21 juil. 2009

RIO LIGNE 174

Ces dernières années, tous les films brésiliens semblent ne devoir parler que d'une seule et unique chose : la misère des favelas et les enfants qui tournent mal de façon prématurée. Il suffit de se pencher sur leurs génériques pour mieux comprendre de quoi il retourne : La cité de Dieu, Tropa de elite, Une famille brésilienne et Rio ligne 174, pour ne citer qu'eux, portent tous la marque d'un même auteur travaillant souvent en solo. Bráulio Mantovani, c'est son nom, semble avoir fait des bidonvilles brésiliens une marque de fabrique, pour ne pas dire un fond de commerce. Si ce fait est passé assez inaperçu jusqu'alors, c'est parce qu'il a globalement su se renouveler et parce que les réalisateurs avec lesquels il a travaillé ont des styles extrêmement différents. Malheureusement pour Bruno Barreto, qui revient au pays après une expérience américaine douloureuse (qui se souvient d'Hôtesse à tout prix avec Gwyneth Paltrow ?), l'obsession du scénariste commence à se voir et à sembler sacrément répétitive.
Rio ligne 174 mêle en fait les styles et les thématiques des 3 films cités plus haut, atteignant parfois des sommets de violence mais aussi de complaisance. On semble avoir réellement fait le tour du sujet, et le côté documentaire du film n'apporte guère d'eau à un moulin bien usé. Heureusement qu'il ne se limite pas à cela et propose une véritable intrigue avec enjeux dramatiques et nouvelles pistes de réflexion, sans quoi l'expérience tournerait court. Le scénario met en effet en parallèle les trajectoires d'un fils ayant perdu sa mère et d'une mère à la recherche de son fils. Cette complémentarité presque trop évidente donnera pourtant lieu à quelques beaux moments d'émotion.
Le film se termine par ce qu'annonce son titre : l'évocation de la prise d'otage d'un bus carioca en juin 2000, histoire vraie savamment mêlée à l'intrigue et pas parachutée de manière gratuite. Tendu, intense, le dernier quart d'heure est extrêmement réussi parce qu'il démultiplie tous les enjeux posés précédemment. Pour une fois, on tremble tout autant pour les otages que pour celui qui les détient, d'où l'ambiguïté totale de la situation. Barreto met ce drame en scène avec précision et sans effet inutile, bouclant avec une grande maîtrise ce nouveau couteau dans la plaie d'un Brésil ayant visiblement perdu toutes ses illusions. On a bien compris le message ; que les cinéastes locaux se tournent désormais vers d'autres versants d'un pays dont on peine à croire qu'il se limite aux favelas et aux enfants mercenaires.




Rio ligne 174 (Última parada 174) de Bruno Barreto. 1h48. Sortie : 22/07/2009.

1 commentaire sur “RIO LIGNE 174”

Vincent a dit…

Mouais, tout ce bazar socio-crimino-misérabiliste pour accoucher d'un dernier quart d'heure plan plan...

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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