6 oct. 2009

LE PETIT NICOLAS

Mais où est donc passé Vomito ? C'est la principale interrogation qui subsiste à l'issue de la projection de Titeuf, première adaptation de la célébrissime bande dessinée de Zep, l'histoire d'une bande de gamins (le gros, le binoclard...) dont le leader est effrayé à l'idée d'avoir un petit frère.
Pouf pouf (© Desproges). On me souffle dans l'oreillette qu'il ne s'agirait pas de l'adaptation des aventures de Titeuf, mais de celles du petit Nicolas, héros créé par René Goscinny et Jean-Jacques Sempé il y a pile un demi-siècle. La confusion n'est pas surprenante : sous la plume de Laurent Tirard et Grégoire Vigneron (aidés par Alain Chabat pour les dialogues), les caractéristiques de ce héros en culottes courtes ont été gommées à l'excès et son univers javelisé, pour donner un film pour enfants aussi bien exécuté que gentiment ennuyeux.
La différence de ressenti est facilement descriptible. Qui lit n'importe quelle aventure du petit Nicolas, pour la première ou la millième fois, est aussitôt enveloppé par une délicieuse impression de nostalgie délicate, agrémentée d'anecdotes croustillantes et d'un humour délicieux, sans cesse rehaussé par le style simple et ciselé de Goscinny. Le résultat est sensiblement identique que le sujet étudié soit un gamin de six ans ou un quinqua en costard. Le film, en revanche, tente tellement la carte du cinéma populaire qu'il finit au contraire par scinder le public en deux : d'un côté les mioches, gentiment amusés par toute une série de gags - qui sont cependant bien loin de tous fonctionner -, de l'autre les adultes, qui tentent de ne pas trop bailler et imaginent qu'ils auraient peut-être trouvé ça drôle étant gamins. Exit le côté fédérateur : ultra balisés, les gags ne sont à aucun moment transcendés par la mise en scène, et provoquent au mieux un certain attendrissement.
Il y a heureusement une galerie de personnages très sympathiques, aux caractéristiques pas aussi prononcées que sur papier, mais dont les frasques peuvent prêter à sourire. Un grand merci à Agnan, l'intello du groupe, avec ses fayotages répétés, et à Clotaire, le cancre rêveur, qui finit par s'auto-punir tant il se sait à côté de la plaque. En revanche, le jeune Maxime Godart campe un Nicolas bien fade ; comme souvent dans ce genre de comédie, le héros est le personnage le moins intéressant du lot, servant à aiguiller l'intrigue au lieu d'alimenter les ressorts comiques. Sûr qu'à la place, Titeuf aurait été beaucoup plus marrant. Sûr aussi que l'univers de Zep aurait sonné moins vieille France (le clin d'oeil aux Choristes est en cela édifiant). Les légers sourires des jeunes spectateurs, qui sortent visiblement amusés de ce film, ne feront pas oublier la relatif ratage d'une adaptation qui était peut-être mission impossible.




Le petit Nicolas de Laurent Tirard. 1h30. Sortie : 30/09/2009.

4 commentaires sur “LE PETIT NICOLAS”

Rom_J a dit…

Il y a une autre façon de voir ce film, je trouve. Le film de rentrée de l'année dernière était Faubourg 36, alors voyons le bon côté des choses : si on n'a pas échappé aux grimaces de Kad et à un gamin inexpressif dans le rôle principal, au moins Jugnot se contente d'un Cameo et on a quelques enfants très bien castés (Clotaire et Agnan, comme tu le soulignes).

Une adaptation du petit Nicolas sera forcément mauvaise. Je suis sorti de la salle soulagé d'avoir échappé au pire, j'ai donc tendance à être indulgent avec le film de Laurent Tirard, et ce malgré le fait que le plus mauvais des enfants s'appelle Virgile Tirard.

Hyacinthe a dit…

Après, est-ce qu'on aime une adaptation parce qu'on a "échappé au pire", ou car "au moins, c'est mieux que ce qu'on a eu l'an dernier" ? Je ne suis pas sûr.

Rom_J a dit…

Certes, l'erreur était de se déplacer. Mais une fois qu'un a vu le film, tous les moyens sont bons pour se persuader que son temps a été bien employé. Et la comparaison avec celui de l'an dernier aide à faire passer la pilule (que, pour le coup l'an dernier, j'ai eu beaucoup de mal à digérer).

Pascale a dit…

Ah ben si tu l'as vu.
moi aussi.
Bon,
passons,
pour ne pas dire,
next.
Alors disons le :
NEXT.

 
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