29 avr. 2009

INCOGNITO

Ce n'était pas gagné d'avance : le réalisateur de Poltergay qui dirige Franck Dubosc (en acteur ringard) et Bénabar (en chanteur), ça faisait un peu peur. D'où l'énorme surprise que constitue cet Incognito, comédie populaire imaginative et hilarante, qui propulse Éric Lavaine comme le possible héritier numéro 1 de Francis Veber (celui des films avec Pierre Richard et du Dîner de cons, pas celui de Tais-toi ! et des expériences ratées aux États-Unis). Pourtant, voir Dubosc faire le mime ou se promener quéquette à l'air n'a a priori rien de vraiment novateur ; la différence, c'est que Lavaine possède le sens du tempo et de la mise en valeur, et qu'il n'hésite pas à prolonger un même gag assez longtemps pour que celui-ci ne soit plus juste amusant, mais carrément tordant. Le moule-bite de Camping et le justaucorps de Disco ne faisaient pas le même effet : la différence, c'est qu'il y a là un vrai metteur en scène, qui pense ses effets sur le long terme au lieu d'aligner bêtement les gags.
Au centre de l'intrigue, un quiproquo, évidemment énorme, mais que Lavaine assume comme tel. Il crée alors un jeu de dupes permettant à l'humoriste de laisser libre cours à sa loufoquerie (son côté pique-assiettes cradingue fait penser au personnage de Rhys Ifans dans Notting Hill), sans pour autant reléguer les autres acteurs au second plan. Forcément un poil en retrait du fait de son rôle, Jocelyn Quivrin contribue pourtant à augmenter le capital sympathie de l'ensemble. Et Bénabar est une vraie révélation, pas un Hugh Grant français mais pas loin, capable d'être à la fois crédible dans le romantisme et dans le comique débridé. Impossible de se lasser ou de décrocher tant Lavaine parvient à donner du souffle et de l'éclat à des situations pas toujours neuves ; mieux, il parvient à faire régulièrement rebondir le fil scénaristique pour ne pas jouer la même gamme pendant une heure et demie.
Tout est donc réuni pour que l'on rie, et on rit : parce que les dialogues sont affûtés comme autant de punchlines décapantes ; parce que les acteurs s'en donnent à coeur joie (seule Virginie Hocq, qui n'est là que pour faire la grenouille, est un peu casse-bonbons) ; parce que ça tourne fréquemment au délire total (ah, le coupage de bois) avant de retomber savamment sur ses pattes ; et parce que ça prouve que certains français peuvent être aussi doués que leurs homologues britanniques ou américains lorsqu'il s'agit de faire dans la gaudriole de qualité. Vraiment étonnant.




Incognito d'Éric Lavaine. 1h34. Sortie : 29/04/2009.
Autre critique sur CineManiaC.

6 commentaires sur “INCOGNITO”

MG a dit…

C'est bizarre ta note ne m'étonne pas car à la vue de la bande annonce j'ai eu l'impression que ce film était drôle, incroyable ! Faut que je vois ça de mes propres yeux...

Foxart a dit…

Ah bah, je me disais..." ça y est, ça confirme, il est maso.."lol
Et puis c'est bien, ça, alors ?!
C'est vrai que la bande-annonce m'a fait plutôt marrer...
Mais Poltergay était une telle bouse que j'ai du mal à y croire...
Tu avais fumé ou bien ?! lol
Bon du coup, je suis un peu curieux...
Mais je crois quand même que j'attendrais la diffusion télé...

Jérôme a dit…

ca donne envie, je sens que ce film va être une nouvelle surprise...

Rob Gordon a dit…

Pour le coup, celui-là, on me l'a quasiment imposé. C'était il y a quasiment 2 mois je crois, tôt le matin, loin de chez moi, bref, un calvaire annoncé.
Et là, surprise. Avec mes voisins de siège et amis, venus comme moi "sous la contrainte", nous avons ri, re-ri, re-re-ri. Et nous étions parfaitement à jeun tous les quatre.

pL a dit…

Oui, je suis entièrement d'accord avec toi. Dubosc est drôle, le film est une excellente surprise. Inattendu.

Mickaël RG a dit…

Non, non ! 8/10 c'est beaucoup trop ! Je m'offusque.
Cette comédie est parfaitement sans saveurs ni originalité. Je ne vois vraiment pas ce qui en ferait une production folle qui sortirait du lot. Il y a quelque chose dans le délire du quiproquo qui ne prend jamais. Les gags retombent toujours à plat en raison d'un rythme hésitant et qui conduit à une fin prévisible. Tout est cousu de fil blanc, et face à la simplicité du scénario (je ne critique en rien l'idée de départ), il aurait fallu une débauche d'énergie et d'humour supplémentaire de la part des dialoguistes puis des acteurs (Dubosc est encore en représentation, Bénabar et Marivin sont insupportables, Quivrin transparent) pour que la comédie fasse pleinement sourire et vraiment rire. Conventionnel voire niais, Incognito ne sauve en rien la molle comédie française.

 
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