29 nov. 2008

LE PLAISIR DE CHANTER

Une clé USB, de l'uranium, des espions... On se croirait dans un James Bond. Sauf que l'auteur se nomme Ilan Duran Cohen, et que Le plaisir de chanter est avant tout une comédie, extrêmement débridée et bien troussée. Duran Cohen, dont le talent ne se dément pas de film en film, a bâti un univers ultra singulier, vraiment jamais vu, au décalage permanent et toujours délicieux. Les situations croquent sous la dent, les personnages illuminés mais taillés avec précision, et les dialogues ne cessent de toucher juste : bref, c'est du très beau travail. Mais le cinéaste n'est pas homme à se contenter d'un joli scénario : la mise en scène est inventive et la direction d'acteurs au cordeau, donnant à plusieurs interprètes leur meilleur rôle depuis bien longtemps. À commencer par Marina Foïs et Lorànt Deutsch, couple improbable et touchant, qui sortent enfin des rôles dans lesquels on les a vus tant de fois. Jeanne Balibar n'est pas mal non plus en veuve joyeuse, diva à ses heures, qui ne rêve que de variété. Mais c'est Julien Baumgartner, dans le rôle de la petite pute de service, qui fait le plus d'étincelles, lui que l'on n'avait vu jusque là que dans le navrant Sexy boys (sorte d'American pie à la française).
Ici, tous les acteurs se mettent à nu, au propre comme au figuré. Car Le plaisir de chanter aurait également pu s'appeler Le plaisir de baiser, tant ça copule dans tous les sens. On a rarement vu autant de scènes de cul, d'acteurs connus complètement à poil, d'érotisme débridé. C'est d'autant plus audacieux que Duran Cohen parvient à rendre ces scènes-là aussi drôles et réussies que les autres, et jamais gratuites car toujours intégrées au film de façon cohérente. Il n'y a rien de plus difficile que le mélange des genres, mais cela fonctionne du feu de Dieu, sans perte de vitesse ou presque, avec une énergie sans cesse renouvelée et un vrai suspense. Et puis, en creusant un brin, Le plaisir de chanter énonce aussi pas mal de vérités sur le couple, le désir, l'amour, avec plus de justesse que bien des drames consacrés à ce sujet. En cette période de morosité ambiante, où les gens font la gueule plus que de raison, voici un film salvateur, jubilatoire et extrêmement recommandable, interdit aux moins de dix ans mais obligatoire pour tous les autres.
7/10

2 commentaires sur “LE PLAISIR DE CHANTER”

Pascale a dit…

Je remarque quand même que Lorant Deutsch (sexe symbol pour Marina ici : idée géniale !) n'enlève jamais sa culotte et Dominique Reymond son imper. Mais c'est vrai que ça baise dans tous les coins et Julien Baumgartner réussit un véritable exploit. Avec sa gueule d'amour et son rôle difficile, il est une des lumières du film.
Et puis les peurs de vivre, de vieillir, d'aimer, de s'engager sont vraiment bien vues.
Une surprise de taille !

Anonyme a dit…

Le film est bon, mais c'est vrai que le slip de Lorant Deutsch se remarque et casse l'ambiance. D'après ce que j'ai entendu à la radio, il était convenu qu'il se mette nu mais a refusé au dernier moment. C'est particulièrement déplaisant dans un film au ton si libertaire, et qui, en tant d'autres séquences, montre que la nudité est naturelle. Je me demande si Deutsch et Duran-Cohen sont vraiment faits pour travailler ensemble. Déjà dans "Les amants du Flore", Deutsch avait refusé de se montrer nu alors que la situation l'exigeait.

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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