5 oct. 2009

THE INFORMANT !

Quatrième film de Soderbergh à sortir chez nous en 2009 (si si, faites le compte), The informant ! est un faux film indépendant comme le réalisateur sait les faire. Il s'est une nouvelle fois imposé de travailler avec un budget restreint alors qu'un tel personnage, surtout campé par Matt Damon, aurait sans doute donné envie à n'importe quel studio de sortir les chéquiers et d'aligner les zéros. La présence même de l'acteur indique à quel point la précarité de The informant ! est factice ; il est cependant difficile de critiquer Soderbergh pour cela, tant il est généralement agréable de voir un artiste se fixer des contraintes.
Plus qu'un film ou un univers, The informant !, c'est d'abord un héros. Un type qui, à l'image de l'amusant titre, joue à la carte du secret mais ne sait pas tenir sa langue. Un américain moyen, plus gras que sexy, qui cherche à tout prix un moyen de se rendre intéressant et indispensable. La composition de Matt Damon est assez pittoresque mais ne va guère au-delà, tant l'acteur semble béatement satisfait d'avoir su relever le défi des kilos et de la moustache. À part la transformation physique, rien de vraiment étonnant dans sa prestation. Il a déjà été bien meilleur ailleurs, et ce sans aucun artifice. Comme les autres, et peut-être davantage, il est de toute façon plombé par un torrent de dialogues parfois savoureux mais très souvent redondants, répétitifs, ennuyeux. La grande erreur de Soderbergh est d'avoir cru que la force du personnage de Mark Whitacre serait suffisante pour bâtir un film entier ; le voilà alors contraint à produire encore et encore les mêmes traits d'humour, à reproduire sans arrêt les mêmes situations que précédemment. On s'égare dans cette mélopée avec un plaisir très restreint.
Le souci pour Soderbergh, c'est qu'à partir du moment où le fond tourne en rond, la forme perd également tout son charme. En parfait accord avec son directeur de la photo Peter Andrews (qui n'est autre que lui-même), il a mis au point une esthétique façon années 90, avec des plans sans consistance, aux couleurs baveuses et aux cadrages banals, comme dans la crème des films indés de l'époque, qu'on regardait en VHS après avoir passé les bandes-annonces. C'est amusant cinq minutes, certes, mais il aurait été assez sympathique de pouvoir s'évader dans une mise en scène plus sexy dans les moments où l'intrigue patine. Celle-ci a néanmoins du ressort et se fait plus intéressante en fin de course, lorsque Whitacre se lâche définitivement et qu'il n'y a alors plus de doute possible sur sa personnalité et ses motivations. Là, sans être plus hilarant que précédemment, The informant ! semble enfin trouver son rythme de croisière, rythme cependant trop mou pour susciter un quelconque enthousiasme.




The informant ! de Steven Soderbergh. 1h47. Sortie : 30/09/2009.
Autre critique sur Sur la route du cinéma.

3 commentaires sur “THE INFORMANT !”

Pascale a dit…

Pas d'accord du tout. J'ai été embarquée du début à la fin aussi bien par la mise en scène, l'image "gadouille" (comme dirait Mary...) et surtout Matt Damon qui justement ne se limite pas à ses kilos mais m'a surprise jusqu'au bout.
En plus et non des moindres, j'ai ri, mais j'ai ri !

Rom_J a dit…

Bon, c'est dur comme critique !

Peu importe, j'y vais quand même ce soir. Je ne VEUX pas croire que le film n'est pas réussi !

Timothee a dit…

Je suis d'accord: ce n'est pas mauvais mais c'est mou...

 
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