1 févr. 2009

VOLT, STAR MALGRÉ LUI

Après le clebs de Belmondo et en attendant le Marley d'Owen Wilson et le déjà culte chihuahua de Beverly Hills (ainsi que les prochains Bourdon et Dupeyron), c'est au tour du toutou de chez Disney de béraquer sur les écrans. Curieusement rebaptisé Volt en VF, Bolt est au départ un personnage moins plat que ne le laisse penser sa frimousse de héros pour bambins. Volt, star malgré lui démarre en fait de façon assez intéressante, faisant de ce chien une sorte de nouveau Truman Burbank, héros malgré lui de ce qu'il croit être la vie normale mais qui n'est qu'une fiction orchestrée par des producteurs cyniques et avides de fric. Sauf que là où Truman devait attendre la fin du film pour obtenir son bon de sortie, Volt est lâché dans la nature après une dizaine de minutes, découvrant la vraie vie de façon abrupte. D'autant qu'il se refuse à voir la vérité en face et à accepter sa nature de chien ordinaire.
Ce postulat assez futé donne lieu à un début de film sympathique et intéressant, peinture sans accroc de l'affreux monde du divertissement, notamment à travers un personnage d'agent de star ressemblant à s'y méprendre à Lionel Jospin, et aussi doué en langue de bois et en lâcheté indigne. Malheureusement, un Disney reste un Disney : à mesure que les héros (un chat, un chien et un rongeur, comme l'indique l'atroce chanson qui ponctue le film) s'enfoncent dans l'Amérique profonde, le film perd toute trace de cynisme et devient une version animée de L'incroyable voyage, avec ses animaux malicieux et courageux auxquels il ne manque même pas la parole.
Tout cela serait même franchement ennuyeux s'il n'y avait pas Rhino, fabuleux petit hamster (?) coincé (ou planqué) dans une boule en plastoc. Comme souvent dans ce genre de dessin animé (euh, film d'animation, pardon), un second rôle vient voler la vedette à ces héros trop sérieux pour être attachants. N'en finissant plus de sombrer dans la banalité et les bons sentiments (ah, l'indéfectible amour de l'animal de compagnie pour son maître), Volt finit même par creuser sa propre tombe à coups de scènes chantées et de retrouvailles interminables. Ça ne donne pas envie d'adopter un chien, mais plutôt de revoir The Truman show.
5/10

(autre critique sur L. aime le cinéma)

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"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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