29 juil. 2009

MIDNIGHT MEAT TRAIN

Honteusement expédié dans le flot des sorties estivales, Midnight meat train méritait pourtant un tout autre sort. Le premier film ricain du réalisateur fêlé de Versus est une immense réussite, et l'une des plus grandes adaptations du souvent maltraité Clive Barker. D'un argument de série B (ou Z), Ryuhei Kitamura tire un film éminemment effrayant certes, mais également une réflexion étourdissante sur l'art et une ode à la nuit. Rien de moins. Pour peu qu'on supporte un minimum l'hémoglobine, on peut rapidement devenir accro à Midnight meat train tant il parvient, vision après vision, à conserver un mystérieux magnétisme et à créer et recréer une attirance malsaine.
Le film est d'abord une histoire de rencontres plus ou moins heureuses. D'abord celle de Leon, photographe en mal de matière, avec le style qu'il cherchait depuis des années et qui pourrait lui valoir la reconnaissance de ses pairs. Patiemment, le film montre à quel point il est difficile d'obtenir le bon cliché, de capter l'éphémère et de figer un équilibre instable. Kitamura plonge le héros dans une nuit noire et fascinante, filmant ses errances nocturnes avec une maestria tétanisante. Pendant une heure et demie, la nuit nous appartient. On s'y noie même carrément lorsque Leon croise la route de cet étrange garçon boucher, au physique impressionnant et aux occupations un peu sanglantes. Là, un miracle a lieu, puisque le réalisme de la quête de Leon et la fantasmagorie liée à ce bourreau des métros se mêlent de façon très crédible en un cocktail de sueur et de sang, excitant et terrifiant.
Midnight meat train montre comment la dépendance peut prendre place dans le quotidien et bouleverser de fond en comble des personnalités apparemment stables. La descente aux enfers de Leon (Bradley Cooper, de plus en plus fort) est la nôtre, le calvaire du boucher (Vinnie Jones, monolithique donc génial) également. D'où une impression de transe qui emmène le film bien au-delà des limites du thriller. Et heureusement : il faut bien avouer que la fin, prise au premier degré, peut sembler totalement foireuse. Le film de Kitamura laissera plus d'une victime sur le bas-côté, mais ne manquera pas de rendre zinzin une partie de l'auditoire, perdu à jamais dans les méandres d'une ville racoleuse et labyrinthique. En tout cas, l'expérience est à tenter coûte que coûte.




Midnight meat train (The midnight meat train) de Ryuhei Kitamura. 1h25. Sortie : 29/07/2009.

10 commentaires sur “MIDNIGHT MEAT TRAIN”

FredMJG a dit…

Aaaaaaaah faut que j'me rentre et vite ! Question subsidiaire : notre mademoiselle P. à nous oubliera-t-elle qu'elle a le coeur et les entrailles sensibles et ira-t-elle voir Mr Cooper qui, il est vrai, vaut beaucoup plus que son charmant petit physique ne le laisse entendre... :o)

Rob Gordon a dit…

Meuh non, c'est trop une flipette.

Pascale a dit…

Oui ben hein, je voudrais bien vous y voir !!! Pouvez pas venir avec moi ?

Fais chier le Brad à virer moyen âgeux dans le ketchup.

T'façon, pour l'instant la question se pose pas. L'est pas sorti dans mon trou du cul*.

*façon de causer hein ? je sais qu'on est sur un blog distingué !

Rob Gordon a dit…

Tu es bannie.

Brad n'a pas viré ketchup étant donné que ce film a déjà plusieurs années (sorties repoussées, tout ça).

Silent Bo a dit…

J'ai bien aimé ce film mais surtout pour l'ambiance effectivement et pour les effets gore très réussis. Par contre au niveau de l'histoire j'ai eu beaucoup plus de mal. Je n'ai pas du tout compris l'entêtement du personnage de Bradley Cooper, au bout d'un vingtaine de minutes je me disais intérieurement : "Mais putain toi tu cherches vraiment la merde, pourquoi est-ce que tu t'entête ainsi???"
Du coup, aucune empathie pour le personnage et un regard avec un coté "Ca, c'est bien fait pour ta gueule" qui change radicalement la perception du film.
Un petit mot sur Vinnie Jones qui a ici un rôle qui lui va à merveille. Ca donnerait presque envie de voir une prequel qui permettrait de voir un peu plus de lui !!

Foxart a dit…

Je n'ai lu pour l'instant que des éloges de ce genre et je meurs d'envie de le voir...
Je doute d'en avoir l'occasion ici en VO... une fois de plus je me rabattrais sur le piratage en attendant la sortie en DVD...

Pascale a dit…

Bannie ????

http://www.affichescinema.com/insc_a/adieu_reste.jpg

Rob Gordon a dit…

@Pascale : tu es bannie pour grossièreté. Je n'ai jamais dit un gros mot de ma vie, sois en sûre.

@Silent Bo : j'ai été happé par le personnage de Bradley Cooper, qui recherche "tout simplement" la photo ultime, ce qui nécessite d'aller encore et toujours plus loin.

@Foxart : rappelons que le piratage, c'est mal.

Pascale a dit…

Moi non plus, j'ai jamais dit un fucking gros mot de ma vie. Trou du cul n'est pas un gros mot !!!

T'façon, je préfère les films de métro !

Armand a dit…

Excellent film de Kitamura, sorti en 2008 aux states et présenté à Fantastic'Arts où il a choppé le prix du public il me semble. Pas inoubliable, mais bien efficace.

 
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