4 oct. 2009

MARY ET MAX.

Un récit épistolaire. D'animation. En noir et blanc. Bin voyons. L'idée même de Mary et Max. a de quoi faire trembler, tout cela pouvant sentir le film original à tout prix, quitte à se détourner de son ambition artistique de départ. Il faut à peu près dix secondes au réalisateur Adam Elliot pour dissiper ces doutes, administrant dès l'introduction une dose d'humour noir capable de tuer un cheval. Non seulement Mary et Max. est en noir et blanc, mais c'est de plus une oeuvre extrêmement sombre, capable de provoquer l'hilarité collective sans prévenir, mais laissant au final un arrière-goût de dépression. Ce film d'animation n'est pas conçu pour les enfants, c'est un fait. Il pourra les amuser par son inventivité visuelle, mais ils n'en saisiront pas la finesse de l'humour, la délicatesse du trait, la puissance absurde. Pour cela, il faudra manger de la soupe et attendre que les années fassent leur oeuvre.
Sur tous les plans, Adam Elliot fait preuve d'une ambition absolument faramineuse. Une grande partie du scénario se résume donc à un échange de lettres, par le biais desquelles un quadra solitaire et une gamine solitaire itou vont apprendre à se connaître en se racontant mille détails et anecdotes sur leurs existences respectives. Le tout est principalement conté en voix off, si bien que le nombre de dialogues est absolument ridicule. Mary et Max. fonctionne principalement par vignettes, en tout cas au début, et c'est sans doute ce qui le rend si drôle et désespéré à la fois. Pour se rendre intéressants et parvenir à garder enfin un ami, les deux protagonistes se livrent à travers une série d'historiettes courtes et variées donnant une idée de leur dimension pathétique et désespérée. Forcément, cela pousse le récit à partir dans mille directions et le rend totalement inattendu.
Esthétiquement, l'ensemble est parfaitement imparfait, et c'est juste jouissif ; mieux, Elliot ne se satisfait pas de sa technique irréprochable mais parvient à mettre au point une véritable mise en scène de cinéma, là où trop de films d'animation se contentent encore d'aligner les plans fixes ou de bouger la caméra juste pour faire moderne. Un noir et blanc délicieux donne une patine vraiment inédite à une oeuvre que l'on peut difficilement comparer à d'autres.
Mais comme personne n'est parfait, Mary et Max. perd un peu en intensité dans sa dernière demi-heure. Faisant sortir la narration du cadre épistolaire afin d'éviter la routine, il se fait alors plus classique dans sa construction, plus attendu par endroits, mais reste cependant de qualité supérieure jusqu'à sa conclusion. Celle-ci évite toute morale ronflante et persiste et signe dans cette noirceur désespérante et jubilatoire à la fois. On en ressort avec l'envie de se taper un bon hot-dog au chocolat ou une boîte de lait concentré sucré, histoire de communier une dernière fois avec des anti-héros qu'on n'oubliera pas de sitôt.




Mary et Max. d'Adam Elliot. 1h32. Sortie : 30/09/2009.
Autre critique sur Sur la route du cinéma.

3 commentaires sur “MARY ET MAX.”

Pascale a dit…

Comment un film aussi désespéré peut-il faire autant de bien ???
Eliott est un magicien, dépressif sûrement, mais ça n'empêche rien !

P.S : enfants s'abstenir absolument.

Pascale a dit…

Hein ? comment c'est possible ???

Bon va voir le court chez la Fredo. C'est beau. Avec le cousin de Max qui lui ressemble comme un frère.

Fred a dit…

Encore un film que je suis allé voir grâce à toi, et une nouvelle fois je suis pas déçu.

 
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