4 août 2009

I LOVE YOU, MAN

La vie est injuste. De certains artistes, on attend qu'ils soient bosseurs, originaux, impliqués, créatifs. Et d'autres, on espère jusqte qu'ils soient eux-mêmes. Paul Rudd et Jason Segel appartiennent à cette seconde catégorie, et ils en sont parfaitement conscients. Trop peut-être. Car dans I love you man, ils sont en totale roue libre, augmentant à chaque bobine leur capital sympathie mais ne faisant finalement rien de bien exceptionnel. C'est le film de potes par excellence, éloge de la fainéantise donnant consciencieusement l'exemple. Il faut simplement être prévenu, et ne pas s'attendre à la comédie la plus hilarante de l'année : voilà un bon moment à passer, aussi agréable qu'une petite mousse en terrasse (l'un n'empêchant pas l'autre).
Le réalisateur John Hamburg doit beaucoup à ses deux comédiens, qui font peut-être le minimum mais s'en acquittent avec une prestance très enviable. Une fois n'est pas coutume, Paul Rudd joue le coincé de service, ce qui lui évite pour une fois de balancer une obscénité (ou remarque misogyne) à la seconde. Et le rôle du mec cool a échu à Jason Segel, grande perche d'une zenitude insensée, interprétant ici le pote dont tout le monde rêve (ou presque). La plupart du temps, ils sont seuls à l'écran, le film s'embarrassant à peine de quelques seconds rôles (J.K. Simmons en père duraille et Jon Favreau en gros connard ne sont tout de même pas mal). Hamburg n'a jamais été vraiment renversant en tant que scénariste (on lui doit certains des films les plus laborieux de Ben Stiller), ni d'ailleurs en tant que réalisateur, mais il porte courageusement sa seule vraie idée de scénario jusqu'à son terme.
L'idée, la vraie, la seule qui fait vivre I love you, man consiste à transposer au film de potes tous les codes de la comédie romantique. Première rencontre un peu ratée, approche en dents de scie, passage à l'acte, eau de boudin, fin heureuse : le script déroule chacun de ces passages obligés avec une certaine élégance, et exploite sans jamais vraiment le nommer le pendant crypto-gay de la relation qui unit les deux héros. Ainsi, lors du mariage final, ce n'est pas l'un des mariés qui fait défaut, mais le meilleur ami faisant office de témoin. Rassurez-vous, il arrivera à temps pour assister à l'union de celui qu'il aime à la folie, en tout bien tout honneur. L'important n'est heureusement pas cette conclusion prévisible et balisée, mais la façon dont le film nous y amène, avec une décontraction idéale pour une projection estivale.




I love you, man de John Hamburg. 1h45. Sortie : 29/07/2009.
Autre critique sur Laterna magica.

2 commentaires sur “I LOVE YOU, MAN”

FredMJG a dit…

Tout à fait OK, ça aurait pu êre mieux mais bon, quand il fait chaud dehors et que c'est climatisé dedans... Mais j'aime bien l'idée de traiter cette rencontre comme un coup de foudre (sans le sexe, quoique, ça viendra peut-être avec une suite) total et Segel me fait toujours rire (moins ici cependant que dans le Forgetting Sarah mais bon, son clébard Anouar est extra)...
Un bon film pour l'été, sitôt vu, les 3/4 sitôt oubliés

pomme a dit…

tout à fait d'accord sur Paul Rudd et Jason Segel!

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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