1 août 2009

BRÜNO

Après avoir dédié un film à Ali G et à Borat, c'est fort logiquement que Sacha Baron Cohen revient avec Brüno, long-métrage consacré au troisième et dernier personnage à avoir fait sa renommée. Journaliste de mode ouvertement gay, son objectif est de devenir « l'autrichien le plus célèbre depuis Hitler ». On l'a compris : l'objectif de Baron Cohen est une fois encore de susciter l'hilarité en choquant à la fois ses interlocuteurs de la vraie vie (filmés en caméra cachée) et les spectateurs mortifiés mais souvent ravis. La recette est exactement la même que celle de Borat, soit un mélange de scènes écrites et de (supposées) improvisations destinées à faire marrer ainsi qu'à dresser un large portrait des travers de l'Amérique contemporaine.
Sans aucun doute, ceux que Borat a fait grassement rire trouveront plus d'une fois leur compte dans ce Brüno n'hésitant pas à aller loin, très loin pour toucher au but. La séquence la plus réussie est celle où Brüno, souhaitant réaliser des photos façon Benetton avec des bébés (crucifiés, en costume nazi, etc.), fait passer des entretiens à leurs parents prêts à tout pour vendre leur progéniture et connaître leur quart d'heure de gloire. Cette façon très naturelle de mettre en valeur la dégueulasserie de l'être humain est extrêmemement efficace. C'est malheureusement moins le cas d'autres scènes un peu trop artificielles et vendues malhonnêtement comme de véritables tranches de vie : on ne croit pas une seconde à ce qui se trame dans la salle d'ultimate fighting. Impossible de mettre en doute l'existence de gros boeufs (et génisses) homophobes, mais la façon dont tout ce ci est mis en scène a quelque chose de terriblement factice.
Pire, Brüno apparaît trop souvent comme une simple photocopie de Borat, le charme de la nouveauté en moins. L'assistant binoclard amoureux de Brüno n'a pas la force comique du gros porc plein de poil qui accompagnait Borat dans ses déplacements ; les scènes où le héros provoque ouvertement les pires rednecks des States reproduisent poussivement l'excellente séquence du rodéo de Borat ; et ainsi de suite. Même des moments potentiellement imparables comme les rencontres de Brüno avec des « thérapeutes » affirmant pouvoir remettre les gays sur le droit chemin ont quelque chose de déjà vu : elles rappellent notamment le docu Religolo sorti il y a quelques mois et réalisé par... Larry Charles, également aux commandes de celui-ci. Bref, Brüno peut fonctionner à la rigueur sur ceux qui découvrent Sacha Baron Cohen, ses idées loufoques et ses personnages barrés, mais beaucoup moins sur qui connaît le bonhomme à force de le suivre dans ses aventures iconoclastes.
Dernier problème, et pas des moindres : le personnage de Brüno est absolument antipathique, là où Borat était médiocre mais totalement attachant. C'est souvent l'agacement qui prime tant ce héros-là semble n'être rien de plus qu'un con fini, qu'on a envie de voir finir dans le caniveau au lieu de vampiriser les médias. Le comble du pathétique est atteint lorsqu'il enregistre en fin de film un tube avec Elton John, Bono et Snoop Dogg. La scène a beau se vouloir humoristique, on finit par ne plus supporter qu'un tel type puisse être ami avec de telles stars. Et que Sacha Baron Cohen se complaise dans des scènes aussi banales, qui ne font que montrer que le trublion marginal a fini par rentrer dans le moule people et exploiter une simple recette afin d'engranger les millions et de se faire sa place parmi les stars. Dommage d'avoir un tel talent et de le gaspiller ainsi.




Brüno de Larry Charles. 1h23. Sortie : 22/07/2009.
Autre critique sur Tadah ! Blog.

8 commentaires sur “BRÜNO”

Vincent a dit…

Ah moi je ne le trouve absolument pas pathétique ce Brüno mais au contraire très sexy et hyper érotique. Et j'ai mille fois vu aimé que Borat. Comme quoi.

Voisin Blogueur a dit…

Pour info (et je le sais de source fiable), l'ami Sasha fait faire ses vannes (pour le film comme pour la promo) par une bande de rédacteurs. Et il parait que le bonhomme est terriblement mégalo "in real life". Mon commentaire est inutile et bas mais j'assume ;)

Pascale a dit…

Brüno n'a pas fonctionné sur moi qui n'ai pas vu Borat...

Sexy et hyper érotique ??? ben dis donc.

Sinon, c'est vrai que la scène où les parents "vendent" leurs enfants est la seule réellement subversive !

Pascale a dit…

Je n'ai aucune source fiable... mais j'ajoute que le Sacha est un bien piètre acteur !

Rob Gordon a dit…

Dans Ali G et Ricky Bobby roi du circuit, il est tout de même gigantesque.

Pascale a dit…

boaf !

Ripley a dit…

Très d'accord avec cette critique.

 
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