20 juin 2009

TRANSFORMERS 2 - LA REVANCHE

Deux ans après un Transformers déjà beauf et gerbant, Michael Bay remet le couvert avec l'objectif annoncé d'envoyer du lourd, du très lourd, et d'exploiter au maximum des robots qu'il avait tardé à montrer dans le premier film. Promesse tenue : Transformers 2 est un pur carnage, gigantesque amas de tôle froissée qui réjouira sans nul doute les bourrinomanes. Ça commence d'ailleurs très très fort avec ce qui ressemble à s'y méprendre à la bande-annonce du 10.000 de Roland Emmerich. Ou plutôt 17.000, puisque le scénar nous fait remonter 19 millénaires en arrière pour nous montrer la rencontre entre les hommes préhistoriques et les transformers. Dès ce court prologue, dont le ton solennel est parfaitement risible, on comprend que Bay n'a pas augmenté le budget neurones de son film. Celui-ci est parfaitement crétin de bout en bout, mais ce n'est pas une surprise : simplement, il réussit l'exploit de l'être encore plus que le premier volet, qu'on le prenne au premier degré ou pas.
C'est bien simple : dans Transformers 2, tout est décuplé, voire même passé à la moulinette de l'exponentielle. Les gags vulgaires s'enchaînent à vitesse grand V : chiens qui s'enfilent, blagues sur le scrotum, gens qui se pètent la gueule. L'esprit beauf est permanent : outre Megan Fox, plus pute de luxe qu'actrice et qui passe son temps à faire ressortir son popotin au lieu d'essayer de jouer, on pourra également noter quelques splendides saillies de la part d'un John Turturro qu'on ne savait pas si désespéré. Le voir se désaper et dévoiler un string d'une laideur sans nom n'est pas que vulgaire : c'est aussi terriblement gênant pour les amoureux de Barton Fink et autres. Nul doute que le DVD de Transformers 2 sera bientôt offert à tous les abonnés de Tuning magazine et Newlook ; ceux qui préfèrent le cinéma en seront exemptés.
Une fois encore, rien d'étonnant à cela : on ne peut exiger de Michael Bay qu'il nous livre un drame torturé et profond, rempli de thématiques intéressantes. Mais ce qu'il y a d'agaçant, c'est que ce type semble de plus en plus persuadé que pour attirer les gens dans les salles, il faut leur fournir le spectacle le plus gras et excessif qui soit. Son modèle a beau être Steven Spielberg, c'est plutôt à Stephen Sommers ou Jon Turteltaub que l'on pense tant l'ensemble est poussif et mal filmé. Car s'il a le sens de la pyrotechnie, Bay n'a rien d'un grand metteur en scène, ni même d'un réalisateur efficace. La débauche d'effets numériques et de gros robots destructeurs ne peut pas faire oublier le montage calamiteux, et le caractère illisible de l'ensemble. La plupart du temps, on ne comprend rien aux scènes d'action tant tout semble se limiter à des coups dans la gueule et plein d'explosions. Que Bay s'amuse comme un gosse avec des joujoux, c'est une chose ; avec un tel budget, il, pourrait au moins tenter de nous en faire profiter un peu.
De fait, le film est une purge absolue, puisqu'entre deux moments bien navrants (à cause de l'humour ou de longs dialogues se voulant sérieux mais totalement creux), les scènes d'action viennent vriller la tête du pauvre spectateur au lieu de lui réjouir la rétine. Les trois derniers quarts d'heure sont particulièrement pénibles : dans son désir de surenchère, Michael Bay a brodé un combat titanesque entre Decepticons et Autobots, mais on n'y entrave que dalle. On sort de ce gigantesque jeu de massacre avec les yeux abimés, les tympans percés et le nez qui saigne, et ces dommages physiques ne sont absolument pas compensés par la moindre once de plaisir. Hystérique sur tous les plans, Transformers 2 est pourtant d'un ennui mortel, prouvant que même réussir un film outrancier n'est pas à la portée de tout le monde. Avec The island, on pensait Michael Bay assagi, ou en tout cas prêt à se tourner peu à peu vers des films un peu moins cons. Ce n'est vraisemblablement pas le cas : pire, il semble se muer en une sorte de Jean-Marie Bigard du blockbuster américain, prêt à toutes les outrances pour essayer de faire réagir, mais finalement si consensuel et ennuyeux qu'il ne peut que faire de la peine.




Transformers 2 - la revanche (Transformers : revenge of the fallen) de Michael Bay. 2h31. Sortie : 24/06/2009.
Autre critique sur Une dernière séance ?.

10 commentaires sur “TRANSFORMERS 2 - LA REVANCHE”

Benjamin F a dit…

Mot pour mot la critique que j'aurais écrit.

C'est très simple, je n'irais même pas voir le film pour me fendre du plaisir d'une critique assassine parce que tout est là.

En fait je vais puet être publier une chronique avec juste un baklink vers la tienne...

Bj&Mat a dit…

Je partage la 1ère partie de ta critique sur les blagues border-line que j'ai préféré immédiatement oublier en sortant de la projection.
Ceci étant, par rapport au 1er opus, les scènes d'action sont de mon point de vue nettement plus lisibles et infiniment plus spectaculaires.
Bay pose davantage sa caméra ce qui permet de profiter pleinement du spectacle.

Après il est vrai que le film est un x10 du premier volet. Un pur divertissement régressif mais que j'attendais comme tel donc je suis rentré pleinement satisfait :-)

Au fait, présent vendredi prochain ? Il faut que l'on essaye de se rencontrer enfin ;-)

A plus tard,
Mathieu

Rob Gordon a dit…

Y a quoi vendredi ? Pour l'instant j'ai une émission de radio, mais je suis pas sûr que tu parles de ça...

Rob Gordon a dit…

Benjamin : be my guest. ;)

Jango a dit…

@Rob Gordon > La soirée Allociné

Rob Gordon a dit…

Je ne fais pas partie du Club 300. Donc c'est non.

Jango a dit…

Alors là je suis surpris :-o

J'aurai placé ma main sous l'échafaud que tu étais dans le Club 300.
Choix personnel de ne pas en être ou un oubli d'Allociné ce qui serait profondément scandaleux ?

A plus tard,
Mathieu

Rob Gordon a dit…

Choix personnel. Je n'ai pas encore compris ce que ça nous apportait.
Je préfère rencontrer les blogueurs par d'autres biais...

Pascale a dit…

Pfff, ça ne rapporte RIEN mais on peut se rencontrer et c'est chouette.
Moi comme je suis loin, ça me donne des impératifs pour accepter une invitation de temps en temps... sinon, on reporte tout le temps !

raphaelB a dit…

Excellente critique. Dans mes rss rob gordon.

 
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