12 juil. 2009

GIRLFRIEND EXPERIENCE

En dépit de son titre, le nouveau Soderbergh est moins expérimental que certaines de ses oeuvres précédentes, de Schizopolis à Full frontal. Girlfriend experience constitue tout de même un étrange moment de cinéma, dont on peine à cerner les motivations. S'il s'agissait de tourner discrètement un petit film d'auteur, pourquoi engager la porno star Sasha Grey dont la présence était forcément synonyme de buzz ? Pourquoi une actrice X pour un rôle presque soft ? Et surtout, pourquoi une construction aussi alambiquée pour accoucher au final d'une totue petite souris ?
C'est là le grand mystère Soderbergh, cinéaste honteux de son statut hollywoodien, se rêvant régulièrement en auteur confidentiel et acclamé, mais qui semble généralement incapable de faire dans la simplicité. Parmi ses oeuvres "mineures", seul Bubble, le plus épuré de tous, était véritablement réussi. Girlfriend experience, quant à lui, entrecroise plusieurs niveaux de narration, brise plus d'une fois la chronologie des évènements, joue artificiellement le mystère... S'il n'y avait l'élégance absolue de la mise en scène, on baisserait bien vite les bras face à un projet dont on comprend trop vite où il veut nous emmener : nulle part. Filmeur doué, Soderbergh n'a pourtant aucun point de vue, mettant en (belles) images le script d'un duo Levien - Koppelman plus habitué à écrire de gros divertissements que des films d'auteur.
Difficile donc de tirer un quelconque enseignement de ce film à l'intrigue plus que réduite. S'il fallait en dégager une morale, c'est que nous sommes tous des putes à notre manière, que l'on soit escort girl, coach sportif, homme d'affaires ou autre. Pas faux, mais pas neuf. Finalement, la meilleure façon d'apprécier ce film assez court est de ne pas de poser de questions, d'en goûter simplement le cadre et l'interprétation. Car Sasha Grey, élégante et pleine de présence, livre une prestation aussi éblouissante qu'inattendue, bien loin du cliché de l'actrice porno qui débarque dans le cinéma traditionnel. On apprécie la façon qu'a Soderbergh de ne pas la traiter comme un objet, mais bien comme une vraie femme et une vraie actrice, avec un affect et un crâne bien rempli. C'est insuffisant pour justifier l'existence d'un film, mais cela a au moins le mérite de prouver que Soderbergh n'est pas qu'un manipulateur opportuniste.




Girlfriend experience de Steven Soderbergh. 1h25. Sortie : 08/07/2009.
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