19 sept. 2009

FrightFest 2009 : THE HOUSE OF THE DEVIL

Faire du neuf avec du vieux et s'attirer les comparaisons flatteuses, sans jamais sombrer dans le déjà vu : voilà le petit exploit réalisé par Ti West, jeune réalisateur plein de promesses, avec ce petit bijou qu'est The house of the devil. D'un résumé lu mille fois (une jeune baby-sitter découvre qu'elle a atterri dans une maison possédée par le diable), il tire un film d'ambiance angoissant et passionnant, qui ménage ses effets mais déborde d'idées. Le genre d'oeuvre qui prouve si besoin qu'un film de genre peut être totalement réussi sans pour autant tenter de faire sursauter le spectateur toutes les deux secondes ou de le faire hurler d'effroi scène après scène. Pas de déferlement gore ou de démons tronçonneurs : l'optique de West est radicalement différente, et le plaisir d'autant plus fort.
Jusqu'au dernier quart d'heure, le film paraîtrait finalement assez sage s'il n'était empreint d'une tension permanente et presque inexplicable, puisque les ficelles de ce tour de magie sont totalement invisibles. On partage le malaise de la jeune héroïne, contrainte sans menace ni violence de passer la nuit dans une maison qui l'effraie, et qui tente de passer le temps et de penser à autre chose afin de faire passer la pilule plus rapidement. The house of the devil a d'autant plus d'emprise qu'il propose une reconstitution absolument parfaite des années 70, du moindre accessoire jusqu'aux décors. On se retrouve alors projeté en arrière dans une décennie qui compta quelques monuments comme La nuit des masques ou Le locataire.
Références pas innocentes puisque le film de West se situe quelque part, et sans avoir à en rougir, entre les chefs d'oeuvres de Carpenter et Polanski. Imaginez Halloween dégraissé en Michael Myers, mais avec cette musique crispante et incessante et cette mise en scène inventive, réfléchie, créant une impression de climax permanent. Rappelez-vous le malaise du pauvre petit locataire, sans doute trop gentil pour supporter durablement les étranges attaques d'un bâtiment et de ses habitants moyennement bien intentionnés. Face au toujours crispant Tom Noonan, la mimi Jocelin Donahue explose en scream queen qui ne screams guère, digne héritière d'un personnage comme celui de Laurie Strode. Au vu du respect éternel qu'impose The house of the devil, pas sûr en revanche qu'on ait envie qu'une suite - pourtant fort envisageable - vienne souiller ce qui pourrait devenir une référence en cas d'exposition médiatique suffisante...




The house of the devil de Ti West. 1h29.
Critique publiée sur Écran Large.

4 commentaires sur “FrightFest 2009 : THE HOUSE OF THE DEVIL”

Pascale a dit…

Y'a Devil dans le titre non ?

Next. J'aime pas les films qui parlent de ma famille.

Rob Gordon a dit…

Mais tu continues à aller voir les films de Grégoire Leprince-Machin. Y a un truc qui m'échappe.

Pascale a dit…

C'est malin. Et Grégoire est un ange, j'te ferai dire.

Mot de passe : amenica !!!

Félix a dit…

Très chouette critique, pour un film qui mériterait l'exposition médiatique dont tu parles dans ta dernière phrase.

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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