pour qui espérait un minimum qu'Emmerich se sorte les doigts et aille enfin au bout de ses envies de destruction. Mais non : obnubilé par le respect des schémas familiaux (le beau-père mourra héroïquement, laissant le père biologique reprendre sa place), Roro accorde davantage d'importance à l'incontinence de la fille cadette qu'à l'imminence de l'Armageddon. D'où une coquille vide rigolote, bien foutue, mais sans réalisme ni épaisseur. De quoi donner envie d'aller fournir ailleurs, où la fin du monde est plus verte.





2012 - Terre brûlée de Tony Tilse
Waow, un autre film avec 2012 dans le titre. Trop forts ces Australiens. 2012 - Terre brûlée débute par une série d'incendies ravageant les forêts australiennes, au grand désarroi d'une journaliste et d'un beau pompier grisonnant. On en tremble. Puis on en baille : après une heure de film, le seul signe annonciateur de la fin du monde est toujours ce fichu feu. Un bref coup d'oeil sur le dos du DVD, et on comprend mieux : à la base, 2012 - Terre brûlée se nomme Scorchedcalciné »), ce qui donna d'abord Au coeur de la fournaise en français. Un pur (télé)film d'incendie, en fait, opportunément rebaptisé par des distributeurs farceurs. « Le cataclysme est proche », annonce la jaquette. L'ennui, lui, est déjà là depuis longtemps. La forêt n'en finit pas de brûler, mais on s'en cogne, trop déçu à l'idée que la fin du monde n'aura pas lieu.




2012 - Doomsday de Nick Everhart
Alors ça c'est un titre : 2012 - Doomsday annonce la couleur et nous promet le jugement dernier, un vrai, un tatoué. Sauf que celui-ci n'est pas annoncé par les Mayas, mais par l'Évangile. Tiens donc ? En plus, l'héroïne est une sorte de Bernadette Soubirous new age, poussée par une force obscure à se rendre au Mexique. Elle y découvrira que la fin du monde est en effet imminente - ce que confirment quelques scènes-catastrophes assez bien fichues -, mais que le salut de l'humanité passe par la sauvegarde d'un crucifix faisant ici office de graal. Un simple coup d'oeil au boîtier du DVD aurait permis de découvrir que 2012 - Doomsday est produit par Faith Films et est décrit comme une gigantesque « épopée chrétienne ». Rassurez-vous, à la fin, le crucifix est sauvé et le monde aussi.



Bref, même si la fin du monde arrive dans 1132 jours environ, le film ultime sur le sujet n'a visiblement pas encore vu le jour.



2012. Durée : 2h38. Sortie : 11/11/2009.
2012 - Terre brûlée. Durée : 1h32. Disponible en DVD Zone 1.
2012 - Doomsday. Durée : 1h59. Disponible en DVD Zone 1.

1 commentaire sur “2012 : comment exploiter la fin du monde”

SysTooL a dit…

Par pur esprit de dérision, j'ai davantage envie de voir les 2 derniers que celui d'Emmerich... :-)

SysT

 
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