27 oct. 2008

THE VISITOR

Digne et émouvant. Voilà ce que l’on peut dire de The visitor, comédie dramatique et mélancolique qui donne une dimension différente à des thèmes archi rebattus comme la tolérance, la précarité et les sans-papiers. Le deuxième film de Tom McCarthy est d’abord une belle histoire d’amitié, celle de deux hommes n’ayant rien en commun mais se retrouvant finalement autour de passions et d’idéaux communs. On craint un instant de tomber dans une formule prémâchée, le genre de film où trois cours de djembé suffisent à sceller une amitié indéfectible. Mais McCarthy est un cinéaste classieux et malin, et mène son récit avec détermination et finesse. Du coup, même la naissance du lien reliant Walter à Tarek a quelque chose d’intense, comme si on assistait à cela pour la première fois.
La suite est à l’unisson : The visitor embrasse alors des sujets plus graves, tellement banalisés qu’ils ne font plus l’objet que de quelques entrefilets dans la presse. Pourtant, derrière chaque fait divers se cachent des drames humains, des souffrances multiples, des familles et des couples qui éclatent. C’est lourd à traiter, mais McCarthy sait que de tels sujets se passent de grands discours, et qu’il suffit d’un constat silencieux pour se rendre compte de l’impact d’une expulsion ou d’une séparation. Connu pour son rôle de père fantôme dans LA série, j’ai nommé Six feet under, Richard Jenkins apporte son regard triste et sa colère rentrée à un personnage épatant. Il n’était pourtant pas évident de rendre crédible ce professeur d’université coincé et déprimé qui se lâche soudain à la suite d’une rencontre fortuite et va jusqu’à se rebeller contre un système détestable. Jusqu’à la dernière image, il irradie le film de sa belle dignité, qui fait de The visitor une œuvre des plus recommandables.
8/10

3 commentaires sur “THE VISITOR”

Pascale a dit…

PLus que recommandable en ce qui me concerne, incontournable.

Stoni a dit…

Gravement recommandable puisque d'utilité publique. Un film qui est le reflet cinglant des positions politiques sur l'immigration. A côté, c'est un film presque optimiste. A l'image des relations humaines, rien n'est toujours tout blanc ou tout noir.

Ph a dit…

Un beau film. Les Etats Unis peuvent faire de beaux films lorsqu'ils ne font pas des blockbuster. Bien que celui-ci mériterait d'être vu par le plus grand nombre.

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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