14 juin 2009

LES BEAUX GOSSES

Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs, précédé d'un buzz pharaonique, bénéficiant de l'aura de son réalisateur (auteur de BD acides et réjouissantes, notamment sur la condition de l'ado), Les beaux gosses était donné gagnant avant même sa sortie. Il est vrai que le film de Riad Sattouf remet les choses à leur place et montre qu'il y a plus drôle, plus réaliste et moins bourgeoise que Lol. Même s'il fait évidemment dans l'excès et la caricature pour tenter de faire rire, Sattouf a le ton juste pour décrire ces jeunes types d'une quinzaine d'années qui se débattent pour choper de la meuf mais devraient penser avant tout à s'acheter de l'Eau Précieuse, du déo, des fringues décentes et un bon peigne. Et accessoirement se forger une culture ou une singularité leur permettant de sortir du lot par leurs atouts et non par leurs nombreuses tares. Les beaux gosses restranscrit à merveille l'état d'excitation frustrée qui anime nos jeunes, et pas forcément que les mâles.
On comprend finalement assez bien le pourquoi de cette sélection à la Quinzaine : même s'il n'a peut-être pas été conçu comme tel, Les beaux gosses est d'abord un document sociologique précieux pour comprendre ce drôle d'individu qu'est le jeune, ainsi qu'une contribution au devoir de mémoire afin d'empêcher que les adultes oublient qu'eux aussi ont été des queutards avec plus de sébum que de neurones. Ce qui est moins réussi en revanche, c'est le côté comédie pure du film. Même s'il déborde de situations rocambolesques et insolites, le film de Sattouf peine à provoquer l'hilarité et à aligner des gags. Étonnant de la part d'un artiste capable de faire rire à la dernière case de chaque planche de certains de ses ouvrages. Là, une fois assimilée l'improbable dégaine du héros Hervé et de son pote Camel (voir l'affiche), le scénario se limite trop souvent à une série de scènes balisées, excellemment dialoguées mais un peu déjà vues. La relation de Hervé avec la jolie Aurore est très représentative de ce mal : cousue de fil blanc, elle nous montre l'opposition classique entre le mec qui veut toucher partout ou c'est possible et la fille qui souhaite prendre son temps et baigner dans le romantisme à coups de baisers bien baveux. C'est un peu court, jeune homme.
Loin d'être l'incroyable fou rire promis, Les beaux gosses est au demeurant un film fort sympathique, qui bénéficie d'une excellentissime bande originale et d'une mise en scène alerte. Et, last but not least, remet au goût du jour le mythe de la MILF à travers trois personnages féminins éminemment attirants : Emmanuelle Devos en principale sexy et juvénile, Irène Jacob en ancien mannequin La Redoute (de l'époque où on voyait tout à travers les sous-vêtements), et surtout Valeria Golino dans ce qui est peut-être la meilleure scène du film : une parodie de vidéo X mettant en exergue la MILF et les clichés inhérents au genre. Une séquence hénaurme mais qui, comme le reste de ce bon divertissement, manque de ce petit mordant qui fait les excellentes comédies.




Les beaux gosses de Riad Sattouf. 1h30. Sortie : 10/06/2009.
Autre critique sur Tadah ! blog.

1 commentaire sur “LES BEAUX GOSSES”

Benoit a dit…

complétement d'accord avec toi, c'est "Loin d'être l'incroyable fou rire promis" !

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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