13 sept. 2009

FrightFest 2009 : BEWARE THE MOON

Il a fallu trois ans de travail à Paul Davis et son équipe pour mener à terme leur projet de documentaire sur Le loup-garou de Londres, entreprise d'autant plus difficile que le film s'est tourné en 1970, à une époque où les making-of n'existaient quasiment pas. D'où assez peu d'images d'archives, et des souvenirs brouillés avec les années. Le résultat est donc d'autant plus satisfaisant : en une centaine de minutes, Beware the moon parvient à effectuer un tour d'horizon complet du film de John Landis, de sa genèse à sa sortie en salles, dans un déferlement d'émotion et de curiosité.
Construit comme un making-of classique, le doc suit globalement l'ordre chronologique des étapes de la fabrication d'un film, commençant par en explique l'idée de départ pour s'achever, une centaine de minutes plus tard, sur les petits problèmes de distribution du film, dus à des censeurs pas franchement cohérents. Entretemps, Beware the moon aura multiplié les entretiens et tout expliqué de A & Z. Le panorama semble exhaustif : aucun interlocuteur ne manque, sauf une poignée de vieux techniciens décédés depuis ; chaque scène fondamentale ou un peu amusante est décrite, disséquée, et toujours accompagnée d'une anecdote croustillante. Même le film porno projeté dans la salle de ciné londonienne où les deux héros finissent par se retrouver a droit à sa petite histoire.
Il faut dire que Paul Davis n'est pas tombé sur l'équipe la plus mutique qui soit : chacun semble ravi de passer en revue ses vieux souvenirs, et l'ensemble des témoignages fait état d'une ambiance à la fois studieuse et détendue, dans une entente pas parfaite mais globalement saine. On croit réellement à tout cela, le film semblant dégraissé de l'aspect promotionnel qui plombe parfois les making of « c'est le plus beau tournage de toute ma vie », « quelle belle famille le cinéma », « qu'est-ce qu'on mangeait bien à la cantine ». Il faut dire que le film de Landis n'a plus guère besoin de ce genre de publicité...
Les deux héros du film se nomment John Landis... et Rick Baker. Le réalisateur se montre affable, généreux et amoureux de son art. Il donne une impression de fierté teintée d'une modestie sincère, et nous régale en contant de sa grosse voix une série de petites histoires absolument irrésistibles, qui donnent envie de remonter le temps et d'aller faire un tour sur le plateau. Quant au spécialiste des effets spéciaux, il impressionne lui aussi par sa modestie, ainsi que par sa passion pour les taches les plus ardues. À cet égard, la partie dans laquelle il explique en détail l'animation du loup-garou - et notamment la première scène de transformation - est une belle leçon de technique, mais également une leçon de vie, sur la persévérance et la détermination.
Ponctué de façon pas trop encombrante par des images de la promenade du réalisateur sur les décors d'alors, qui ont globalement peu changé mais semblent nettement plus engageants, Beware the moon est un cri du coeur lancé au Loup-garou de Londres et à son metteur en scène, qui donne envie de se ruer sur une ressortie ou un DVD - ou un Blu-ray, dont l'arrivée imminente va ravir les fans du support - afin d'en goûter à nouveau, et peut-être plus que jamais, les nombreux plaisirs.




Beware the moon de Paul Davis. 1h38.
Critique publiée sur Écran Large.

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