23 juil. 2009

L'ATTAQUE DU MÉTRO 123

Déjà vu. Tel était le titre du dernier Tony Scott, et telle est l'impression qui domine à la sortie de celui-ci. L'attaque du métro 123 est un remake parfaitement inutile des savoureux Pirates du métro, film qui sur le même postulat était à la fois plus excitant, plus intelligent et beaucoup plus drôle. Mais qui dit métro dit apparemment service minimum, chacun semblant s'économiser pour toucher son chèque sans risquer de se froisser un muscle.
Étonnamment, alors qu'il a souvent eu tendance à livrer des oeuvres excessives jusqu'à en être gerbantes, Scott a l'air d'être sur la réserve, ne s'acquittant même pas des scènes d'action explosives que l'on était en droit d'attendre. Le film est basé avant tout sur les dialogues, et après tout pourquoi pas ; sauf que sous la plume d'un Brian Helgeland peu inspiré, les échanges entre le vilain preneur d'otage et le gentil aiguilleur sont aussi téléphonés que téléphoniques. Religion, famille, argent : tous les marronniers y passent, sans que la moindre réplique innovante vienne briser le train-train qui s'est installé dès le départ. Résultat : on s'ennuie ferme, regrettant presque le Tony Scott pyrotechnique d'antan.
Le film piétine tout du long, ne traitant même pas cette intrigante question consistant à savoir comment les pirates vont parvenir à sortir du sous-sol où ils semblent piégés comme des rats ; comme le reste, le problème est traité par dessus la jambe et sa résolution constitue l'une des mille et une invraisemblances de l'ensemble. Il y en a d'autres : un rat qui entre dans le pantalon d'un sniper au moment le plus inopportun, un otage muni d'un ordi portable avec webcam et qui parvient à dialoguer avec l'extérieur sans que les nombreux preneurs d'otage ne s'en aperçoivent... Bref, la totale. Le spectateur en est réduit à compter le nombre d'aberrations scénaristiques pour patienter en attendant l'inévitable climax. Inévitable ? Pas ici. Jusqu'au bout, le film contrarie les attentes et livre une conclusion totalement molle et sans passion. Un comble.
En fait, on peut tout juste parler de film d'action tant L'attaque du métro 123 se complait dans la passivité. C'est plutôt un film d'inaction, qui décevra autant les amateurs d'intrigues complexes que les fans de blockbusters bourrins façon Tony Scott. Les acteurs ne sauvent même pas le film. Denzel Washington y prouve comme souvent qu'il est un acteur très pro mais également très lisse lorsqu'il n'est pas dirigé ; John Travolta s'est trompé de film et nous joue un bad guy excessivement cool et pas du tout inquiétant, qui semble prêt à tout moment à piquer un petit roupillon. Seul James Gandolfini s'en sort correctement, dans un rôle hélas réduit à peau de chagrin. Une hypothèse pour finir : sachant que son prochain film, Unstoppable, est un nouveau thriller sur voie ferrée avec un train lancé à toute allure, Tony Scott a-t-il vu ce film-ci comme l'occasion de prendre ses marques sur les rails avant de passer aux choses sérieuses ? On l'espère pour lui, sans quoi la retraite est proche.




L'attaque du métro 123 (The taking of Pelham 1 2 3) de Tony Scott. 1h45. Sortie : 29/07/2009.

2 commentaires sur “L'ATTAQUE DU MÉTRO 123”

FredMJG a dit…

Malgré tout le bien que je pense de Denzel, succéder à Walter Matthau, c'est pas possible... Et Shaw foutait nettement plus la trouille que ce brave gros travoltoune même affublé d'un piège... Et puis c'est quoi c't'affiche ? Une pub pour les barbiers ?

Vincent a dit…

Ca y est, je l'ai vu. Tu avais raison, c'est plein d'aberrations (l'ordi que les gusses de Travolta ne captent pas, franchement...) mais bon sang, qu'est-ce que c'est coolos !

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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