26 août 2009

LE MONDE (PRESQUE) PERDU

Si ça ne coûtait pas 100 millions de dollars, on jurerait que c'est un film fauché. Si ça n'était pas tourné en studio, on jurerait que c'est un film de vacances. Pourtant Le monde (presque) perdu est un "vrai" film, produit par Universal et destiné à engranger autant d'argent que possible. Inspiré d'une série des années 70, cette très étrange comédie d'aventures est bourrée d'effets spéciaux mais n'hésite pas à sacrifier une scène potentiellement ébouriffante sur l'autel de l'humour à chaque fois que c'est possible. C'est là que réside à la fois son intérêt et sa perte : le film est imprévisible et totalement déséquilibré, puisqu'on hésite régulièrement entre rire un bon coup et avoir peur de cette armada de créatures bizarres et un peu flippantes.
Le titre français a l'air très stupide, et il l'est un peu, mais pas tant que ça : avec son T-Rex en rogne et ses reptiles humanoïdes avides de pouvoir, Le monde (presque) perdu lorgne à la fois vers l'épopée jurassique de Spielberg et la SF de Conan Doyle... ou presque. Car un film dont les héros sont Danny McBride - aaah, Eastbound and down - et Will Ferrell - qu'on ne présente plus - ne peut pas être tout à fait sérieux. Ni très crédible. Les deux hommes sont les principales attractions du film, se livrant à un concours permanent pour le titre de plus gros tocard du moment. Il est assez difficile de trancher tant ils partagent cette faculté d'être à la fois pathétiques et hilarants. Au milieu de ce combat des chefs, la douce Anna Friel a un peu de mal à exister, mais on l'excuse bien volontiers.
Les spectateurs les plus désorientés risquent d'être les plus jeunes, frustrés par un humour pas forcément adapté à leurs attentes et par un manque d'action assez criant. Ne pas s'attendre à du frisson : le tyrannosaure a beau être très méchant, il est d'abord utilisé pour valoriser le ridicule du scientifique incarné par Ferrell ; de même, le crabe géant qui s'apprête à attaquer les héros sera buté en deux secondes, et par accident, avant de leur servir de repas pantagruélique. Tout à tout agaçant et délicieux, Le monde (presque) perdu est loin d'être une immense réussite, a du mal à justifier son budget, mais tire profit de son aspect toc et rétro sortant de l'ordinaire.




Le monde (presque) perdu (Land of the lost) de Brad Silberling. 1h41. Sortie : 26/08/2009.

2 commentaires sur “LE MONDE (PRESQUE) PERDU”

Pascale a dit…

ça me gave les gens qui perdent leurs affaires, même presque et la tronche à trucmuche là, elle me revient pas !
Tu m'en voudrais si je passais mon tour ?

Maan a dit…

Sérieusement... je n'avais pas vu un tel nanar depuis une décennie. Mais les enfants ont beaucoup ri (et oui... comme quoi !)
Même si c'était en vo non sous titrée

 
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