25 oct. 2009

ARTHUR ET LA VENGEANCE DE MALTAZARD

La débâcle Arthur et la vengeance de Maltazard commence avant même la première image. Face aux journalistes et invités, Luc Besson prend la parole, dispense deux ou trois mots gentils, puis, l'air de rien, apporte une précision sur la fin de son film. « Quand apparaîtra le panneau À suivre, c'est vraiment la fin. Souvent, les gens qui voient le film pensent qu'il manque une bobine, alors qu'en fait non ». Une heure et demie plus tard, on comprendra mieux le pourquoi de cette justification préalable : cet Arthur-là est si mal construit et écrit qu'il semble effectivement lui manquer des morceaux. Généralement, l'inscription À suivre vient sceller pour quelques mois un sommet de suspense ou d'angoisse ; ici, elle sert juste à prévenir les spectateurs que le film est fini, qu'ils peuvent sortir de la salle et reprendre une activité normale.
Comme tout ce que touche Besson depuis au moins dix ans, Arthur et la vengeance de Maltazard a la tronche d'un film vite fait mal fait, exécuté à vitesse grand V afin de respecter la date de sortie prévue, mais oubliant du même coup toute notion de respect du public et du cinéma. Le film semble foncièrement brouillon, marquant une nouvelle régression par rapport à un Arthur et les minimoys qui était déjà très loin d'être emballant. Le principal recul de cette suite est d'ordre technique : beaucoup plus de scènes se déroulent dans le monde humain, donc beaucoup moins dans l'univers souterrain des minimoys. D'où deux conséquences notables. La première, c'est que les amateurs de cinéma d'animation risquent de ronger leur frein devant le peu de grain qu'on leur donne à moudre ; la seconde, c'est que les adultes déjà insupportables dans Arthur 1 le deviennent encore plus dans Arthur 2, puisque plus présents à l'écran. On en est réduit à attendre sans arrêt que ces scènes consternantes, traversées par un humour de dortoir, se terminent. Tout cela pour des basculements courts et insipides chez les minimoys.
Comme dans toute saga de ce genre, il y a à un moment ou à un autre un épisode de transition, peut-être moins intense mais absolument nécessaire. Arthur et la vengeance de Maltazard remplit ce rôle, mais le fait avec une platitude infinie, comme si ce statut de film-passerelle dispensait de bâtir une intrigue. Oh, il y a bien un semblant d'histoire, que l'on peut résumer ainsi : Arthur reçoit un message le poussant à rejoindre les minimoys (hop, 70 minutes de passées), sauf qu'en fait c'est un piège (re-hop, 20 minutes pour justifier le titre). C'est absolument tout. Les acteurs brassent de l'air pour justifier leur cachet (pauvre Mia Farrow), tandis qu'Arthur découvre le monde des minimoys comme si c'était la première fois, au gré de scènes redondantes en diable.
Cette histoire simplissime, Luc Besson parvient à ne même pas la raconter correctement. Construit n'importe comment, le scénar empile des flashbacks sans intérêt qui ennuieront les gosses et consterneront les autres. Il est vrai que justifier le désir de vengeance du grand méchant en expliquant qu'il a observé la grand-mère éplucher des légumes - faites le lien - était fondamental, entre autres exemples aussi affligeants... Et même pas une miette de bonne idée de plan pour faire passer la pilule. Après avoir annoncé la fin de sa carrièrre, Besson semble finalement se complaire dans une pré-retraite somnolente consistant à continuer de faire du pognon des films sans trop se fouler. Qu'on aime ou non ses films en tant que réalisateur, il faut bien reconnaître que le bonhomme avait des idées, des envies, un savoir-faire qui ressortaient de façon évidente à l'écran. Ici, plus rien. Le néant. N'importe quel yes man aurait sans doute fait au moins aussi bien, tant La revanche de Maltazard sonne comme un produit de junk cinema, sans goût ni personnalité, torché sans passion par une armée de stagiaires blasés. « N'oubliez pas que vous avez eu 5 ans », ajoute Besson juste avant le début de la séance ; un âge déjà trop élevé pour apprécier ce genre de truc qui doit bien faire marrer les américains.




Arthur et la vengeance de Maltazard de Luc Besson. 1h34. Sortie : 02/12/2009.

10 commentaires sur “ARTHUR ET LA VENGEANCE DE MALTAZARD”

Benjamin F a dit…

Je pense pas que c'était utile de rayer "du pognon" ;)

Pascale a dit…

4ème ligne, il manque le mot "mots"...MDR.

Je pense que Luc Besson n'a plus besoin de pognon. En fait, j'en sais rien. Il doit tellement avoir de pensions alimentaires à payer !

J'avais bien aimé le premier Arthur et déjà trouvé Mia Farrow excécrable. Moi je ne dis pas "pauvre". Quand elle cessera de jouer les petites filles, elle sera peut-être crédible.
Bon cela dit, çui là, je ne l'ai pas encore vu.

Rob Gordon a dit…

@Benjamin Connaissant Besson, je préfère éviter de prendre le risque de me manger un procès en diffamation.

@Pascale Merci, chère relecteuse en chef.
Mia est comme dans le premier, mais ceux qui jouent les parents d'Arthur sont tellement plus insupportables et tellement plus présents qu'elle passe finalement assez inaperçue. Mais pour un fan des vieux Woody et de Rosemary's baby, ça fait quand même mal à chaque fois.

Mister3ZE a dit…

Comment démonter un film en un article :)

N'empêche, je ne m'attendais pas à une critique si destructrice :S

Foxart a dit…

Bah, pour Mia Farrow, il suffit de revoir Be Kind Rewind pour vous consoler...

Quand à Besson, je déteste son cinéma (à part Le Grand Bleu, seul film honnête de toute sa carrière) encore davantage que celui d'Haneke, dans un autre registre...
Haneke prétend avoir pour principe de toujours tenir à priori son spectateur comme étant aussi intelligent que lui...
Mais Besson lui semble toujours avoir eu pour principe de prendre son spectateur pour un imbécile bon à bouffer du foin.
Léon est par exemple un film immonde !
Je n'ai pas vu le premier Arthur, je ne verrais ni le deuxième, ni le troisième, plus aucun film de Besson... d'ailleurs, il n'avait pas promis d'arrêter le cinéma, celui là ???!!!

Pascale a dit…

La Mia était excécrable dans Be Kind... aussi. D'ailleurs, elle était indentique à son rôle dans Arthur... Mais bon, je l'ai toujours trouvé niaiseuse.
Et pourtant je porte aux nues "La rose pourpre du Caire"... Un rêve de cinéphile.

Anonyme a dit…

Ce qui me frappe dans cette série d'animation, c'est la laideur des personnages.
Je n'ai rien à dire puisque je ne suis pas allé voir le premier, mais ces tentatives à grands coups de renforts marketing inspirés de la méthode Georges Lucas ne me rappellent que les vélléités de certains "artistes" de pénétrer le monde des plus petits pour je ne sais quelle raison que seul un psychiatre pourrait expliquer. Voyez Madonna avec son bouquin pour enfants ou Mylene farmer aussi je crois.
Vous aurez remarqué à quel point le méchant de cet opus a les mêmes traits que les méchants de Star Wars... N'est pas Lucas qui veut.

valé a dit…

le 1er était correct!!! mais là franchement aie aie aie!!! vraiment pas terrible!!! ce film prépare la suite... mais qu'elle suite!!! pas envie d'y aller!! ma fille de neuf ans n'a pas aimé non plus!!! sentiment apparemment partagé par la salle!!! à éviter!!!

Anonyme a dit…

nous avions choisi en famille de débuter notre soirée du 31 décembre par une sortie ciné, budget conséquent en plus en numérique
quel déception et quel scandale
m Luc Besson est un donneur de leçon qu'il ne s'applique pas à lui même.
Quand on admire le travail et l'implication sociale de quelqu'un on est encore plus déçu face à ce film

Anonyme a dit…

Nous sommes allés voir ce film avec notre fils de 6 ans, il est bon public, il n'était donc pas trop déçu. En ce qui me concerne, après avoir apprécié le premier, j'ai juste eu l'impression de m'être faite avoir. Le film ne démarre pas, pas d'action, pas d'histoire, pas de fin ! Franchement, quand on voit le prix d'une place de cinéma, c'est juste du vol qualifié! Quand on veut s'offrir un bon moment en famille tout est gâché.
Une gamine de 9 ans pleurait à la sortie de la salle : "mais y a pas la fin, on ne voit presque pas la princesse ..."

 
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