27 juil. 2009

Avignon ! Avignon !

D'Arles (pour un festival de la photo à tomber par terre) à Avignon, ce fut une sacrée semaine.

Côté spectacle, voici 3 coups de coeur qui se dégagent de ce flot de très belles choses.

Novecento d'Alessandro Baricco, mise en scène Jean-Michel Boch & Didier Lagana.
Éblouissante entrée en matière dans le festival, c'est d'abord une rencontre avec un texte que je ne connaissais pas, mais également avec un interprète fort en gueule mais d'une finesse folle, Fred Tournaire. Un vrai voyage d'une heure, chavirant et bouleversant, autour d'un pianiste de génie qui passa sa vie sur un paquebot.


Youm de Mehdi Dumondel, mise en scène Mehdi Dumondel.
Après un temps d'adaptation, on entre dans Youm pour ne plus jamais en sortir. Jamais. On pense parfois à Édouard Baer ou Alexandre Astier, mais la pièce de Mehdi Dumondel ne ressemble qu'à elle-même, tour à tour hilarante (on a cru mourir) et bouleversante, parfois même les deux en même temps. La lune, des chasseurs de dragons, une pierre et quelques autres personnages improbables sont à l'origine de cette réussite chaleureuse et emballante, bien plus mémorable qu'une simple petite comédie mythologique. Un petit tour sur le site internet ?


Angelo, tyran de Padoue de Victor Hugo, mise en scène Christophe Honoré.
Cette pièce méconnue de Hugo, tragédie sur l'amour, la mort et la puissance, trouve dans la mise en scène moderne du maître Honoré une résonance particulière. Ce sont d'abord les mille secrets du décor, complexe et contemporain, qui vous happent. Honoré pose un regard de cinéaste sur cette oeuvre, composant certaines scènes comme de véritables plans. Classique et baroque se mêlent dans ce tourbillon de sentiments purs et d'actions médiocres, de coups de folie et d'attaques en règle. Le trio formé par Clotilde Hesme, Emmanuelle Devos et Marcial di Fonzo Bo y est juste beau à pleurer. Pur chef d'oeuvre.


Il y en eut évidemment d'autres, dont Grand'Peur et Misères de Bertolt Brecht par la Compagnie Théâtre du midi, Baba la France de Caroline Girard et Rachid Akbal, et La nuit des rois de William Shakespeare par les 14 comédiens de l'Académie Internationale des Arts et du Spectacle.


Il y eut aussi du moins bon, voire même de l'archi-nul, en particulier le non coup de coeur collectif de la semaine, dont nous ne citerons ni le titre ni l'«auteur» pour ne pas faire de pubilicité. Mais globalement, ce type qui est à la fois auteur - metteur en scène - interprète se prend pour l'héritier de Rimbaud (dont il ânonne les poèmes en se permettant d'en écrire la suite), pour une rock star (avec des reprises diarrhéiques des Doors ou des Beatles) et pour un brillant artiste, acteur génial et écrivain inspiré du légendaire Sonnet du trou du cul. Ah oui, j'oubliais, le type joue comme Franck Dubosc lorsqu'il fait des sketches. Il lui ressemble d'ailleurs un peu, tout comme à Alain Barrière et Dick Rivers. Chapeau l'artiste.


Quelques photos avant de reprendre une activité normale :







1 commentaire sur “Avignon ! Avignon !”

Pascale a dit…

Qu'est ce que t'as contre Alain Barrière.

Aaaaah ! j'avais lu "Novecento". C'est beau. J'avais même adoré le film avec Tim ROth (mais je dois être la seule).

T'as vu en vrai Clothilde Hesme et Emmanuelle Devos.. rien que pour elles ça valait le voyage non ?

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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