5 sept. 2009

BIENVENUE À CADAVRES-LES-BAINS

Il paraît qu'en Autriche, le détective Simon Brenner est archi connu, à peu près autant que l'inspecteur Derrick en Allemagne. Héros d'une demi-douzaine de romans sous la plume de Wolf Haas, c'est sa troisième apparition cinématographique après Vienne la mort et Silentium !, ce dernier ayant ravi la critique à défaut de rencontrer son public. Le spectateur de Bienvenue à Cadavres-les-Bains - la traduction du titre original, signifiant Le boucher, était déjà prise, mais ce n'était pas la peine de faire n'importe quoi pour autant - a donc de grandes chances de faire connaissance avec le personnage, son interprète Josef Hader et le réalisateur Wolfgang Murnberger ; ça n'est absolument pas gênant, chaque aventure étant vraisemblablement indépendante des autres.
Ici, le détective privé à la mauvaise humeur fort sympathique débarque dans un hôtel de campagne où les poulets sont nourris avec des restants de poulet, où ceux qui maltraitent les femmes sont jetés par les fenêtres et où la meilleure façon de faire disparaître un cadavre est encore de cuisiner ses abats. Ce qui semble annoncer un ton complètement déjanté, fait d'hystérie collective et de scènes sanguinolentes et provoc, comme c'est le cas pour 99% des films se réclamant des frères Coen - voir l'affiche. Mais Murnberger est apparemment plus malin : disposant d'acteurs solides et d'une vraie histoire à raconter, il évite assez brillamment ces pièges et livre une comédie policière certes bourrée de cadavres mais toujours aussi finaude que fréquentable.
Si le film prend son temps pour démarrer, c'est parce qu'il cale son rythme sur celui du héros taciturne, dont l'adaptation est assez lente. Une fois celui-ci fondu dans le paysage, l'intrigue prend son essor, les personnages se lâchent et le film trouve son ton : drôle, irrévérencieux mais n'en faisant jamais trop. Les personnages ne sont pas les pantins d'une guignolade sanguinolente, mais des êtres auxquels on prend le temps de s'attacher, et dont les facettes pathétiques sont traitées plus d'une fois avec tendresse. On en sort excité, avec l'envie de replonger bien vite dans l'univers du détective Brenner, mais aussi bercé par une légère mélancolie à l'idée de quitter des protagonistes ayant su se faire aimer. Un film charmant, à déconseiller aux bambins pour des raisons évidentes, mais qui devrait en ravir plus d'un.




Bienvenue à Cadavres-les-Bains (Der Knochenmann) de Wolfgang Murnberger. 2h04. Sortie : 02/09/2009.
Critique publiée sur Écran Large.

5 commentaires sur “BIENVENUE À CADAVRES-LES-BAINS”

SysTooL a dit…

3,5? D'après ta critique, je pensais que tu aurais noté plus haut!

SysT

Rob Gordon a dit…

Bah c'est-à-dire que le début est quand même un peu mou.

Nicolinux a dit…

C'est marrant, à te lire on pourrait croire que c'est un film à l'humour léger... Ou alors on n'a pas vu le même film...

Mais sinon je suis assez d'accord avec toi. je m'attendais au pire avec les critiques unanimement contre, mais c'était pas si mal dans le genre délire complet et n'importe quoi en boite...

Par contre, un film à déconseiller aux amateurs de goulasch un peu trop sensibles...

Rob Gordon a dit…

Je trouve ça plutôt léger. C'est pas comme si on croyait à cette pluie de cadavres et de sang.

dasola a dit…

Bonjour Rob, charmant n'est pas le terme que j'aurais employé pour ce film (que j'ai vu hier). J'ai passé un bon moment assez saignant (le film m'a fait penser aux bouchers verts). Mais il y a (à mon avis), une demi-heure de trop. Bonne après-midi.

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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