24 juin 2009

VERY BAD TRIP

[ceci n'est PAS un billet sponsorisé]
Parfois inspiré, souvent défaillant Todd Phillips a connu ces dernières années plus de réussite en poker qu'en cinéma. Les inconditionnels du World Poker Tour connaissent sans doute son visage de panda mal réveillé, semblant sortir difficilement d'une gueule de bois permanente et faisant preuve d'une nonchalance masquant étonnamment bien sa détermination. Phillips était donc le réalisateur tout désigné pour réaliser ce Very bad trip, retour de cuite à la fois cool et très futé, se déroulant principalement aux abords de Las Vegas. Le responsable de Back to school et Starsky & Hutch signe une comédie impeccable et désopilante, qui devrait réellement devenir culte dans les années à venir. Une sorte de géniale concrétisation de l'allumé Eh mec ! Elle est où ma caisse ?, qui dépeignait lui aussi un lendemain de beuverie plein de points d'interrogations.
Sauf que Very bad trip - on a connu pire titre "francisé", même si The hangover collait mieux - est de qualité supérieure, dépassant le monument crétin de Danny Lerner avec une aisance folle et une décontraction de tous les instants. D'abord, si le film fonctionne parfaitement, c'est parce qu'il fait figure, du moins dans sa catégorie, d'oeuvre « réaliste ». Entendre par là que les héros ne sont ni des abrutis finis ni des célibataires beaux gosses et roulant sur l'or (enfin pas tous). Le processus d'identification devient alors beaucoup plus simple, tout comme le questionnement qui s'opère lorsque les héros se réveillent après leur soirée plus qu'arrosée. Un tigre dans la salle de bains, un bébé dans le pacard, un marié porté disparu : voici quelques éléments qui suscitent moult interrogations et créent un véritable suspense. Car l'ensemble est un véritable puzzle, aussi délirant que logique, et Very bad trip réussit l'exploit d'être une comédie avec un vrai suspense. Loin d'être décevante, la résolution est en grande partie satisfaisante, et tient parfaitement les promesses du début de film.
On en vient à ce qui constitue évidement le point crucial du film : et alors, c'est drôle ? Oui, mille fois oui. Les situations hilarantes et inattendues s'enchaînent de façon fulgurante, et les acteurs s'en donnent vraiment à coeur joie pour les défendre, saisissant à pleines mains la chance de leur vie. Ils n'étaient pour la plupart pas très connus, en tout cas en Europe ; ils devraient normalement voir leur cote exploser dans les mois à venir. Derrière un Bradley Cooper ne se contentant pas d'être un beau gosse et jouant brillamment le rôle de meneur de la bande, deux révélations absolument stupéfiantes. D'une part, Ed Helms, alias Stu le dentiste castré par sa femme, personnage frustré qui va peu à peu libérer une rage de moins en moins contenue. Le type ordinaire du début finira dans une folie furieuse façon diable de Tasmanie. D'autre part, Zach Galifianakis, improbable mix entre John Goodman et Jeff Bridges, qui donne une nouvelle dimension à l'archétype du gros boulet de service. Il est non seulement exténuant de rire, mais donne un côté pathétique bigrement attachant à cet Alan très encombrant et peu adepte des sous-vêtements, qui s'émerveille comme un gamin de la série de catastrophes se produisant devant lui.
Durant une centaine de minutes, on aime férocement ces trois types, au point d'être au bord des larmes lorsqu'il faut les quitter. Les adieux sont aussi brillants que le reste, voire davantage, bouclant la boucle par un générique de fin absolument anthologique, qui explicite quelques ellipses avec une efficacité comique dévastatrice. On en sort avec une seule et unique envie, celle d'y retourner pour se retaper une bonne barre de rire et apprécier une nouvelle fois l'avènement du génie comique d'un Todd Phillips qui fait preuve ici d'un sens aigu du rythme et d'un vrai talent de composition des plans. Ça faisait longtemps qu'une comédie n'avait pas été aussi belle. Ça faisait longtemps qu'une comédie n'avait pas été aussi drôle. La fête du cinéma devrait sans nulle doute offrir le succès qu'il mérite à ce concentré de vrai rire populaire qui donne envie.




Very bad trip (The hangover) de Todd Phillips. 1h30. Sortie : 24/06/2009.
Autre critique sur Sur la route du cinéma.

12 commentaires sur “VERY BAD TRIP”

Pascale a dit…

Well,
mis à part "moult" qui est un adverbe et DOIT donc rester INVARIABLE,
et
série de catastropheS qui doit prendre un s à catastrophes parce qu'une série de UNE catastrophe n'existe pas,
et
qu'il manque le . final,
ça peut aller.
En progrès.

Bon, je vais aller le voir, mais je te préviens, si je me retrouve devant trois beaufs (sauf l'autre là, qui jouait déjà dans le film avec Jim Carrey et qui est TROP beau...) avinés, sacavins, décérébrés,misogynes et tutti frutti,
tu vas m'entendre !

Cochonne qui s'en dédit !

Rob Gordon a dit…

Désolé pour moult.
Pour le reste, l'emmerdeur orthographique que je suis invoque une mauvaise technique de frappage de clavier entraînant d'inévitables fautes de frappe, ce à quoi il convient d'ajouter une profonde aversion pour la relecture. Mais tu fais ça si bien, je crois que je vais t'embaucher. Tu prends combien par critique ?

Pascale a dit…

Au moins t'as la preuve que je lis tout !

Si tu corriges, ce sera gratos. Sinon, ça peut te coûter très très cher et je ne crois pas que je serais dans tes prix.

Jeff a dit…

Salut à vous, un 1er post en mode donneur de leçons (Pascale en a vu beaucoup mais il en reste une) :

un bébé dans le pacard ??

(désolé j'ai fait du SR au boulot pour la première fois aujourd'hui donc j'ai l'oeil ca y est !)
Comme beaucoup d'autres, ta critique est alléchante, d'autant que j'ai vu la bande annonce il y a quelques jours et ca a l'air d'être du grand n'importe quoi !
Si ton cher Gaumont Amiens le met à l'affiche, je te dirai ce que j'en ai pensé
A+

Thibault F. a dit…

Et bien merci Thomas, tu viens de me convaincre définitivement à aller le voir ! :)

Rob Gordon a dit…

Merci pour vos corrections.
Roooh, Thibault, maintenant tout le monde sait que je ne m'appelle pas Rob, c'est malin.

Pascale a dit…

y'a vraiment que des balances sur ce blog !!!

Tu dis "rooooooooh" toi maintenant ?

On va pouvoir dire kikoo alors !

Pascale a dit…

merci !-)))

Hyacinthe a dit…

Attention les gens, si le kikoo est autorisé, le "xoxo LOL ptdr mdr jmrptdr" va pas tarder à faire son apparition, et transformer le blog de 'Rob' ;) en skyblog ! Rôooo !

SysTooL a dit…

J'étais a priori plutôt dubitatif face à ce VERY BAD TRIP... si tu me dis qu'il est nettement que EH MEC! ELLE EST OU MA CAISSE??, je risque de changer d'avis... :-)

SysT

Fred a dit…

Je l'ai finalement vu, un peu en retard. En VF, en plus. Je suis sûr que la VF gâche beaucoup. Mais malgré la VF, j'ai vraiment beaucoup rigolé. Un film super, merci à toi, ô critiqueur éclairé.

LOL MDR

BOB a dit…

Incroyable comédie consensuelle et molle qui s'offre le luxe de passer à côté de son sujet, trop occupée à satisfaire son audience pour aller jusqu'au bout de son idée.

A côté de ça, des bonnes comédies sympathiques passent totalement inaperçues et/ou ne sortent pas.

Au lieu de se farcir cette daube, autant revoir Old School qui ose exloiter un minimum son pitch de départ (l'initiation, les fêtes, la flêche...).

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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