6 août 2008

LES 3 P'TITS COCHONS

Avec son titre blagueur et son affiche clownesque, Les 3 p’tits cochons passe évidemment pour une pure pantalonnade ne parlant que de cul, de cul, et de cul. Sauf que le film de Patrick Huard, s’il est évidemment très axé sur la chose, n’est pas la totale beauferie attendue. Dans Les 3 p’tits cochons, si on multiplie les propos graveleux et les aventures extraconjugales, c’est pour mieux masquer son désarroi, sa solitude, son manque de repères. Plus que cet accent à couper au couteau, un vrai lien unit Huard à son aîné Denys Arcand, et notamment à son dernier (et meilleur) film, L’âge des ténèbres, récit de la middle life crisis traversée par un pauvre agent d’assurances. Au programme : fantasmes, propos grivois, mensonges et trahisons, amertume. Le film alterne scènes ouvertement comiques, parfois grasses mais souvent réussies, et séquences plus rentrées, où l’on observe les trois frangins du titre se débattre pour tenter de sauver leur couple. Ils s’y prennent souvent à l’envers, multiplient les erreurs, mais font ce qu’ils peuvent.
Les 3 p’tits cochons est donc une comédie, mais il n’est pas certain que le spectateur en sorte avec la pèche. Car ce film est un miroir, qui nous renvoie à notre propre médiocrité et à nos contradictions les plus intimes. Chez Huard, tous les hommes finissent un jour par tromper leur femme : c’est évidemment excessif, mais bien révélateur du tumulte qui secoue une société qui se veut toujours plus sexy, attirante, séduisante. Sous la farce apparente, chacun trouvera son petit morceau de vérité. À cause de son titre et de l’absence de noms connus sur l’affiche, Les 3 p’tits cochons risque de disparaître rapidement de l’affiche. C’est injuste si l’on se rappelle l’aberrant succès des Invasions barbares, dans lequel Denys Arcand (encore lui) traitait peu ou prou des mêmes sujets, mais avec une condescendance et une non-drôlerie proprement consternantes. Mieux vaut voir le film de Patrick Huard, surtout lorsqu’on est amateur de cheums qui racontent des menteries et ne pensent qu’à leurs gosses pendant que leurs femmes vont magasiner. Une précision pour finir : le film est sous-titré en français. On pourra au choix trouver cela pratique, ou complètement insultant.
7/10

3 commentaires sur “LES 3 P'TITS COCHONS”

Caulfield a dit…

Insultant?

J'ai regardé le film sans sous-titres, et certaines phrases (voire certaines scènes entières) me sont restées aussi obscures qu'un combat de panthères dans une mine de charbon...

Enfin, c'est encore rien par rapport à C.R.A.Z.Y. Pour celui-là, j'ai carrément abandonné l'idée de décrypter ne serait-ce qu'une phrase sur trois. Quand les québécois s'emportent, ils lancent les mots comme des balles de fusils!

En tout cas, j'ai assez peu apprécié "Les 3 P'tits Cochons", même si le rapport avec le conte est plutôt pertinent (notamment au niveau de l'ascension dans l'improbable).

Pascale a dit…

EH OH feignant, tu pourrais essayer de venir donner des réponses sur mon jeu subtil !

Rob Gordon a dit…

Oui bah euh, ton jeu subtil, il me fait mal aux yeux. T'as pas plus petit ?
Et puis en plus, je n'internetise qu'à très petites doses en ce moment, juste le temps de remplir un peu ces lieux...

 
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