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SMART PEOPLE

Heureux les simples d'esprit ? Peut-être. Tout le contraire des héros de Smart people, aussi intelligents que le titre le laisse supposer, mais infoutus de se faire une place douillette dans ce monde trop douloureux pour eux. Pour son premier long, Noam Murro (qui avait eu la bonne idée de planter Le cercle 2 à quelques jours du tournage) s'intéresse à ces gens trop conscients de la réalité qui les entoure et trop réfléchis pour être naturels. Les mots d'amours sont remplacés par des sarcasmes, tout sentiment plus intense que la moyenne est masqué par une bonne dose de cynisme, et les retrouvailles en famille se limitent à un échange de petites vacheries désabusées et à un concours d'étalage de culture. D'où un film totalement inconfortable et même souvent crispant, puisque la plupart de ses personnages sont totalement insupportables.
Smart people constitue donc un pari ô combien osé : faire rire (ou au moins sourire) avec à disposition une poignée de personnages agaçants et dépressifs. Même s'il en rebutera plus d'un, le film réussit plutôt bien son coup, notamment grâce à un casting bien fourni. Dans une version mélancolique de son génial personnage de Sideways, Thomas Haden Church est la bouffée d'air frais du film ; Dennis Quaid n'en finit plus de (bien) jouer les quinquas qui vieillissent mal ; quant à Ellen Page, elle exploite à merveille sa frimousse sur laquelle semble être écrit « je suis intelligente et je vous emmerde » qui faisait déjà tout le sel de Juno. Exécuté avec professionnalisme (façon de dire que la réalisation est très carrée et très sage), le film bénéficie en outre d'une excellente bande originale qui accentue le spleen général planant au-dessus de lui.
Même s'il manque de ressort et semble parfois avoir abusé du Lexomil, Smart people ressemble à une version indé et moins foldingue du Wonder boys de Curtis Hanson. Les deux films partagent quelques grands thèmes, dont l'idée que la après-création est une souffrance terrible et que l'excès de neurone nuit sérieusement au bien-être. Leurs titres interchangeables mettent en lumière l'étrange cousinage qui les relie, et le rêve de tout fan des deux films serait d'en découvrir la suite commune, mettant aux prises Grady Tripp (Michael Douglas chez Curtis Hanson) et Laurence Wetherhold (Dennis Quaid chez Murro). On peut toujours rêver.




Smart people de Noam Murro. 1h31. Sortie : 17/06/2009.
Autre critique sur Tadah ! blog.

4 commentaire(s):

Pascale (17/6/09 17:52) a dit…

Vaut mieux être con et moche alors ???
J'ai aucune chance dans la vie ; je suis sublime, surdouée et dépressive.

Rob Gordon (17/6/09 18:28) a dit…

Moi aussi, dis donc. On n'a pas de bol.

Pascale (17/6/09 20:08) a dit…

c'est dur !

laternamagika (22/6/09 01:26) a dit…

Smart People, Sunshine Cleaning, même combat. J'ai beaucoup de mal avec ces films là, gentillets, faussement cyniques, très puritains, très consensuels là encore.

Reste Ellen Page. Je l'appréciais déjà sans jamais être entré dans le jeu du culte de sa personnalité auquel certain se prêtent volontiers depuis Juno. Mais là, totalement conquis par elle.

 

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