20 juil. 2009

DIVORCE À L'ITALIENNE [reprise]

Certains affirment que Divorce à l'italienne est le film qui a donné naissance à l'appellation « comédie à l'italienne ». Sachant qu'il date de 1961 et que le genre avait commencé à se développer dix ans plus tôt, cela semble assez douteux, d'autant que l'expression n'a rien de franchement innovant. Le film de Pietro Germi, en revanche, est un parfait représentant de ce que pouvait être la commedia all'italiana à ses débuts : excessive, bruyante, machiste et parfois bien lourde. Une quarantaine d'années plus tard, il faut tout de même une certaine tolérance pour parvenir à apprécier une telle comédie, et beaucoup de bonne volonté pour parvenir à en rire. Nul doute que s'ils sortaient aujourd'hui, de tels films seraient unanimement conspués pour leur lourdeur et leur absence totale de finesse.
Il faut donc prendre Divorce à l'italienne comme un intéressant document d'époque, ou simplement se régaler de la prestation de Marcello Mastroianni : tout juste sorti d'une série de films sérieux (avec Fellini, Malle ou Antonioni), il prend un plaisir communicatif à jouer le macho italien de base, pleutre et manipulateur, prêt à tout pour pouvoir se taper sa jeune cousine sans avoir sa femme dans les pattes. Cette dernière n'est pas épargnée par Germi : stupide, insupportable et affublée d'un charmant duvet noir au-dessus de la lèvre, elle donne une image assez peu attirante de la femme italienne de l'époque. Les meilleures scènes du film sont celles qui se déroulent au sein de la chambre du couple, rongé par la routine et l'absence de désir. La valse pathétique de cette auberge des culs tournés fait penser à celle duo duo Arthur - Guenièvre dans la formidable série Kaamelott : on pourrait passer des heures entières à traîner au lit avec ces deux-là, surtout s'il continue à ne rien s'y passer.
Le mécanisme scénaristique archi classique alourdit en revanche le film : la façon dont le héros orchestre une machination pour se débarrasser de son épouse a quelque chose de terriblement lourd et daté, chacune des étapes étant relativement prévisible, jusqu'à une conclusion évidente dès le début. Heureusement, Mastroianni s'éclate de bout en bout, notamment lorsque son personnage se perd dans des rêveries vachardes et impitoyables. Le voir imaginer sa femme un couteau dans le dos ou en orbite autour de la Terre est sacrément jubilatoire, et offre de très jolis moments à ce qui ne constitue pas un sommet de la comédie à l'italienne mais reste une façon intéressante d'aborder le genre.




Divorce à l'italienne (Divorzio all'Italiana) de Pietro Germi. 1h44. Première sortie : 22/05/1962. Ressortie : 08/07/2009.

2 commentaires sur “DIVORCE À L'ITALIENNE [reprise]”

FredMJG a dit…

La valse des culs tournés ? quelle exquise coutume que voilà...
Je me souviens bien de la moustache de la dame et surtout de l'air croquignolet de satyre de Marcello poursuivant de ses oeillades assassines la charmante Miss Sandrelli... Car il faut bien reconnaîre que toute machiste et lourdingue que soit la comédie de Germi, ce sadique n'épargne pas non plus son "héros" d'un pathétique absolu...

emule a dit…

terrible ce film,heheh..j`ai rigole bcp!!

 
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