13 oct. 2009

ROMAN POLANSKI : WANTED AND DESIRED

Rappel d'un fait d'actualité ayant pu échapper à nos amis les ermites : fin septembre, le cinéaste Roman Polanski était arrêté à Zurich par la police suisse, car toujours sous le coup d'un mandat d'arrêt américain datant de 1978. Depuis, le débat fait rage : à l'époque, Polanski a-t-il eu raison de fuir une justice américaine dont il conteste aujourd'hui encore l'impartialité ? Doit-il être jugé pour des faits ayant eu lieu il y a plus de 30 ans ? Aurions-nous le même point de vue sur la situation s'il ne s'agissait pas d'un artiste aussi connu et reconnu ? Et, finalement, nous poserions-nous toutes ces questions s'il s'agissait de monsieur tout-le-monde ? Difficile d'apporter une réponse incontestable ; pour échapper à un débat interminable, où chaque partie rabâche encore et encore les mêmes arguments dans le seul but d'épuiser l'autre, mieux vaut encore se réfugier dans le cinéma. Sorti le 31 décembre dernier, Roman Polanski : wanted and desired s'intéresse précisément à l'affaire, ainsi qu'au reste des évènements sordides ayant ponctué l'existence de cet homme dont la vie est un Roman.
Ce qui frappe d'abord dans le doc de Marina Zenovich, c'est qu'il montre que le traitement de l'information n'a finalement pas changé d'un pouce. Cette affaire Polanski-là était du pain bénit pour les rédactions, comme elle l'est à nouveau aujourd'hui. Chaque jour de nouveaux éléments, de nouvelles opinions, de nouvelles façons de considérer la situation. Certains journalistes, dont l'un est interrogé dans le film, passèrent des mois à ne traiter que ce seul cas, tant il semblait fasciner l'opinion publique et monopoliser l'attention des consommateurs d'informations. Autre similarité troublante : il y a 30 ans déjà, l'Europe et l'Amérique s'opposaient très largement sur le personnage Polanski. Sur le vieux continent, les journaux parlent d'un cinéaste brillant, ayant su dépasser ses drames personnels (l'Holocauste, la souffrance maternelle) pour se bâtir en tant qu'homme et artiste. La presse US décrit quand à elle un gnome à l'air louche et à l'étrange accent, débarquant d'un pays communiste. Le parfait pervers en somme, symbole de tout ce que réprouve l'Amérique.
Zenovich ne prend pas parti mais étudie chaque élément avec précision. Le portrait qu'elle dresse du juge Rittenband, établissant qu'il a fait des pieds et des mains pour obtenir le dossier afin de se faire un coup de pub, est édifiant. Ayant déjà géré le divorce d'Elvis Presley, et d'autres affaires concernant notamment Cary Grant et Marlon Brando, Rittenband se considérait comme le juge des stars, toujours prêt à faire parler de lui. Plus discutable est la description faite de la mère de la jeune Samantha Gaimer, décrite comme en partie responsable de ce qui arriva ensuite. Certes, peu de mères accepteraient que leur fille pose nue dans un jacuzzi pour un photographe ; pour autant, cela ne constitue en rien un feu vert pour une relation sexuelle - forcée ou non - avec l'homme en question.
Le film reste ouvert sur la question de la fuite de Polanski vers la France, motivant à la fois ce choix - même la présumée victime affirme que le juge n'était qu'un showman se moquant bien des protagonistes de l'affaire - mais ne semblant pas l'approuver. Une centaine de minutes de film qui n'apporte finalement aucune réponse et n'aborde pas de piste de réflexion réellement originale. Wanted and desired apparaît finalement comme un excellent résumé des affaires Polanski, et guère plus. Marina Zenovich, qui a étudié le dossier à fond et visionné des dizaines d'heures d'images pour en tirer ce doc, a visiblement souhaité rester neutre. À moins que le sujet, même maîtrisé à 100%, ne permette pas de conclure... Le cinéaste polonais n'est pas prêt d'arrêter de faire parler de lui.




Roman Polanski : wanted and desired de Marina Zenovich. 1h39. Sortie : 31/12/2008.

1 commentaire sur “ROMAN POLANSKI : WANTED AND DESIRED”

Pascale a dit…

Cette sale affaire n'empêchera pas que certains de ses films sont pas loin du chef d'oeuvre.

Il est à noter que dans l'affaire, la "plaignante" et victime a retiré sa plainte et ne souhaite plus entendre parler de cette histoire.

Que dire des parents qui envoient leur petite fille faire des photos nues ?

Il n'en demeure pas moins qu'à 13 ans on est un enfant, alors PAS TOUCHE ! C'est une aberration, un crime.

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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