18 déc. 2008

LE CHANT DES MARIÉES

Auteur du magnifique La petite Jérusalem, Karin Albou nous revient avec une oeuvre à nouveau marquée par la religion et la chair. Sous une apparence classique, Le chant des mariées offre un nouveau regard sur des thèmes tels que le mariage forcé et l'appréhension de la nuit de noces, mais aussi sur la menace nazie, incessante et lancinante. Situé en Tunisie, le film se base sur une simple histoire d'amitié entre une musulmane et une tunisienne, mais dépasse rapidement le sempiternel refrain "différentes mais unies" pour aller explorer des terrains bien plus sombres.
Que l'image - bleutée, limpide - ne trompe pas : le pessimisme et la peur dominent ce Chant des mariées, où la découverte de la féminité prend des allures de torture - terrifiante scène d'épilation - et où les êtres sont si faibles qu'ils peuvent être tentés par la collaboration avec l'oppresseur. Ce qui peut donner lieu à quelques scènes un rien schématiques, mais finalement emportées par une certaine beauté formelle. La destinée des deux héroïnes a de quoi captiver jusqu'à la fin.
Dommage cependant que Le chant des mariées pâtisse de quelques défauts typiques d'un premier long, et beaucoup moins excusables ici : la direction d'acteurs est parfois un peu lâche, et certaines erreurs techniques viennent couper l'élan du spectateur - il faut virer le perchman. C'est toute la bizarrerie du film, qui semble moins mûr et abouti que la première oeuvre de la réalisatrice. Plus fauché, aussi. On attend la suite du travail d'Albou avec une certaine fébrilité.
6/10
(également publié sur Écran Large)

6 commentaires sur “LE CHANT DES MARIÉES”

Anonyme a dit…

Ni le perchman ni la réalisatrice n'ont à voir avec le fait que vous ayez pu voir des micros dans le champs, mais bien plutôt les projectionnistes qui ne passent pas le film au bon format qui doit être du 1/85. S'ils le passent en 1/66 ou que leur fenêtre de projection n'est pas aux normes, le spectateur aperçoit alors les micros qui normalement devraient rester hors champs. Alors plutôt que d'écrire cela, plaignez-vous directement aux salles de cinéma !

Rob Gordon a dit…

Peut-être, mais ce qui me fait sacrément douter, c'est que ce problème n'a lieu que dans une seule scène, pas dans tout le film.
J'ai déjà vécu des séances où le projectionniste s'était trompé de format, et là, la perche apparaissait dans toutes les scènes. Pas ici.
Mais si c'est réellement la faute du projectionniste, je m'en excuse.

Berlioz a dit…

J'ai vu le film ce week-end, et à aucun moment je n'ai vu un micro dans le champ. Si vous en avez vu un, c'est que ça venait sûrement d'une erreur de format dans la salle.
Je trouve vraiment regrettable que vous vous en preniez de manière aussi virulente à un pauvre perchman qui n'y peut sûrement rien!

Rob Gordon a dit…

Combien de fois faut-il que je m'excuse ?

Anonyme a dit…

En fait le micro devait être au moment du tournage dans "la réserve" et c'est pour cela qu'il n'apparaît que par moments mais je ne pense pas que le réalisateur ou la monteuse aie laissé des micros dans le film ! Ce qui serait bien c'est que vous nous disiez dans quelle salle vous avez vu le film pour qu'on y envoie pas nos copains ! Et qu'on leur dise de changer leur fenêtre !

Rob Gordon a dit…

Allez, je balance : un cinéma parisien, au demeurant très sympa, qui se nomme La Bastille. Que ça n'empêche personne d'y aller : s'il y avait eu dans la salle des spectateurs un peu plus malins que moi, ils seraient allés prévenir le projectionniste et tout serait rapidement rentré dans l'ordre.

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz