11 sept. 2008

CHERRY BLOSSOMS - UN RÊVE JAPONAIS

Drôle de film que ce Cherry blossoms, qui commence comme un drame à l’allemande, bien plombant, avant de finir au pied du mont Fuji, sur les traces du cinéma de Yasujiro Ozu. Deux films en uns, fortement ancrés l’un à l’autre par un thème commun : la façon d’appréhender la mort, la sienne comme celle des autres. Tout commence selon le point de vue de Trudi, qui apprend que son mari Rudi n’en a plus pour très longtemps, et qui décide de ne rien lui dire et de pousser cet adepte de la routine à aller voir un peu de pays. La réalisatrice Doris Dörrie (très célèbre en Allemagne, paraît-il) dissipe rapidement nos craintes d’assister à un énième discours faussement angélique (carpe diem et tout le tintouin) en se concentrant sur l’amour que se portent les deux époux en dépit du mensonge qui ronge leur couple. Un peu lénifiante, jamais loin de tomber dans le pathos, cette première partie a de quoi en faire fuir plus d’un.
Et c’est bien dommage, tant la suite évolue dans le bon sens, celui d’un cinéma naturaliste et iconoclaste. Enfin décidé à aller de l’avant, Rudi rend visite à son fils au Japon, et ne tarde pas à rencontrer la jeune Yu, adepte du butoh, curieux mélange de danse et de théâtre. La relation qui se noue entre Rudi et Yu, tout sauf ambiguë, apporte non seulement une fraîcheur bienvenue, mais également un regard nouveau sur la mort, un point de vue plus léger dans la mesure du possible. La dernière demi-heure, montrant Rudi qui patiente jour après jour en espérant voir le mont Fuji enfin débarrassé de la brume qui l’enveloppe, a quelque chose d’apaisant et d’exaltant. Une fin qui rend la lourdeur du début quasi légitime : Dörrie a ainsi démontré la lourdeur du mode de pensée occidental, où les morts sont des fardeaux alors que personne ne s’en souciait lorsqu’ils étaient encore en vie. C’est d’autant plus réussi qu’elle-même évite de tomber dans le mélo lors des moments les plus tragiques de cette jolie étrangeté.
7/10
(également publié sur Écran Large)

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"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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