26 sept. 2009

FrightFest 2009 : THE HUMAN CENTIPEDE (FIRST SEQUENCE)

Nul besoin de le connaître depuis des années pour se permettre d'affirmer que Tom Six est un grand malade. Son premier film, The human centipede en est la preuve irréfutable, et l'assurance de ses grands talents de créateur de buzz. Car le mille-pattes humain du titre n'est pas une vue de l'esprit : le film montre en effet comment un chirurgien allemand légèrement barré se met en tête de créer cette étrange bestiole à base d'êtres humains. La recette est simple : couper quelques nerfs dans les jambes pour empêcher les sujets de pouvoir marcher, coudre l'anus de la première personne à la bouche de la deuxième, et l'anus de la deuxième à la bouche de la troisième. Puis contempler amoureusement ce mutant qui tente de se mouvoir et ne sait plus pourquoi il survit. Faut-il ajouter qu'une telle opération chirurgicale (tout à fait faisable dans la vraie vie selon le réal, qui a bossé avec un vrai chirurgien pour s'assurer de la viabilité du projet) a pour effet de réunir les trois tubes digestifs en un seul ?
Oui, c'est dégoûtant. Oui, c'est sinistre. Mais Tom Six est visiblement un petit malin. Plutôt que de foncer tête baisser dans la dégueulasserie chirurgicale et de s'y vautrer pendant une heure et demie, il commence par titiller les nerfs des trois futures victimes (entre Haneke et Craven), nous explique ensuite le principe de cette opération ambitieuse (dont le résumé ci-dessus est extrêmement sommaire), passe assez vite sur celle-ci et se régale ensuite à voir déambuler ce trio inséparable malgré lui. Soit le sadisme sous toutes ses formes, doublé d'un humour à froid qui provoque les rires scandalisés de l'assistance. Le souci du film, c'est qu'il se cantonne à cela, exploitant son phénomène de foire sans but artistique apparent. Le personnage du chirurgien, joué par un Dieter Laser délicieusement sinistre (et super connu en Allemagne pour des rôles bien moins tordus), manque par exemple d'une dimension psychologique plus fouillée. Là, c'est juste un psychopathe qui fait joujou avec des corps humains.
Cités plus haut, Michael Haneke et Wes Craven ne risquent pas d'être inquiétés par le réalisateur hollandais, qui manque de toute façon de style et d'ambition scénaristique. The human centipede est un plaisir coupable, mais qui provoque également une gigantesque impression de frustration tant on imagine ce que certains esprits déviants (Stuart Gordon ou autres) auraient pu faire d'un tel sujet. Et lorsque Tom Six explique çà et là que The human centipede (second sequence) traitera de la création d'un mille-pattes composé de quinze jeunes gens, il suscite à la fois une certaine curiosité et une légère indifférence. Si le seul bonus par rapport au premier film est l'allongement de la chaîne, mieux vaut sans doute s'arrêter là, non ?




The human centipede (first sequence) de Tom Six. 1h32.
Critique publiée sur Écran Large.

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"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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