30 août 2009

DISTRICT 9

Produit par Peter Jackson, porté par un buzz conséquent, District 9 était aussi mystérieux qu'attendu, ceci expliquant cela. Il s'agit en fait, en tout cas au début, d'un faux documentaire relatant notamment ce qui est arrivé au dénommé Wikus Van De Merwe, responsable de l'acheminement d'aliens immigrés vers un camp de réfugiés situé à l'extérieur de Johannesbourg. Idée excitante : pour une fois, l'extra-terrestre n'est pas un colon supérieurement intelligent et venu sur Terre pour tout péter, mais un voyageur de l'espace complètement paumé et infoutu de rentrer chez lui. L'occasion de dresser un parallèle un peu gros entre ces émigrants-là et ceux de la vraie vie, avec l'intolérance et les craintes qu'engendre l'arrivée d'étrangers.
Mais District 9 n'est pas un remake sud-africain de Welcome, sinon ça se saurait : le film se focalise très vite sur Van de Merwe, loser parachuté là parce qu'il est le gendre du directeur des opérations, et très vite contaminé par de l'ADN venu d'ailleurs. Débute alors sa formidable mutation, visuellement très impressionnante, mais qui fait un peu trop penser à celle de Jeff Goldblum dans La mouche. C'est d'ailleurs tout le souci du film, qui se présente comme une oeuvre singulière et quasi révolutionnaire, mais ne ressemble au final qu'à un condensé des grands films de SF de ces trente dernières années... Une fois entamée la transformation de l'anti-héros, District 9 fait lui aussi sa mue et devient un gros film d'action archi bourrin, qui défouraille sec et ne laisse guère de répit. Le réalisateur Neill Blomkamp a de l'énergie à revendre, mais cela masque mal le relatif surplace d'un scénario qui semble avoir épuisé toutes ses idées au bout d'une heure à peine. Les amateurs d'action pure et dure ne manqueront pas de se régaler, d'autant que le film déploie un savoir-faire technique impressionnant, mais ceux qui voulaient davantage risquent de rester sur leur faim.
District 9 souffre qui plus est d'un fâcheux problème de cohérence et de quelques choix assez discutables. Le plus gros souci concerne la forme : le film démarre en effet comme un faux documentaire destiné à faire la lumière sur l'affaire Van de Merwe, mais montre rapidement des évènements n'ayant pu se produire en présence d'une caméra. Avant que cette forme de faux doc ne se fasse un temps oublier pour laisser place sans justification à un traitement bien plus classique, proche des habituels blockbusters. Quant à la décision d'avoir pris comme personnage principal un gros nase semblant sorti de la série The office, elle est totalement préjudiciable car n'apporte pas grand chose côté comédie mais empêche toute identification et tout attachement. Là où la destinée d'un Seth Brundle pourtant peu sympathique nous importait, on se fiche royalement de la fin de ce pauvre type dont on n'a même pas pitié. Le dénouement ne nous donnera pas tort, banal et superficiel comme pas deux.
Reste que District 9 est tout de même un petit miracle en son genre : tourné avec 40 millions de dollars du côté de Johannesbourg, soit 5 fois moins que Transformers 2, le film est un pur bijou esthétique, crédible de bout en bout, bénéficiant d'une photographie assez mortelle et d'effets numériques à tomber à la renverse. Ce qui prouve, si nécessaire, qu'on peut faire de belles choses avec un budget réduit. Il serait ridicule de n'aimer un film que parce qu'il a coûté moins cher que tel autre, mais le côté "blockbuster fauché" de District 9 lui confère un petit attrait supplémentaire et loin d'être négligeable.




District 9 de Neill Blomkamp. 1h50. Sortie : 16/09/2009.

6 commentaires sur “DISTRICT 9”

Pascale a dit…

Raaaaaaaaaaaaaaaaaaahaaaaaaaaaaaaaaannn ! J'aime pô quand tu dis c'est naze et bourrin et ensuite c'est un ptit miracle.
Dans ma tête de manichéenne, c'est blanc ou noir, pas gris... je capte que dalle.

Et puis aussi arrête de donner des références que CERTAINE ne peut comprendre.
Pense à CELLE qui n'a jamais vu UNE seule série de sa vie (sauf dans les années 60 et ça s'appelait "mon feuilleton du samedi", merci) et qui ne voit foutre pas ce que : " la décision d'avoir pris comme personnage principal un gros nase semblant sorti de la série The office", peut bien vouloir dire.

Sinon, bonjour, merci et bon dimanche.

Et vivre la rentrée.

Tu vas pas tarder à être de mauvais poil non ?

Rob Gordon a dit…

Je fais exprès de citer des séries rien que pour t'embêter. Et un film peut être à la fois un petit miracle (objectivement) tout en n'étant que moyennement convaincant.

Je rentre à Paris lundi peu avant minuit, et la (pré-)rentrée c'est le lendemain à 9 heures. Autant te dire que oui, je vais être de très mauvais poil.

Anonyme a dit…

Quand j'ai lu « produit par Peter Jackson » et « photo mortelle », j'ai pensé : « Il y a du RED là-dessous ! »
Et je ne me suis pas trompé. :)

http://www.reduser.net/forum/showthread.php?t=33663
http://www.red.com/cameras/

Merci pour les critiques !

Olivier

Pascale a dit…

Pourquoi tu veux m'embêter moi
qui suis "ta plus fidèle admiratrice"...
http://www.youtube.com/watch?v=kC_EXDQj9SI

Rob Gordon a dit…

Pitié madame, ne me faites pas de mal. Pitié.

Pascale a dit…

Ce n'est pas la bonne réponse !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Je suis obligée de sévir.

Mais bon... mon ordi déconnunmax... i veut pas mettre l'extrait que je veux. Donc tu t'en doutes, c'est quand la Mimi Annie refait une pointure au Paulot.

 
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