27 janv. 2009

THE CLUB

Ça devait être bien, les années 80. Encore faut-il être assez vieux pour les avoir vécues autrement qu'en culottes courtes. The club a au moins le mérite d'offrir une reconstitution fauchée mais honnête de cette période. Sous la caméra de Neil Thompson, tout cela ressemble à un long clip de Madness, avec ses lunettes noires trop grandes, ses costards n'allant qu'aux types ayant un peu d'épaules, et ses filles arborant des minijupes et soutifs à damier. La grande classe.
Bref, les années 80, ça devait être vachement bien, mais Neil Thompson n'a pas réalisé The club juste pour offrir une séquence nostalgie aux moins frais d'entre nous. Inspiré du best-seller d'un ex-agent de sécu ayant longtemps travaillé pour un night club, son film retrace le parcours de quelques types aux mâchoires carrées et aux poings affûtés, qui tentèrent de protéger une boîte de nuit des vilains vendeurs de drogue. On sent l'influence de Loach et de Scorsese ; seulement, un tas de modèles respectables n'a jamais suffi à faire un bon film. Aussi peu charismatique que son héros (Mel Raido, l'endive du mois), The club n'est au final qu'un petit machin mal fagoté, qui voudrait être à la fois un drame social et un polar bien sanglant mais échoue finalement dans tous les registres.
La réalisation poussive insiste longuement sur des bastons molles du genou, dévoile ensuite l'admiration du réal pour la coolitude de ces videurs de boîte de nuit (c'est vrai que Colin Salmon a la classe), puis saute du coq à l'âne en jouant tout à coup la carte de la fausse pudeur et de la dignité, le temps de nous montrer le marasme social dans laquelle s'agitent les personnages. Chaque genre désamorce l'autre, et si la violence se fait croissante, c'est parce que Thompson l'utilise comme un miroir aux alouettes destiné à masquer l'absence de rythme et d'enjeux de son film. Tout comme le twist final, totalement inapproprié, et révélant une fois encore l'inaptitude de The club à se rendre intéressant pour lui-même.
4/10

(autre critique sur Une dernière séance ?)

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"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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